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Publié par YVAN BALCHOY

Je ne songeais pas à Rose ;

Rose au bois vint avec moi ;

Nous parlions de quelque chose,

Mais je ne sais plus de quoi.

J'étais froid comme les marbres ;

Je marchais à pas distraits ;

Je parlais des fleurs, des arbres

Son oeil semblait dire: " Après ? "

La rosée offrait ses perles,

Le taillis ses parasols ;

J'allais ; j'écoutais les merles

, Et Rose les rossignols.

Moi, seize ans, et l'air morose ;

Elle, vingt ; ses yeux brillaient

. Les rossignols chantaient

Rose Et les merles me sifflaient.

Rose, droite sur ses hanches,

Leva son beau bras tremblant

Pour prendre une mûre aux branches

Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse,

Sur les mousses de velours

Et la nature amoureuse

Dormait dans les grands bois sourds

. Rose défit sa chaussure,

Et mit, d'un air ingénu,

Son petit pied dans l'eau pure

Je ne vis pas son pied nu.

Je ne savais que lui dire ;

Je la suivais dans le bois,

La voyant parfois sourire

Et soupirer quelquefois.

Je ne vis qu'elle était belle

Qu'en sortant des grands bois sourds.

" Soit ; n'y pensons plus ! " dit-elle.

Depuis, j'y pense toujours.

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/vieille_chanson_du_jeune_temps.html

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