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Publié par YVAN BALCHOY

Policiers à Paris-Plage

Policiers à Paris-Plage

"L’état d’urgence a été voté pour 3 mois par une écrasante majorité et nos libertés ont donc été mises entre parenthèses sous les applaudissements de nos députés et sénateurs.

Au-delà du bilan mitigé de ces mesures – écologistes assignés à résidence, armes saisies alors qu’elles auraient dû l’être avant car certainement détenues par des individus fichés comme ceux qui ont perpétré les attentats, manifestants du 29 novembre constituant le gros des gardés à vue – c’est bien la méthode qui inquiète :

« Séquence incroyable au Sénat. Et inacceptable pour le juriste démocrate, voire pour le démocrate tout court. Très calmement, alors que les sénateurs discutaient ce vendredi après-midi du projet de loi prorogeant l’état d’urgence, le Premier ministre a demandé aux parlementaires de ne pas saisir le Conseil constitutionnel. Il craint que la loi ne soit pas conforme au texte fondamental de la Cinquième République

« Je suis dubitatif sur l’idée de saisir le Conseil constitutionnel, a expliqué Manuel Valls lors de sa dernière intervention en séance. Car il y a toujours un risque. Si le Conseil répondait que la loi révisée est inconstitutionnelle sur un certain nombre de points, cela peut faire tomber 786 perquisitions et 150 assignations à résidence déjà faites ». » Source Numerama

Vous avez bien lu : sur les 2000 perquisitions menées, 786 sont, du propre aveu de notre Premier ministre, anticonstitutionnelles.

Ajoutez à cela la tendance actuelle des CRS à sortir les matraques plus rapidement qu’à l’accoutumée et vous commencez à peine à entrapercevoir l’avenir. Ce n’est qu’un début. Après ce constat, quelles sont les perspectives ?

Comme je vous le disais, l’état d’urgence a été voté pour 3 mois. Celui-ci doit donc prendre fin le 26 février 2016. Sachez que sa prorogation est déjà à l’étude. Celui-ci ayant été prononcé pour lutter contre le terrorisme et, la menace ne faiblissant pas, nos politiques vont pouvoir maintenir cet état d’exception aussi longtemps qu’ils le jugeront utile, en profitant pour étendre leurs pouvoirs.

Ajoutez à cela la volonté de modifier notre Constitution, projet qui, vous me le concéderez, doit faire frémir tous les terroristes du globe, et de préparer de nouvelles lois liberticides. Les premiers retours sur le projet de révision de la Constitution ne sont d’ailleurs pas très bons puisque celui-ci ne prévoit pas de durée maximale pour l’état d’urgence…

La loi renseignement ayant déjà largement montré ses limites avec les attentats de novembre, il est plus que nécessaire que nos dirigeants, avec, ou sans, votre consentement, en remettent une couche puisque vous les avez élus

. Parfois, il vaut mieux s’abstenir que voulez-vous ? C’est ainsi que j’apprends encore dans l’excellent Numerama qu’une nouvelle loi sécuritaire et liberticide commence à filtrer. Je vous partage les propositions

: « Le journal Le Monde a livré les pistes imaginées par le gouvernement dans ce texte, qui « élargira les pouvoirs du parquet et de la police en temps ordinaire dans la lutte antiterroriste », c’est-à-dire hors de toute période d’état d’urgence.

Parmi les mesures envisagées figureraient : « La possibilité de saisie par la police de tout objet ou document lors d’une perquisition administrative, sans contrôle du procureur » :Ce n’est pas précisé mais l’on imagine bien qu’il s’agit donc de généraliser aussi la possibilité pour la police de copier sur place toute donnée stockée dans le Cloud accessible depuis les ordinateurs ou smartphones présents au domicile ou au bureau de la personne faisant l’objet de la perquisition. « L’interconnexion globale de tous les fichiers, notamment ceux de la sécurité sociale » : toute donnée obtenue sur vous pourra être croisée contre vous.

Plus ça va, plus le principe du respect du consentement lié à la finalité de la collecte des données personnelles est oublié, pour permettre qu’elles soient exploitées et croisées entre elles. « L’élargissement des possibilités de vidéosurveillance dans les lieux publics » : ces possibilités étaient déjà très étendues, on se demande comment les étendre plus encore.

