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Publié par YVAN BALCHOY

LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI : ÊTRE LIBRE, CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ÊTRE SOI-MÊME. (355)

Par Eglise, Madaule entend, semble-t-il, la communauté mystique, le monde de la grâce.

En un mot, n’y a-t-il chez notre auteur que peinture du malheur causé par l’absence de Dieu soit que soit indiqué, en contrepartie, la valeur positive du Salut apporté par le Christ.

En cela Madaule rejoindrait une critique semblable venant de Xavier Tilliette à propos de la « Légende du Grand Inquisiteur ». (1)

(1)CF. cette étude, page.

Dostoïevski rejoindrait ici ‘Le silence » de Ingmar Bergman, mais le « réalisme » dostoïevskien est très différente de l’absurdité est très différent de l’absurdité exprimée par le cinéaste suédois.

Rappelons-nous également la réserve de Camille Motchoulski qui parle du « naturalisme » de Goloubov (2), interprète selon lui de Dostoïevski, ce qui n’est pas sûr.

(2) personnage dont il est question dans « les carnets des Démons »

La lecture des « Démons » et des « Frères Karamazov » semble contredire cette accusation de « naturalisme ».

Ainsi dans les « Carnets des Démons », le romancier prend violemment à partie le « moralisme » des écrivains libéraux de son époque>.

Impossible de fonder la morale chrétienne sans la Foi qui la soutient, nécessaire, non en raison des exigences de la nature humaine, comme telle, mais en raison d’un don gratuit de Dieu à l’humanité qui n’aurait pu y parvenir d’elle-même. (3)

(3) »Carnets des Démons », page 955

Livré à ses propres forces, l’homme aurait péri. Mais Dostoïevski affectionne de décrire l’apport positif de la vie en Christ. (4)

(4) CF. cette étude, page

Evidement il n’est pas facile au lecteur occidental de retrouver dans l’orthodoxie, chez Dostoïevski ou les slavophiles la dualité nature-surnature qui lui est familière.

Même influencé par l’occident, Dostoïevski reste très réservé vis-à-vis du Catholicisme. Vivre dans la gloire de Dieu, n’est-ce pas à ses yeux, porter en soi son image parfaite selon la théologie orthodoxe.

Le « naturel » scientifique ou rationnel que prônaient les Grotowski et autres « libéraux » de l’époque, férules des conceptions occidentales issues de la Révolution française, étaient selon lui foncièrement antinaturel, puisqu’incapables de répondre aux besoin d’une « NATOURE » que Dieu seul peut combler en plénitude.

Ce qui fait question chez Dostoïevski, comme d’ailleurs dans toute l’orthodoxie, c’est l’existence d’une réalité qui ne soit dépendante en fait et déterminé en dernière analyse par le Christ. La nature qu’il rejette ne correspond nullement à celle que nous affirmons. (5)

(5)Il préfère d’ailleurs la terminologie « terrestre-spirituel » pour caractériser la réalité d’ordre scientifique ou rationel et les valeurs spirituelles.

La remarque de Xavier Tillette mérite elle aussi un examen attentif. On ne peut nier que l’image du Christianisme qui se dégage de l’œuvre de Fédor Mikhaïlovitch, reste à bien des égards fragmentaire.

Mais n’était-ce pas inévitable ; vu le caractère littéraire de l’œuvre.

Si Dostoïevski avait vécu plus longtemps, il aurait peut-être abandonné e caractère du roman ou du journal pour écrire une œuvre plus forte et plus structurée, mais là n’était pas le message qu’il entendait donner au monde.

Sa puissance extraordinaire d’évocation de diverses problématiques multiples est sans aucun doute un des aspects les plus positifs de son œuvre.

On n’en tirera profit qu’en faisant une exégèse sérieuse, surtout pour le lecteur occidental assoiffé de clarté.

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