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Publié par YVAN BALCHOY

Un fait divers actuel me rappelle un souvenir familial ancien.

Je me revois encore à Briançon au chevet d’un frère de mon épouse dans le coma depuis plusieurs mois ; Manifestement il était traité avec grande humanité dans cet hôpital très spécialisé.

Durant les quelques heures que nous avons passé avec lui, nous avons bien entendu tenté de nouer un contact même très ténu avec lui et même si à plusieurs instants, il nous a semblé qu’il prêtait attention à notre voix, au prénom de ses proches à une chanson aimée par lui que ses infirmiers lui passaient souvent, je n’aurais pu certifier à notre départ ni qu’il était resté totalement sourd à notre visite ni qu’une conscience réduite bien sûr subsistait au fond de ses yeux. Voilà pourquoi nous n’avons cessé d’espérer, comme cela se passe de temps en temps, qu’il sorte un jour de ce coma et retrouve les siens qui l’espéraient très fort.

Aujourd’hui, dans des circonstances un peu semblables, une famille très divisée mobilise les médias. L’épouse du malade ainsi qu’une partie de ses frères et sœurs trouve que sa vie actuelle humainement n’est plus digne et souhaite qu’on y mette fin.

Sa maman en revanche est persuadé qu’à certains moments son fils a des lueurs de conscience et elle veut garder espoir n’admettant pas que sa vie soit seulement végétative, comme le prétendent certains médecins.

Elle est même tellement persuadée de l'évidence des signes d’une vie cérébrale chez son fils qu’elle vient de filmer certains moments passés avec lui où un contact semble se produire entre lui et elle.

Certains lui reprochent cette démarche, rendu publique, sous le prétexte qu’elle n’avait pas l’autorisation du patient alors que par ailleurs, sans aucun avis du même patient, ils préconisent de le laisser mourir.

Souvent à la TV, j’ai eu un peu l’impression qu’on considère que la maman agit par affection sans raison et on donne plus ou moins raison, à l’épouse qui, au départ, a cru à sa potentielle guérison mais aujourd’hui perse que son maintien en vie s’apparente à un acharnement thérapeutique.

La justice tant française qu’internationale, l’avis de la majorité des médecins semble aller en ce sens. Est-ce un motif suffisant pour donner raison à l’épouse plutôt qu’à la maman.

Je ne puis m’empêcher e penser que le lien mère-fils n’est pas tout à fait le même que celui d’époux-épouse en un tel dilemme.

Je voudrais cependant poser deux questions fondamentales.

D’abord, dans des cas semblables n’y a-t-il jamais eu de guérisons parfois beaucoup plus tardives que pour ce jeune homme victime d’un grave accident. Il semble que oui.

Bien entendu s’il avait exprimé son refus de vivre des mois, des années durant cloué à un lit, il conviendrait me semble-t-il de suivre son désir. Mais tel n’est pas son cas.

Par ailleurs, si j’approuve la législation belge claire concernant la fin de vie, il m’est impossible d’accepter la solution française, j’ai envie de dire l’hypocrisie française qui préconise pour ne pas qu’on puisse parler d’euthanasie active (qui revient à mettre directement fin à la vie d’une personne) propose de laisser mourir le patient en le privant de nourriture et de boisson sous sédatif bien entendu. Je trouve cette solution personnellement horrible car personnellement j’ai pu autrefois à quelques jours de sa mort voir un cousin, religieux de son état, sur son futur lit de mort et il m’a paru en grande détresse autant physique que psychologique. Jamais je n’accepterais pour moi-même ou pour un de mes proches une mort si inhumaine, surtout si sa raison d’être est de respecter des principes plus abstrait que concrets.

Si l’on est persuadé que la seule solution est de mettre fin à une vie de souffrance, sans aucune espèce de guérison et sans demande du patient, pourquoi ne pas, comme cela se fait dans plusieurs pays européens ne pas le faire rapidement, sans souffrance physique ou morale que le patient soit partiellement ou totalement inconscient comme c’est le cas ici ou qu’il le réclame ou l’ait réclamé en toute liberté.

IL me semble que dans le triste cas de ce jeune à la vie dite végétative ou très diminuée suite à un accident, je suivrais l’avais de sa maman en vertu du doute qui doit toujours profiter au patient, puisque celui-ci n’a jamais évoqué, semble-t-il, ce qu’il demanderait dans une situation si tragique.

De plus tant que la France, pour ne froisser ni les partisans ni les opposants de l’euthanasie, n’offre qu’une mort si misérable, il me semble qu’on ne puisse décider à la place de ce jeune homme.

Je sais bien que plusieurs centaines de patients sont dans une situation semblable et qu’il existe, hélas même dans les milieux de santé, sans doute des « économistes » qui trouvent déraisonnable de maintenir des inconsciences si couteuse en vie avec un risque de « guérison » si minime à une époque ou le déficit des budgets de santé est si grand.

J’espère parler dans le vide mais s’il existaient dans les milieux de santés des économistes de ce genre, moi, qui pourtant serais prêt à réclamer une mort digne en cas de situation de vie indigne à mes yeux, je trouve qu’entre ces partisans d’une euthanasie économique et certains fascistes d’hier il y a un rapprochement que je ne pourrai jamais accepter.

Yvan Balchoy

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