Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par YVAN BALCHOY

LA BELGIQUE COMPLICE DU CRIME DE GUERRE DE L'OTAN A KUNDUZ (PTB- MARC BOTENGA)

Ce week-end, les avions de chasse de la coalition de l'Otan en Afghanistan ont bombardé pendant plus d'une heure l'hôpital de Médecins dans frontières (MSF) à Kunduz (Afghanistan).

L'organisation humanitaire exige une enquête indépendante. Le responsable des droits de l'homme aux Nations unies a déjà évoqué un possible crime de guerre des troupes de l'Otan. Pour rappel, la Belgique est également membre de cette coalition.

Patients brûlés vifs sur leur lit L'infirmier Lajos Zoltan Jecs était sur place lors du bombardement. Son témoignage est choquant

: « On est entrés à l’intérieur de l’un des bâtiments incendiés. Je ne sais pas comment décrire ce qu’on y a trouvé. Il n’y a pas de mots pour dire à quel point c’était horrible. A l’unité de soins intensifs, six patients étaient en train de brûler vifs sur leur lit. On a cherché les collègues qui étaient censés se trouver au bloc opératoire à ce moment là. C’était horrible. Un patient étendu là sur la table d’opération, mort, au milieu du chaos. »

Au total, douze personnes de l'organisation humanitaire et dix patients, dont trois enfants, ont perdu la vie. Il y a également 37 blessés, dont 19 membres du personnel de MSF. Bombardements ciblés Les bombardements peuvent difficilement être qualifiés d'erreur.

Le 29 septembre, MSF avait encore transmis les coordonnées GPS précises des lieux à la coalition occidentale et à l'armée afghane.

Tant les Etats-Unis que leurs alliés de l'armée afghane savaient donc ce qu'ils faisaient.

La réaction des partenaires de la coalition de l'Otan a été plus que surréaliste. Aucunes excuses n'ont été présentées. La porte-parole de l'Otan, le colonel Brian Tribus, a parlé de « dommage collatéral ». Tribus a donc fait comme si l'Otan avait en fait bombardé une autre cible et qu'une bombe était peut-être tombée sur l'hôpital « par accident ».

Or il n'en est rien, c'est l'hôpital lui-même qui a été bombardé. Plus fort encore: le bombardement s'est poursuivi encore pendant une demi-heure après que MSF eut averti l'Otan de ce qui se passait.

Des sources du gouvernement afghan – soutenu par l'Otan – ont admis que la coalition avait sciemment bombardé l'hôpital. Mais, affirment-ils, des combattants Taliban se cachaient dans le bâtiment. Une affirmation que réfute MSF :

« L'hôpital était rempli de membres du personnel de MSF, de soignants et de patients (…) Nous répétons que le bâtiment principal, où le personnel soignait les patients, a été bombardé à plusieurs reprises et de manière très précise par chaque attaque aérienne, alors que le reste du complexe n'était pas touché. »

Le centre médical de Kunduz, le seul du genre dans cette ville, a depuis été fermé. La population de Kunduz, qui compte 300.000 personnes, n'a donc plus aucun accès aux soins médicaux nécessaires.

En 2010, Anders Rasmussen, alors secrétaire général de l'Otan, avait demandé aux ONG de contribuer à la stratégie militaire de l'Otan. MSF était une des organisations qui avaient alors dénoncé publiquement cette demande.

Le fait que MSF ait été visé a-t-il quelque chose à voir avec cela? Ou bien l'Otan ne veut tout simplement pas de « gêneurs » en Afghanistan ?

La Belgique doit se dissocier de crimes de guerre Le bombardement intentionnel de cibles civiles est un crime de guerre et une violation flagrante du droit humanitaire international.

Quelques jours après la demande faite à la Belgique par l'ambassadrice américaine d'acheter rapidement davantage de matériel de guerre, cet événement est un rappel cynique de la finalité de ce matériel.

La Belgique pourrait bien être un jour complice d'un crime de guerre manifeste. MSF ne se satisfait pas de la promesse de l'Otan et des Etats-Unis d'effectuer eux-mêmes une enquête. Il est en effet impossible que des coupables puissent poser un jugement objectif.

L'organisation exige donc une enquête indépendante après cette attaque choquante. Le gouvernement belge doit appuyer cette demande d'enquête indépendante.

Mais il doit aussi envoyer un message clair aux Etats-Unis : « Nous ne voulons plus être complices de cela. » Et il peut le montrer en rappelant les dernières forces belges stationnées en Afghanistan et en refusant d'acheter de nouveaux avions de chasse.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article