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Publié par YVAN BALCHOY

LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI : ÊTRE LIBRE, CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ÊTRE SOI-MÊME. (363)

Il semble bien que Dostoïevski a vécu intimement ce dualisme si bien décrit à travers ses personnages.

Cela suffit-il à expliquer la diversité des critiques adressées à son œuvre ? La biographie, frisant presque l’Hagiographie que nous a laissé Anna Gregorievna, doit être lue avec lucidité.

En revanche, le portrait féroce que laisse de lui son « ami » Strakhov a le tort de s’être limité » aux seuls traits négatifs. (1)

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(1) « Je ne puis considérer Dostoïevski comme un homme bon ni comme un homme heureux. Il était méchant, envieux, vicieux, et il passa toute sa vie dans des émotions et des irritations qui l’eussent rendu pitoyable et même ridicule, s’il n’avait été si méchant et aussi intelligent… Il était attiré par les actions basses et s’en ventait… Les personnes qui lui ressemblent le plus sont le héros du « Sous-sol », Svidrigaïlov et Stavroguine des « Démons » : Lettre de Strakhov à L. Tolstoï du 23/11/1883 cité par Henri Troyat, ouvrage cité, page 608

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Ces différents portraits sont peut-être moins inconciliables qu’il semble au premier abord.

Dostoïevski était à la fois capable de grande bonté et de dureté implacable. Il avait mauvais caractère, lui-même le reconnaît, mais il aspirait à l’idéal. « La nostalgie de l’innocence n’est pas plus essentielle chez lui que la hantise di viol ou la tentation du parricide. » (2)

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(2) Madaule : Dostoïevski, page 20

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De là cette contradiction entre le Dostoïevski généreux prophète de l’union universelle et le politicien mesquin si souvent présent dans « Le journal d’un écrivain. »

A cette cause psychologique, il convient sans doute d’ajouter des raisons d’ordre intellectuel.

Rappelons que la formation de l’écrivain a eu lieu dans le cadre austère d’une école militaire.

Il subit durant des années une influence importante d’idées occidentales, comme en témoigne sa correspondance de jeunesse.

Toutefois il ne lisait guère l’allemand et ne connut la pensée germanique qu’en seconde lecture.

Plus tard, il chercha à combler ses lacunes concernant la culture nationale russe et l’orthodoxie.

Tout cela explique également le déchirement intérieur qui s’exprime en lui sous forme de tendances contradictoires.

Son amour de l’orthodoxie russe lui fait alors haïr un occident qui l’avait autrefois tant marqué.

Plus d’une fois, il attaque la civilisation occidentale, le nationalisme européen en restant cependant inconsciemment inspiré de l’esprit même de cette Europe détestée.

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