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Publié par YVAN BALCHOY

LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI : ÊTRE LIBRE, CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ÊTRE SOI-MÊME. (375)

Si Chestov a tant fait pour rapprocher Dostoïevski de Nietzsche ; il ne les a cependant pas confondus. Rapprochant une idée de Nietzsche, extrait de la « Généalogie de la Morale » : « Pereat mundus, fiat philosophia, fiat philosopus » à cette pensée du « Sous-sol » : « Que l’univers disparaisse, mais que je boive mon thé. » (1)

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(1) « Le Sous-Sol », page 238

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Il note justement que l’affirmation du philosophe allemand ; sorte de déclaration de droit, fait horreur au grand écrivain. (2)

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(2) « Le Sous-Sol », page 239

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Malheureusement, obnubilé par le « Sous-Sol », Chestov minimise cette opposition.

Il ne pouvait, bien entendu, méconnaître l’esprit religieux de personnages comme Aliocha et Mychkino sans oublier tant d’article du « Journal d’un écrivain », mais en réduit la portée de façon arbitraire.

Parlant de l’éloge discerné par le romancier au Levine de « Guerre et Paix » de Tolstoï, il note qu’ en « tant que critique littéraire », Dostoïevski considérait comme son devoir de soutenir tout de même les Idéalistes (3)

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(3) Ouvrage cité, page 103

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Chestov va jusqu’à accuser l’écrivain d’avoir flatté le régime tsariste jusqu’à la fin de sa vie par pure complaisance : « Les hommes ont besoin d’idéalisme et Dostoïevski leur en jette par poignée . »

Tellement ancré en cette idée que le vrai Fédor Mikhaïlovitch est un Nietzschéen avant la lettre, il lui attribue des idées rejetées pourtant explicitement par lui. De ce que Dostoïevski rattache la valeur de la moralité à l’immortalité, il croit pouvoir conclure que l’écrivain a certainement exclu en son cœur une doctrine aussi grossière, aussi matérielle que le croyance dans les récompenses et peines futures.

Tout cela est forcé ; mais il n’est pas question pour autant de rejeter à priori l’interprétation Chestovienne.

Le Père de Lubac, qui m’a aidée dans son examen justement critique de cette thèse, dans son « drame de l’humanisme athée, l’a bien démontré. (4)

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(4) Henri de Lubac : « Le Drame de l’humanisme athée, page.

. « Raskolnikov, Stavoguine, Yvan Karamazov et le Grand Inquisiteur manifestent bien la permanence de thèses « souterraines » chez l’écrivain. Dostoïevski et Nietzsche sont profondément frères, mais l’écrivain russe, s’il a préfiguré et prophétisé, en sa personne et en ses œuvres, la révolte Nietzschéenne ,il l’a même parfois dépassée. Au sortir du « creuset du doute », il a trouvé le « Hosanna de la Foi » (5)

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(5) Ouvrage cité page 245 (col. 10/18)

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