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Publié par YVAN BALCHOY

LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI : ÊTRE LIBRE, CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ÊTRE SOI-MÊME. (359)

Notre mentalité occidentale préfère les situations bien tranchées à de pareilles cohabitations ; elle se sent mal à l’aise devant ces cas anormaux qui lui semblent plus ou moins malsains.

Moins raisonneur et plus soucieux de vivre que de comprendre, l’orient réagit Dostoïevski à l’instar de beaucoup d’autres penseurs orthodoxes a, par exemple, été toujours particulièrement frappé par cette sorte de priorité vis-à vis du Royaume de Dieu que le Christ semble avoir accordée aux prostituées.

Conscient de l’indignité et de l’immoralité de cet « état de vie », il croyait néanmoins possible à ces malheureuses de vivre en union avec le Christ malgré leur situation morale si antagonistes de nos normes morales objectives.

On trouve quelques échos de ce dilemme intérieur dans ce dialogue extrait des « Frères Karamazov » à propos de la pécheresse Grouchenka : « Cette créature, cette femme de mauvaise vie est peut-être plus sainte que vous tous, messieurs les religieux qui faites votre salut.

Elle est peut-être tombée dans sa jeunesse, victime de son milieu, mais elle a beaucoup aimé. Or le Christ a aussi pardonné à celle qui avait beaucoup aimé.

- Ce n’est pas un amour de ce

- Mais si, moines, mais si. Parce que vous faites votre salut en mangeant des choux, vous vous croyez des sages. Vous mangez des goujons, un par jour et vous pensez acheter Dieu par des goujons. » (1)

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- (1) « Les Frères Karamazov », page 79

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Est-ce Dostoïevski ou seulement le vieux Fédor Karamazov qui tient de tels propos ? Sans doute le vieux débauché exprime-t-il au moins partiellement ce que le romancier pensait , mais un gêne certaine l’a empêché de le faire dire par un personnage « positif ».

En tout cas, une chose est sûre ; jamais il ne présente de pareilles situations comme exemplaires ni morales, mais il admettait, semble-t-il, que l’ignorance, la force du mal ambiant et le dureté des hommes puissent acculer certains êtres bons mais particulièrement faibles et démunis dans la vie à subir une condition à proprement parler a-normale ou a-morale.

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