Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par YVAN BALCHOY

LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI : ÊTRE LIBRE, CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ÊTRE SOI-MÊME. (366)

La haine de l’esprit révolutionnaire socialiste jointe à l’emprise grandissante du rêve slavophile de l’empire chrétien l’ont amené dans le camp de l’extrême droite, son ennemie d’autrefois.

En 1873, il écrit, un moment, dans un journal conservateur, « Le Citoyen, .

Mais son conservatisme est tout particulier. Aussi ne reste-t-il que quelques mois dans ce milieu qui ne lui inspire aucune sympathie. Il ne peut pas plus accepter la suffisance des classes aisées et les inégalités criantes de la Russie du XIX ème siècle que les aberrations socialistes que veulent rendre la nation russe servile devant l’Occident.

Fédor Mikhaïlovitch en est-il resté à ce double refus qui risquait de l’enfermer dans une opposition stérile et universelle ? Non, car, peu à peu, il découvre dans le Christianisme la « solution » idéale, la solution russe, comme il l’appelle, et il va abondamment la développer dans son « Journal d’un écrivain ».

Dostoïevski ne peut rester insensible à l’idéal révolutionnaire de 1789, mais il se refuse à lui donner le même contenu que les révolutionnaires de son pays. (1)

« Non, chez nous, en Russie, nous devons implanter d’autres convictions, surtout en ce qui concerne l’idée de liberté, d’égalité et de fraternité. Dans l’état actuel du monde on se figure que la liberté est dans la licence, alors que la vraie liberté consiste à se refreiner soi et sa volonté » pour parvenir à un degré moral qui permette à tout moment de rester maître de soi-même. Et puis, que signifie l’égalité dans le système actuel du monde ? Elle consiste à s’observer jalousement l’un l’autre, à étaler sa vanité et son envie… tandis que la véritable égalité parle ce langage … Que m’importe que tu sois plus intelligent, plus beau que moi, je m’en réjouis parce que je t’aime. Si tous les hommes tiennent ce langage, il est certain alors qu’ils deviendront frères, non seulement par utilité économique, mais par plénitude de vie joyeuse, par plénitude d’amour. » (1)

------------------------------------------------

(1) Journal d’un écrivain, fév. 1877, page 473-474

------------------------------------------.

La solution à laquelle se rallie définitivement le romancier ne revient-elle pas à faire dépendre d’une conversion personnelle à l’idéal chrétien, l’obtention d’un régime social plus juste ?

Cette solution fait l’objet de vives controverses pari les critiques. La plupart des marxistes l’attribuent au caractère hautement subjectif de l’auteur des « Frères Karamazov ».

Dostoïevski, écrit V. Ermilov, (1) se sentait attiré irrésistiblement par les déformations subjectives de la réalité et l’études des âmes malades prises isolément.

Le subjectivisme outrancier du romancier, note-t-il ailleurs le conduisait à l’utopie réactionnaire le plus typique pour autant qu’il énonçait des principes contraires au processus objectif de l’histoire. (2)

-----------------------------------------

(1) Ouvrage cité » page 9

(2) Ouvrage cité, page 12 et 16

-------------------------------------------------------

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article