Catégories

Publié par YVAN BALCHOY

photo datant de 1941 : Staf De Clercq, leader du VNV parle devant le portrait de son maître à penser).

photo datant de 1941 : Staf De Clercq, leader du VNV parle devant le portrait de son maître à penser).

Le président du parlement flamand traite les résistants de « crapules ».

Ça colle comme du sparadrap.

On a beau se promettre de ne plus aller chercher la collaboration avec les nazis à chaque fois qu’on parle de flamingantisme, ça revient tout seul.

Le coupable, ce week-end ? Jan Peumans, président du parlement flamand, rien de moins !

Il s’était déjà fait remarquer en refusant de se rendre avec les autres Corps constitués aux vœux royaux annuels, qui se sont donc déroulés sans représentant des élus flamands. Ce samedi, dans Le Soir, Jan Peumans traitait carrément les résistants de la Seconde Guerre mondiale de lâches…

Tous les pays ont collaboré. Mais il y a ceux qui en sont revenus et qui ont reconnu cette collaboration, qui ont épuré. Et d'autre part, il y a ceux qui ont l'air de regretter que ça n'ait pas continué plus longtemps.

Jan Peumans fait partie de ceux-là. Il ne tient qu'à lui de ne pas faire l'amalgame entre le VNV et le mouvement flamand. En disant ça, je défends d'ailleurs l'idée d'un mouvement flamand démocrate et libéré de son poids collaborationniste, parce que Jan Peumans a parlé du VNV, et que Staf De Clercq était le fondateur du VNV.

Quand un homme politique parle d'un parti, il est bon d'aller examiner ce qu'était ce parti ; d'autre part, parce que Jan Peumans a aussi parlé de Degrelle, comme pour excuser son négationnisme, en rappelant que la Wallonie avait aussi collaboré.

Merci, on est au courant

A ceci près que personne n'oserait dire, en Francophonie, que son oncle rexiste avait été assassiné par des lâches crapules de rue. Il se ferait cracher à la gueule ou casser la figure dans la seconde.

J'ai du mal à comprendre que vous ne compreniez pas la différence entre admettre sa collaboration et condamner les coupables (comme les Wallons le font pour le rexisme) et la cacher en faisant passer les résistants pour des salauds (comme Peumans en particulier le fait pour le VNVisme)

. http://oldblog.marcelsel.com/marcelsel/peumans.html

Lorsqu’il parle de son père, il est emphatique. Dame : Peumans a grandi dans le flamingantisme actif et le revendique. Admettons. Il a le droit d’être nationaliste. Mais là où ça se corse, c’est quand il parle de son oncle Juul (Jules) qui, (d’après un article dans Humo du 15 décembre 2009), était gewestleider (chef de région) du VNV (Vlaams Nationaal Verbond) antisémite et national-socialiste.

Que nous dit Jan Peumans dans le Soir d’hier ? Exactement cette phrase : « Jules, un autre frère de mon père, était, lui, instituteur. Un flamingant pur et dur, lui aussi, membre du VNV. Il a été tué sous les yeux de ses élèves, au milieu de la cour de récréation, par des lâches. »

(sur la photo datant de 1941 : Staf De Clercq, leader du VNV parle devant le portrait de son maître à penser).

Des lâches ? Entendez : des résistants ! Et en particulier un monsieur appelé « le Partisan Neven » qui, selon les grands résistants flamands maintes fois décorés Max De Vries et Mon Mengels, a en effet abattu Juul Peumans, ce collaborateur notoire, qui était armé (il donnait cours armé…) au moment des faits, et a lui-même blessé le résistant avant que ce dernier ne le tue !

Le fait que Juul Peumans avait le droit de porter une arme en période d’occupation montre qu’il collaborait activement au mouvement délatoire qui, au moment de son exécution, avait mené plusieurs centaines de résistants, et plus d’un millier de Juifs, à la mort.

Le port d’arme au service de l’ennemi en temps d’occupation justifiait l’exécution du tonton Peumans : seuls des collaborateurs actifs, considérés comme sûrs par les nazis avaient droit à un tel signe de « confiance ».

Je n’ai pas de certitude sur la personnalité de Neven (je n’ai pas pu trouver son prénom), mais son profil correspond assez bien à un Jean Joseph Lambert Neven, arrêté le 8 août 1944 à Hasselt par la Vlaamse Gestapo, en tant que membre de l’Armée secrète. Entendu rapidement, il fut envoyé après 5 jours à Breendonk, puis en Allemagne le 30 août, pour arriver à Neuengamme le 2 septembre , où il décéda en 1945. (Si ce n’est pas lui qui a exécuté le collabo Juul Peumans, au moins je rends en le nommant justice à un héros de l’ombre.)

L’hebdomadaire flamand Humo a donc fait acte de journalisme courageux en donnant la parole aux… résistants limbourgeois.

Là où la direction de la Flandre est désormais laissée en friche à des gens qui se déclarent sans honte les héritiers des collabos (ce que fait donc Jan Peumans), cet hebdomadaire est allé faire son travail sur le terrain, laissant le soin aux vrais héros de la Flandre de crucifier Juul Peumans et son neveu révisionniste.

Il faut dire que quelques semaines plus tôt, le président du parlement flamand avait encore traité, dans ce même magazine, les résistants limbourgeois de « crapules de rue ». Un an plus tôt, dans Het Laatste Nieuws, il avait utilisé les termes « assassins » et « lâches ». Reconnaissons que l’occupant n’aurait pas dit autre chose !

 

P.S.

J’ajouterai à cet article de Marcel Sel sur un homme politique flamand qui « pue » le pire collaborationnisme et fait honte au parlement qu’il préside un article récent du même courageux hebdomadaire flamand  HUMO  qui vient de proclamer Bart De Wever comme l’Idiot de l’année 2015 tandis que Peter Mertens président du PVDA-PTB était reconnu comme l’homme politique de l’année ! Oui, HUMO est un journal courageux comme il vient encore de le prouver ! 

Yvan Balchoy

Commenter cet article