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Publié par YVAN BALCHOY

NIKOL LANIN, LE COEUR D'UN CENTRE DE DOCUMENTATION MARXISTE, S'EN EST ALLEE...

Nikol Lanin: une vraie femme d'honneur que je regrette tous les jours, très fier de l'avoir côtoyée durant plus de dix ans à la bibliothèque marxiste du PTB !

Maria McGavigan

Tous les lecteurs et lectrices de Solidaire qui ont fréquenté l’Université marxiste la connaissaient. C’était la dame qui se trouvait à l’accueil et qui non seulement vous inscrivait et vous assignait une chambre, mais qui s’occupait de résoudre, avec le sourire, tous les petits problèmes qui pouvaient surgir pendant votre séjour. Pendant une petite dizaine d’années, jusqu’en 2013, Nikol était fidèle au poste. Au printemps de l’année dernière, on lui a découvert un vilain cancer, qui, petit à petit et à son grand regret, a mis fin à toutes ses activités pour l’Institut d’études marxistes (Inem). Auparavant, depuis le milieu des années 1980, elle s’était occupée d'un centre de documentation marxiste, apprenant le métier de documentaliste.

En 2003, on m’a demandé d’insuffler une nouvelle vie à l’Institut d’études marxistes, qui devait dorénavant chapeauter non seulement le centre de documentation, rebaptisé DocuMarx, mais aussi l’Université marxiste, la revue Études marxistes et le site www.marx.be. C’est à ce moment-là que j’ai vraiment appris à la connaître. Elle était très enthousiaste : un tel institut ne devait pas à son sens s’enfermer entre quatre murs, mais s’ouvrir au monde. Nous sommes devenues collègues et, découvrant vite qu’on partageait le même sens de l’humour, amies. Très vite, elle s’est impliquée dans tous les aspects pratiques de l’Inem et en est rapidement devenue la cheville ouvrière. Elle préparait les fardes pour les étudiants de l’Université (pestant parfois contre les profs qui envoyaient leur syllabus trop tard…), suivait les commandes de la revue et les abonnements, organisait des stands et tenait toute la comptabilité de l’Inem, tout en continuant à assurer la gestion de DocuMarx. Pour l’aider, elle avait rassemblé une petite équipe de sympathisants qui, grâce à sa bonne humeur et son optimisme, ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Elle se réjouissait du nombre sans cesse croissant d’inscriptions à l’Université. Et rien ne lui faisait autant plaisir que de dénicher un livre ou un document rare pour un visiteur. Elle était toujours à l’affût de nouvelles idées pour promouvoir la revue et les activités de l’Inem et était partie prenante de l’initiative des « Promenades de l’Inem » qui ont permis aux participants d’apprendre différents aspects du marxisme et de l’histoire du mouvement ouvrier à travers des visites de musées ou de sites historiques.

Si Nikol attachait beaucoup d’importance à l’étude et à la formation, elle avait les pieds fermement ancrés dans la réalité de la lutte de classe. Lorsque, dans le petit groupe qui gérait l’Inem, la discussion prenait une dimension trop abstraite, elle nous ramenait toujours sur terre. Avant de devenir documentaliste, elle avait travaillé pendant dix ans au GB de Tervuren, où elle était déléguée syndicale SETCa. Son mari était ouvrier à Renault jusqu’à la fermeture en 1996 et ensuite permanent syndical CSC. Elle participait activement aux campagnes du PTB, même si elle m’a avoué détester les élections. Pour elle, le Congrès du renouveau du parti de 2008 est venu à point. Et quand son mari, nouvellement retraité, a été d’accord de se présenter comme candidat d’ouverture sur les listes du PTB lors des élections fédérales de 2014, elle s’est jetée dans la campagne corps et âme jusqu’au moment où la maladie l’en a empêchée.

