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  • BALCHOY
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  • Ma poésie, mes articles vous le diront au mieux
Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /Sep /2009 22:37

Nous n'y étions officiellement que pour un jour, et il fallait nous faire accepter pour plus longtemps. Du côté des particuliers qui nous logeaient, cela se fit sans difficulté, mais cela ne faisait pas l'affaire du secrétaire de mairie, ni je pense du maire lui-même qui craignait que notre séjour ne se prolongeât et qui se montrèrent beaucoup moins obligeants par la suite.

La grosse difficulté était toujours le lieu de concentration pour les repas. Nous eûmes la bonne fortune de trouver une vieille dame, habitant seule une maison bien propre, qui avec bonne humeur, nous prêta une cuisine et ses locaux. J'aurais même bien voulu loger chez elle, mais je craignais de désobliger mon conseiller municipal avec qui cette dame était en mauvais termes. Madame AG., ainsi se nommait cette personne, était la cousine du député de l'endroit, et me fit faire la connaissance du sénateur G. Maur. de Poitiers, avec qui il était très lié et qui était venu passer la journée à Millebaux.

L'affaire allait très mal, et c'est là que j'entendis parler pour la première fois du général de Gaulle. Je sus par G. Maur. que depuis longtemps, le Général de Gaulle avait critiqué les errements de l'Etat-major français, et préconisait la mécanisation à outrance. G. Maur. en était partisan, Monsieur Ag. beaucoup moins. J'étais loin à ce moment de me douter de ce que l'avenir nous réservait au sujet du Général de Gaulle.

Je note ici que j'avais rencontré à Millebaux Henq. qui était en réfugié dans la maison du fermier Mac. avec son fils et Monsieur Th. de Warnant qui finalement alla s'établir dans un village à quelques kilomètres. Sur la route, je rencontrai un jour Monsieur Buc. d'Anhée avec son gendre de Treignes et leurs familles.

Pendant ce séjour à Millebaux, j'étais allé avec Léon et Anne, et une petite voiture, à Mignaloux voir Emile et Marcelle et j'ai pu constater combien ils étaient mal logés. Il n'y avait qu'un espoir, c'est qu'un voisin, propriétaire d'un domaine, appelé la R., maniaque et diabétique, se décidât à quitter cette propriété pour aller sur une plage quelconque dans le sud.


(à suivre)



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Dimanche 6 septembre 2009 7 06 /09 /Sep /2009 15:40


  Ghislain éprouvait pourtant une envie folle de rester avec lui jusqu'au bout de la nuit, de la vie peut-être, mais le temps, cette fichue invention des hommes se manifesta au dos de son poignet. Il lui fallait  bientôt retourner à la communauté du SALUT pour se préparer à sa mission.

Il entretint alors son interlocuteur des cinq pauvres dernières minutes qu'il leur restait. Il aurait voulu les remplir à raz-le-bol de cette chaleur qui lui venait de lui. Il lui demanda son adresse? D'un geste vague des épaules, le jeune inconnu balaya la question :

   "Vivez au centre et vous me retrouverez où que vous soyez"

Ainsi, s'il avait une adresse, elle était sans importance.

Il pointa son doigt en direction des deux filles qui s'amusaient à quelques dizaines de mètres en amont à s'asperger dans de grands éclats de rire.

     -"Vous voyez, le bonheur, il est là, là tout près."

Ghislain, eut alors moins de remord de le laisser partir. Désignant les deux demoiselles plus loin :

     -"Allez, allez à leur rencontre, elles ont aussi besoin de vous."

Le jeune le regarda gravement.

     -"Vous savez, je ne sais pas si je vais oser, ça flashe trop en moi."

     -"Ce sont elles qui vont flasher, lui répondit Ghislain. Allez-y, vous êtes jeunes, vous avez la vie devant vous. Merci, merci de cette éternité que vous venez de m'offrir en un instant."

De nouveau le garçon le fixa de sa gravité souriante, puis, sans lui serrer la main,- ce n'était pas nécessaire - il s'éloigna doucement.

Il se trouvait déjà à trois, quatre mètres, lorsque soudain Ghislain réalisa qu'il avait oublié de lui demander son nom.

     -"Comment vous appelez-vous ? Quel est votre nom ?"

Déjà lointaine, sa voix, comme si elle venait d'un autre monde, lui renvoya "JONATHAN".

     -"Au revoir, Jonathan !"

Ghislain ne le regardait pas, il ferma les yeux quelques instants comme pour prolonger en lui cette extase, cette rencontre dont il se demandait encore si elle s'était passée dans ce qu'on appelle la réalité, au sens objectif du mot,  ou en une sorte de songe prémonitoire des réalités ultimes.