Autre article de Numerama, traitant des hypothèses de travail cette fois :  « Interdire les connexions Wi-Fi libres et partagées » et fermer toutes les connexions Wi-Fi publiques pendant l’état d’urgence, « sous peine de sanctions pénales ».. Ce n’est que le début. Vont venir s’ajouter, je n’en doute pas, d’autres propositions.

Après tout, le peuple le réclame puisque les élections et les sondages sur les questions sécuritaires l’indiquent ! La préparation du « trousseau » n’est pas

Si vous n’avez rien à cacher tant mieux. Moi non plus, sinon je n’écrirais pas ici. Il est toutefois à noter que je n’ai pas envie que des services auxquels je n’ai donné aucun mandat viennent fouiller dans ma vie privée

. L’état d’urgence, qui devait être exceptionnel, deviendra doucement mais sûrement la norme. Le « peuple de gauche » commence à avoir peur et réclame l’annulation des prochaines élections régionales qui, qu’elles aient lieu ou non, nous ferons faire un bond en avant sur la route de la servitude : tous les partis sont dans une surenchère sécuritaire plus ou moins nationaliste et leurs programmes vont vers un renforcement du rôle de l’État.

Les attentats du 2 décembre à San Bernardino ou du marathon de Boston le 15 avril 2013 sont là pour nous rappeler que les mesures du Patriot Act, dont le gouvernement français est largement en train de s’inspirer, sont inefficaces et ont fini par créer le programme Prism dénoncé par E. Snowden. Car pendant ce temps, à l’assemblée nationale, une proposition de résolution « tendant à la création d’une commission d’enquête relative à la participation de fonds français au financement de Daesh » a été rejetée

Comme certaines de nos libertés, cet article s’achève ici. Merci de votre soutien et d’être toujours de plus en plus nombreux à me lire. Last but not least, n’oubliez pas cette célèbre citation de 1984 de G. Orwell : « Si vous désirez une image de l’avenir, imaginez une botte, piétinant un visage humain… Éternellement… »

Publication de c et articcle par Contrepoints à l'adresse suivante : https://www.contrepoints.org/2015/12/19/233172-etat-durgence-premier-bilan-catastrophique

P.S.

La personnalité en France du premier Ministre, défenseur intransigeant de l'Etat non démocratique d'Israël qui vit en permanence sous un état d'urgence, provoqué par ses propres excès vis à vis des Palestiniens ne me donne guère de confiance.

Oui, il faut combattre le terrorisme avec énergie et efficacité mais sans pour autant démanteler les libertés publiques et privées essentielles des citoyens même ceux qui ne sont pas d'accord avec le gouvernent du pays.

On a vu comment en France des écologistes ontassignés à résidence simplement pour ne pas perturber la COP21. La manière dont certains policiers, dans des interventions, de simple prudence, qui d'ailleurs souvent ne donnent rien, agissent brutalement est inadmissible.

Des exemples :en oblige des citoyens en principe innocents à rester coucher de long moment le visage contre terre dans une herbe verglacée (je l'aurais, je pense refuser quels qu'en soient les risques), des armes sont pointées sur la tempe de personnes clairement désarmées, des portes enfoncées alors qu'on leur présente une clef, des dents cassées suites à des coups inutiles

. Ces "exactions" devraient non seulement engager un remboursement immédiat par l'assurance des "casseurs" même légaux mais parfois se traduire par la mise en justice de ceux qui ont entravé de façon excessive et parfois illégale les libertés de citoyens peut-être dénoncés injustement

LA PRIVATION POUR LES CITOYENS HONNETES DE LEURS DROITS ESSENTIELS EST LA PREMIERE VICTOIRE DE DAECH ET DES BANDITS TERRORISTES EN NOS DEMOCRATIES. IL N'EST PAS QUESTION DE SUIVRE L'INCONVENANT "PATROT ACT" DES USA EN EN CREANT UN A LA FRANCAISE ON NE GUERIT PAS LE MAL PAR LE MAL

JE souhaiterais que les Premier Ministres de France et de Belgique nous le certifient, que ça plaise ou non chez nous à la N. VA, parti que pour ma part, je ne reconnais pas comme pleinement démocratique.

En revanche, il est important que la justice légale qui doit rester indépendante de l'Etat et protectrice des droits des citoyens soit impitoyable pour ceux qui n'hésitent pas à tuer des innocents au nom d'un idéal qui n'est que rien que de la barbarie et de la criminalité aggravée.

YVAN BALCHOY

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