Nikol était une lutteuse. Elle était révoltée par toutes les formes de nationalisme et de racisme qu’elle voyait autour d’elle et faisait un point d’honneur de parler français avec les francophones qu’elle rencontrait à Bruxelles, même si cela ne lui a jamais été facile. Internationaliste, elle participait chaque année dans sa commune aux campagnes de 11.11.11. « Je n’aurais jamais pu m’imaginer rester indifférente devant tous ces enfants qui meurent par manque d’accès à de l’eau potable », m’a-t-elle confié la dernière fois que je l’ai vue. Elle-même n’avait pas peur de mourir. Quand les médecins lui ont avoué ne plus rien pouvoir faire pour alléger ses souffrances, elle a décidé de partir dans la dignité, sachant qu’elle avait dédié sa vie à la lutte des classes.

Elle est décédée paisiblement, entourée des siens, ce dimanche 10 mai. Nos pensées vont à son mari, Jan, à ses enfants Griet et Koen et à tous ses amis et camarades.

  • Une cérémonie d’adieu aura lieu ce samedi 16 mai à 11 h au Gemeentezaal à Duisburg (Tervuren) Rootstraat 9 (à 100 m de l'église de Duisburg)

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http://solidaire.org/articles/nikol-lanin-le-coeur-d-un-centre-de-documentation-marxiste-s-en-est-allee

MERCI NIKOL

Depuis près de vingt cinq ans, j’ai eu l’occasion, la chance de travailler au centre de Documentation marxiste avec NiKOL et ce fut dans ma vie une rencontre heureuse et radicale qui a pas mal changé ma vie.

Nikol était tout le contraire de ce qu’on m’avait mis en garde lorsque j’ai rejoint le PTB., prétendu dans les « média-mensonges » secte de l’extrême gauche.

Elle était marxiste mais son communisme sans concession, à des années-lumières de cette prétendue secte, était profondément généreuse et humaniste.

Dans le cadre d’une collaboration régulière avec elle et l’INEM j’ai découvert, jour après jour, mois après mois en introduisant dans l’ordinateur de la bibliothèque du parti les ouvrages qu’elle désirait introduire dans cette riche collection qui des œuvres fondatrice de Marx, Lénine, Staline et autres écrivains communistes mais aussi de tous ceux qui, aujourd’hui luttent honnêtement contre l’exploitation de l’homme par l’homme.

Nikol ne se contentait pas d’un attachement intellectuel en faveur des idées qui dirigeaient sa vie, elle était aussi parmi les premières, lorsqu’il s’agissait d’organiser concrètement une université d’été, une rencontre du premier Mai pour faire en sorte que chacun soit bien accueilli au mieux à son arrivée et trouve réponse à ses problèmes et questions tout au long de la rencontre.

Un petit souvenir personnel que je désire vous partager aujourd’hui : j’aime beaucoup le peintre Modigliani et se manière spécifique de peindre en particulier les femmes en n’hésitant pas à repenser leurs corps, visage pour mieux exprimer l’unicité de leur personnalité à chacune.

Un jour, dans une vitrine du centre de Bruxelles, j’ai trouvé quelques cartes postales de cet artiste et parmi elles une où à ma grande stupéfaction je reconnus le visage de notre Nikol. C’était l’époque de son anniversaire, je crois, et sans hésiter, j’ai glissé cette carte dans une enveloppe que je lui ai offerte lors de mon prochain passage au centre marxiste.

Je pense qu’elle fut touchée par mon geste car désormais ma carte fut affichée à son bureau autour de la photo de quelques-uns de ses camarades souvent disparus.

Voici ce tableau de Modigliani qui à mes yeux reste et restera toujours attaché au souvenir que je veux joyeux et reconnaissant de Nikol Lanin dont j’espère, la mémoire si riche restera présente, forte d’espérance en moi tant que je vivrai…

Merci Nikol ! Mes plus sincère condoléance (avoir de la peine avec !) à son époux dont elle m’a souvent parlé avec bonheur, avec toute sa famille et tous ses amis et camarades qui comptaient tant en sa vie.

Yvan Balchoy

NIKOL LANIN, LE COEUR D'UN CENTRE DE DOCUMENTATION MARXISTE, S'EN EST ALLEE...
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