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Publié par YVAN BALCHOY

Avec la propriété privée des moyens de production le produit du travail cesse d'appartenir à celui qui l' a créé...

La méthode même du travail ne dépend plus de celui qui travaille; elle dépend de celui qui possède les moyens de production...Le maître décide de la méthode, qui n'est plus dans le prolongement du projet individuel du travailleur mais qui lui est imposée du dehors. Dans la grande usine capitaliste, l'homme devient une sorte d'appendice de chair dans une machinerie d'acier, un moyen de transmission entre deux moments de travail mécanique

. Ce n'est plus seulement le produit du travail, mais le travail lui-même, l'acte de travailler, qui devient extérieur au travailleur, qui devient étranger au travailleur "aliéné".

Enfin, et c'est la troisième forme de l'aliénation, l'homme en tant qu'espèce, c'est-à-dire l'homme en tant que porteur de toute cette richesse humaine accumulée par le travail des siècles antérieurs, se trouve divisé avec lui-même: l'homme spécifique, l'homme qui a créé ces moyens de travail, le créateur, l'homme en un mot, devient extérieur à l'individu, indépendant de lui, supérieur à lui, il devient son maïtre.

Tels sont, chez Marx, les aspects fondamentaux de cette aliénation: aliénation du produit du travail, aliénation de l'acte du travail, et aliénation du travailleur lui-même, aliénation de l'homme. Marx a interprété la philosophie classique allemande à la lumière de l'économie politique anglaise: il a lié étroitement, intimement, l'aliénation au sens hégélien de création avec l'aliénation au sens économique et juridique de vente. Le produit du travail est aliéné dès le moment où il entre dans le circuit des échanges; il, échappe à son propre

Le produit du travail devient alors une marchandise soumise

Les rapports humains prennent l'apparence de chose, c'est ce que Marx appelle dans le "Capital" le fétichisme de la marchandise. L'homme se trouve dès lors divisé, déchiré. Il y a d'une part dans la société un ensemble de rapports sociaux qui ne dépendent plus de lui, qui s'imposent à lui comme une réalité étrangère, hostile, et qui dominent sa vie Et puis, il y a sa vie propre, sa vie désormais subjective, sa vie intérieure, comme on a pris l'habitude de dire, mais cette intériorité se définit par opposition au monde extérieur étranger et hostile...

Un personnage d'Aragon dans "Les Beaux Quartiers", - c'est le banquier Quesnel - dit: "Nous sommes des hommes doubles et nous vivons à l'époque des hommes doubles"...L'homme est double, en effet, lorsque l'univers social, qui n'est pourtant consitué que de rapports sociaux, que de rapports humains, devient chose, se "réifie", selon l'expression de Marx, devient une chose aux lois autonomes, indépendante de l'homme et hostile.

Par ailleurs, le sujet est mystifié par l'individualisme, par l'idéalisme. Il se trouve séparé de ce qui ferait de lui un être objectif, un homme un, un homme "entier", comme disait Teilhard de Chardin, "total" comme disait Marx, c'est-à-dire un homme dont l'intérieur et l'extérieur ne font qu'un. ... Pour cet homme divisé, déchiré, pour cet homme dont l'être comme espèce, dont l'être générique comme disait Marx, est inaccessible à l'être individuel, l'angoisse, forme fondamentale du sentiment de l'existence chez Sartre, c'est l'aspect subjectif, l'aspect vécu, de ce que nous appelons, nous marxistes, l'aliénation. L'angoisse - si vous me permettez de paraphraser une formule de Spinoza - c'est la conscience de l'aliénation jointe à l'ignorance des moyens d'en sortir.

Ce déchirement de l'homme, cette coupure entre sa vie intérieure et sa vie extérieure, entre sa subjectivité propre et le monde objectif, entre son existence et son essence, va conduire à toutes sortes d'évasions, de satisfactions illusoires, d'illusions fictives qui représenteront à travers toutes les mystifications de l'intériorité tout ce que l'homme ne peut pas réaliser dans sa vie quotidienne, sa vie réelle....

Il y aura une sorte de perversion de l'activité propre de l'homme dans une consommation imaginaire, soumise à toutes les pressions de la publicité et du conformisme.... C'est une erreur profonde de croire, comme certains commentateurs de Marx, que lorsque la lutte des classes sera surmontée nous arriverons à la fin de l'histoire..

.Pour nous, la fin de la lutte des classes, ce n'est pas la fin de l'histoire, c'est seulement la fin de la préhistoire, c'est-à-dire le commencement d'une histoire proprement humaine, où l'homme progressera autrement que par la lutte de l'homme contre l'homme. Ainsi le marxisme prolonge les plus hautes traditions spirituelles de l'humanité. Roger Garaudy,

Le marxisme et la personne humaine, conférence prononcée à Bruxelles le 3 février 1961, (Texte publié par le Cercle d'éducation populaire, Société Populaire d'Editions, Bruxelles, avril 1961, extraits des pages 15 à 33)

Pour lire l'article intégral se référer au blog "A CONTRE NUIT" consacré à Roger Garaudy

http://rogergaraudy.blogspot.be/2010/09/le-marxisme-et-la-personne-humaine.html

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