Quand illes rouvrit, un peu plus tard, en tournant son regard dans la direction qu'avait emprunté Jonathan, Ghislain ne le vit pas plus d'ailleurs que les deux jeunettes.

Ne restait plus autour de lui que le chant des cigale, les ploufs des poissons, le crissement de la rivière, le joyeux ballet des libellules, la beauté visuelle et auditive aussi forte, plus forte même qu'auparavant.

Jonarhan avait disparu et pourtant Ghislain continuait à le sentir en lui et il savait que jusque la dernière minute de sa vie, il serait étincelle au coeur de lui, il guiderait ses pas, il l'éclairerait, le fortifierait, lui, l'archange Jonathan, venu de nulle part, parti dans un mystérieux ailleurs mais vivant en ce
centre, là où il lui avait demandé de le rejoindre ainsi que toutes celles et tous ceux vivants ou disparus qu'il aimait.

Ghislain consulta distraitement sa montre poignet. Il avait encore une demi-heure avant de remonter dans sa nouvelle communauté. Il avait d'abord penser faire le tour du village avant de rentrer, mais il n'en n'avait plus du tout envie. Il restait sur sa vieille marche de pierre, émerveillé par le spectacle du torrent, dont le chant semblait résonner encore des paroles magiques du bel inconnu.

Dans une de maisons, en face de lui, un piano égrenait joliment les notes d'une cantate de Bach qui lui sembla ajouter une dimension sonore à ce paysage idyllique.

Quand le temps fut venu pour lui de regagner sa montagne, il s'arracha à regret de ce milieu, où, il en était persuadé, quelque chose de neuf et d'irrémédiable venait de naître en lui.

En remontant le sentier pourtant escarpé qui le conduisait à l'Ashram du SALUT, ainsi que l'appelaient les frères qui l'habitaient, Ghislain avait l'impression de voler sous l'impulsion de la joie profonde qui l'habitait. Il ne cherchait pas à disserter ni à remettre en question sa mission, il n'avait plus assez de liberté intérieure pour cela, mais il se sentait heureux, ce matin-là comme il ne l'avait plus été depuis si longtemps, qu'il se demandait  même s'il avait déjà été vraiment heureux une seule fois dans le passé.

Quand il parvint à l'entrée de l'ashram, la soeur présente de l'acceuil lui adressa un grand sourire :

     -"Bonjour, Monsieur Martin, comment avez vous trouvé Lasalle, c'est un joli village, n'est-ce pas ! Je suis sûre que vous allez vous plaire parmi nous."

     -"Que dois-je faire à présent ?" lui répondit Ghislain habitué depuis des semaines à ce que d'autres découpent le temps pour lui.

     -"Mais, vous avez encore vingt minutes avant le repas de midi. Vous pouvez, si vous le voulez, aller vous reposer quelques instants dans votre chambre, car la montée jusqu'ici est dure. Mais si vous préférez visiter la maison, ne vous gênez surtout pas. Notre réfectoire se trouve juste devant vous, la dernière porte à droite tout au bout du couloir."

Tiens, se dit Ghislain, heureusement qu'on m'a mis en garde à Villebon. On prendrait  vraiment ces gredins comme des femmes et des hommes  de grand coeur et d'esprit. Comme ils cachent bien leur jeu !

(à suivre)


Ce récit dans le roman reprend l'histoire bien réelle de ma rencontre avec Jonathan que vous pouvez écouter dans un article antérieur : "Jonathan ...", le 7 août 2009.


Yvan Balchoy
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Samedi 5 septembre 2009 6 05 /09 /Sep /2009 22:04



Le parc régional Georges Henri fut construit sur un ancien cimetière désafecté. Une partie des tombes servit à faire les allées du parc. Je doute que la famille qui avait payé sans doute assez cher pour honorer ses défunct pour toujours eut été heureuse de ce qu'est devenue leur pierre tombale.




Yvan Balchoy
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Samedi 5 septembre 2009 6 05 /09 /Sep /2009 21:56



Voulant échapper, je me rendis au Consulat Belge à  Saint Malo et me fis délivrer un passeport pour me rendre auprès du gouvernement à Poitiers.

Avec mes trois voitures, dont les deux miennes et celle du docteur Mab. - pour cette dernière, Monsieur Mab. était désigné comme chauffeur -, le deux juin, nous quittions La Guimorais avec le regret du maire, Monsieur A. Sen., qui vraiment nous voyait quitter à regret, et ne désespérait pas de nous voir revenir.

