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Publié par YVAN BALCHOY

Jacques Prevert

Découvert sur Facebook grâce à David Pestiau (Facebook)

L'écriture engagée et puissante du géant Jacques Prévert dans le poème "L'avènement d'Hitler" que j'ai redécouvert dans l'Huma dimanche de cette semaine.

Poème écrit et joué en janvier 1933 (le jour où Hitler a été nommé chancelier) L’Avènement d’Hitler

Braves gens vous pouvez dormir sur vos deux oreilles

Dormez braves gens

Dormez Mais… Krach… Krach… Krach….

Les banques de New York baissent leur rideau de fer

Les braves gens sont debout livides au bas du lit

Qu’est-ce que vous dites…

Je suis mal reveillé

La bourse de New York va fermer

Comme c’est près New York.

Comme c’est près…

Câblez… Câblez… Câblez

Ça va mal au pays de la prospérité

Ford demeure maintenant au rez-de –chaussée

S’il se jette par la fenêtre, on pourra peut-être le sauver…

Ça va mal …

Le bourgeois pleure des larmes et grince des dents

Il devient de plus en plus méchant…

Comme ce grand homme mythologique

Qui n’était sensible qu’au talon

Le bourgeois n’est sensible qu’au fric

Même quand on lui joue du violon

Il tuerait bien tout le monde pour garder sa maison

Mais il ne peut pas tuer lui-même

Il faut qu’on croie qu’il est bon

Alors il cherche un homme.

Comme Diogène

Alors il trouve un homme au fond d’un vieux tonneau de peinture Hitler…

Hitler… Hitler

L’homme de paille pour foutre le feu

Le tueur. Le provocateu

On présente d’abord le monstre en liberté

On le présente aux ouvriers

« C’est un ami presque un frère. Un ancien peintre en bâtiment »

Le moindre mal quoi !

C’est moins dangereux qu’un général

Un ancien peintre en bâtiment

Et maintenant les quartiers ouvriers sont peints couleur de sang

Là-bas c’est Hitler.

Ici. Demain.

Si l’ouvrier se laisse faire

Ce sera Tardieu ou Weygand ou un autre

Travailleurs attention.

Votre vie est à vous.

Ne vous la laissez pas prendre

Socialistes sans Parti Communiste

La main qui tient l’outil ressemble à la main qui tient l’outil

Serrez les poings

Travailleurs attention.

Il faut matérialiser votre haine

Haïr. Lutter. S’unir.

Voilà nos cris.

Plus que jamais Prolétaires de tous les pays Unissez-vous !

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