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Publié par YVAN BALCHOY

Hier, j’ai retrouvé après près de vingt ans les compagnons de Saint François avec qui j’avais auparavant vécu pendant une vingtaine d’années une amitié très riche.

On ne reconstruit pas son histoire à l’envers, la découverte du PTB et de la pensée activiste de Marx m’ont à ce point mobilisé à la fin des années 90 au point de laisser, à regret, de côté ces campagnes et compagnons d’hier.

Je le regrette même si rien ne fut prémédité dans ce nouveau chapitre de ma vie. Donc hier mardi, j’ai retrouvé un peu changé, un peu grisonnants, tout comme moi, au Chant d’oiseau où j’ai vécu six années d’études ces compagnons qui tout de go sont redevenus les miens en même temps que cette amie avec qui j’ai cheminé quelques soirées de réflexions amicales à un moment où elle se posait avec insistance la question d’entrer pour toute sa vie dans la fraternité de Sainte Claire à Malonne

. Nous avons ensemble réfléchi au Mystère pascal : sens des jeudi, vendredi et Samedi Saints orientés vers cette fête de Paques qui pour un chrétien scelle l’essentiel de sa foi

. A vrai dire, quand Jésus rappelle que lorsque le grain ne veut pas mourir, il reste seul et ne sert à rien alors qu’à travers sa disparition une nouvelle vie devient possible, il peut être entendu par tout homme incroyant ou croyant car toute la nature qui l’entoure confirme jour après jour cette vérité de la vie

Visage si serein de ce Christ aux épines

Visage si serein de ce Christ aux épines

Il avait été demandé à chaque participants d’emmener une image de cette passion-résurrection du Christ et de la commenter.

Ainsi, à travers des images très variées rappelant le drame de la semaine sainte et son épilogue triomphant vu à travers l’expériences d’hommes et de femmes très différents, nous avons pu approfondir ces paroles du Christ qui les a incarnés pour nous faire comprendre la grande LOI de la VIE qu’il renouvelait sur terre.

Si je voulais résumer en quelques mots l’état d’esprit de ces compagnons et compagnes ainsi que de ce compagnon prêtre, Germain, qui coordonnait le témoignage de chacun, il me semble que les mots paix, fraternité et sérénité rendent bien cette atmosphère fraternelle qui aurait plu au petit frère François.

Bien entendu ce qui fut partagé, à l’image de la semaine sainte ne fut pas toujours un vécu facile. Nous avons partagé quelques joies et aussi beaucoup de souffrances mais dans notre assemblée fraternelle, peut-être un peu comme dans celle des disciples se retrouvant ainsi que le Christ sur le chemin d’Emmaüs avec l’espoir retrouvé.

Vierge Marie et Jésus enfant : sculpture en bois venant de la communauté des Clarisses à Malonne

Vierge Marie et Jésus enfant : sculpture en bois venant de la communauté des Clarisses à Malonne

Notre petite assemblée se termina par une Eucharistie, représentant, c'est à dire rendant présente le mystère pascal qui grâce à Germain, notre frère prêtre, nous permit de sortir de la routine qui trop souvent transforme en routine ce qui devrait toujours rester une bonne nouvelle.

En quittant ce Chant d’oiseau, que j’ai trouvé plus humain qu’autrefois grâce à la présence des sœurs Clarisses qui, par la présence d'une d'entre elles, nous ont si bien accueilli, je me suis senti très heureux d’avoir partagé à nouveau ces compagnons qui m’ont façonné si longtemps et qui m’ont préparé à cette autre phase de ma vie.

J'y ai découvert avec tant d’amis engagés, convaincus à la suite du grand philosophe Marx, que tant que l’exploitation de l’homme par l’homme, si réelle encore aujourd’hui, se poursuivra, la lutte pour créer une société sans classe se poursuivra, pour moi aussi, dans le sillage d’un Evangile qui, comme Jésus l’a dit si souvent, concerne tous les hommes de bonne volonté qui ne se contentent pas de belles paroles mais œuvrent pour créer plus de justice et de solidarité en cette humanité qui nous est commune.

Yvan Bachoy le 8 mars 2016

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