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Publié par YVAN BALCHOY

TEILHARD DE CHARDIN, POINT DE RENCONTRE ENTRE CHRISTIANISME ET MARXISME

Teilhard de Chardin, point de rencontre entre christianisme et marxisme Roger Garaudy a souvent fait référence à Teilhard de Chardin dans ses oeuvres, il lui a consacré plusieurs articles dans diverses publications, notamment le n° de mars 1965 de la revue EUROPE

. Il s'âgit ici d'un extrait de ses mémoires. L'oeuvre de Teilhard de Chardin est un point de rencontre naturel entre le christianisme et le marxisme. Ce grand paléontologiste a découvert dans ses fouilles, près de Pékin, l'un des chaînons intermédiaires entre les mammifères les plus évolués et l'homme: le sinanthrope. Il fonde sa vision du monde sur un évolutionnisme généralisé. Il étend le transformisme au-dessous de la vie, avec la genèse et la complexité croissante de la matière, et, au-dessus, avec l'histoire humaine en sa visée suprême: le Dieu fait homme.

C'est le contraire de l'évolutionnisme vulgaire, scientiste, qui essaie de réduire le supérieur à l'inférieur et l'homme au singe. Teilhard inverse ce mouvement, en privilégiant non les dérives descendantes de l'entropie, mais le mouvement ascendant de l'homme vers ses fins divines. Je sens, obscurément encore (RG décrit son état d'esprit en 1951-1953, ndlr), que le Père Teilhard de Chardin, sur un autre plan, celui de la science, va dans le même sens que les prêtres ouvriers sur celui de la société: il enracine l'esprit dans la matière, comme eux l'appel du Christ dans la masse humaine.

Aller vers Dieu n'exige pas que l'on tourne le dos ni à la matière ni au monde. L'Eglise ne cessera plus d'être habitée, travaillée au plus profond d'elle-même, par ce double appel. Pourrai-je, en mon Parti (Roger Garaudy est alors membre du Bureau politique du Parti communiste français, ndlr), aiguiser pareille exigence ? Au-delà des divergences sur nos visions du monde, fussent-elles irréductibles, c'est une nécessité historique, dont j'éprouve l'évidence charnelle: aider, par le dialogue, à la prise de conscience de nos fins communes - au moins de nos fins avant-dernières - et dégager les moyens d'une pratique commune pour l'avènement de l'homme.

Roger Garaudy, Mon tour du siècle en solitaire,

Editeur Robert laffont, 1989, pp 209-210 Posté par Alaindependant

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