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Publié par YVAN BALCHOY

LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI : ÊTRE LIBRE, CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ÊTRE SOI-MÊME. (374)

2) NICOLAS CHESTOV

Dans la ligne des penseurs russes qui ont subi l’influence de Dostoïevski s’inscrit directement le critique et philosophe Nicolas Chestov et particulièrement son ouvrage « Philosophie de la tragédie ».

La place que Chestov attribue à Fédor Mikhaïlovitch est à ce point importante qu’il n’hésite pas à voir en son œuvre le signe de la fin de l’ère de la raison et de la conscience morale, ainsi que le début réel de la psychologie. (1)

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(1) N. Chestov : « Philosophie de la tragédie », page 40-41

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Son attention se porte, il est vrai, presqu’exclusivement sur le récit : « Le Sous-Sol » où il voit le sommet de l’œuvre de Dostoïevski. Il y discerne le hurlement de terreur d’un homme qui soudain découvre que toute sa vie il a menti, lorsqu’il assurait les autres et soi-même que le but suprême de l’existence était de se faire le serviteur du dernier homme. (2)

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(2)Ouvrage cité, page 37

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Se rendant compte de la fausseté de sa manière de vivre, l’écrivain n’hésite pas, selon Chestov, à rompre avec son passé idéaliste, à brûler ce qu’il avait adoré et à entrer dans la voie de la révolte

. Ce refus passionné, mis sur les lèvres du locataire grincheux s’adresserait tout autant au dogme de la supériorité du bien sur le mal qu’à ces fameuses lois naturelles que l’écrivain détestait si cordialement. (3)

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(3)Ouvrage cité, page 232

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En tout cela, Nicolas Chestov reconnaît l’intuition essentielle d’un autre penseur si proche du Dostoïevski souterrain qu’on pourrait en faire son frère jumeau, F. Nietzsche (4

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) (4) Cf. l’ouvrage du Père de Lubac : « Le drame de l’humanisme athée ». Cf. cette étude, page

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Chestov s’est efforcé de rapprocher ces deux « idéalistes extrêmes » devenus tous deux ennemis mortels de l’idéalisme sous toutes ses formes parce qu’ils refusaient les fausses solutions par lesquelles la plupart des hommes se font une bonne conscience.

En même temps, Chestov oppose Dostoïevski au grand Tolstoï qui, à son avis, continue à croire au Bien, alors même que le désaccord fondamental entre idéal et réalité s’est déjà révélé à lui

. Le génie de Fédor Mikhaïlovitch, souligne-t-il, va à l’encontre de celui de Kant et de Hegel, parce qu’il a perçu la priorité absolue de la personne individuelle sur les lois à priori ou idéales. Chestov identifie le « Mur » de l’homme souterrain aux catégories « à priori » de Kant. (5)

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(5) Contrairement à l’avis de Fogoevesky qui, dans son ouvrage, « Dostoïevski, les Frères Karamazov et la critique de la raison pure » veut faire du romancier russe un disciple de Kant.

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