C'est à la Guimorais que nous apprîmes la capitulation et ce fut un moment terrible ; d'après la version que le Ministre Reynaud donnait de l'évènement, non seulement nous étions regardés de travers par les français, mais nous souffrions dans notre coeur de belge.

J'avais demandé et acheté à la Guimorais, une demi-barrique de cidre ; la vie y était d'ailleurs très bon marché. Nous tenions à ne point laisser l'immeuble inoccupé, mais à l'hôtel voisin, il y avait un grand invalide belge avec ses deux soeurs, qui, fatigués de vivre à l'hôtel, ce qui leur coûtait d'ailleurs très cher, étaient allés vers Nantes pour se procurer un logement. Il en avait trouvé un et devait signer bail le jour de la capitulation, mais, ce jour-là, parce qu'il était belge, tout fut cassé et ils furent obligés de revenir à l'hôtel.

Nous nous arrangeâmes pour qu'ils prennent notre succession à l'hôtel de Bellevue. Ces gens étaient de Cortenberg. Nous n'en n'avons plus eu de nouvelles depuis.

Quittant la Guimorais, avec le docteur Mab., qui ne nous avait donné ni heure ni moment pour partir, à cause de l'histoire des voitures,  nous parcourûmes environs trois cent vingt kilomètres en passant par Angers où nous ne voulûmes pas stationner parce que Marcelle, quelques jours auparavant, y avait subi un bombardement.

Sachant qu'il n'y avait plus rien pour nous à Mignaloux, je ne voulus pas m'aventurer jusque là, et nous arrêtâmes à Millebaux, à vingt-huit kilomètres de Poitiers. M'étant rendu chez le Maire, vétérinaire et ancien député, je fus très gentiment reçu. Il fit entrer toute la caravane, et nous fit servir des boissons et des biscuits, en même temps qu'il chargeait son secrétaire de mairie de nous trouver un logement.  C'était fait, une heure ou deux plus tard. J'étais logé chez un conseiller municipal avec Paul, mais à cinq cent mètres du reste de la bande éparpillée dans trois maisons différentes.


(à suivre)


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Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /Sep /2009 21:07


Les frères Wouters du célèbre groupe flamand "CLOUSEAU" pour fêter le vingt-cinquième anniversaire de leur groupe on composé une chanson où on peut entendre en néerlandais ainsi qu'en Français "J'aime la Belgique."

 

Je suis convaincu qu'ils représentent ainsi la majorité silencieuse de beaucoup de flamands qui est loin de suivre avec enthousiasme les excités du NVA et même leur Ministre Président .

Ce dernier était présent à la manifestation nationaliste et égoïste de la tour de l'Yser qui d'ailleurs n'a pas rassemblé plus de 1000 participants ce qui prouve le peu de représentativité de ces extrémistes au sein de la communauté flamande.

Que Monsieur Bourgeois, dont les ancètres viennent peut-être d'ailleurs que de Flandre et les excités du parti incivique NAVA  (vis à vis de la Belgique) s'en offusquent ainsi Bart De Wever, le nostalgique de certains de ses compatriotes qui trahirent leur pays en se rapprochant des combattant du 3ème Reich dans sa lutte odieuse contre l'Union Soviétque,  cela ne m'étonne nullement.

J'espère que pour ces fanatiques qui inondent stupidement  et fanatiquement les activités sportives internationales d'un drapeau que certains nationalistes flamands ont souillé eux-mêmes entre 40 et 45.


  Herman De Croo, ancien président de la chambre,  n'hésite pas à voir dans cet évènement un signe que "Le nationalisme est mort et enterré. "Geert Bourgeois et co peuvent le savoir : leurs lourdes bottes ne sont que de la nostagie."

www.rtbf.be/.../flandre-clouseau-chante-vive-la-belgique-137624

Ce soir, le président de la NVA vient d'ailleurs de déclarer à la RTBF  sa proximité idéologique avec le Vlaamse Belang (BLOK) et son triste leader De Winter.

  "Bart De Wever, faut-il le rappeler, outre ses liens étroits avec l'extrême droite française et allemande, a assisté aux funérailles de Karel Dillen, président-fondateur du Vlaams Blok et ex-collaborateur avec les Whaffen SS allemands. 

L'homme qui déclarait fièrement devant les caméras de la RTBF que son idéologie était celle de la "purification ethnique".

(wemmel-candide.skynetblogs.be/.../bart-de-wever)

En tout cas, si moi j'aime mon pays, d'Oostende à Arlon et ce groupe flamand courageux, je n'aime pas ce parti porteur davantage d'hostilité vis à vis de la Wallonie que d'amour sincère de la Flandre.

 

 

 

Yvan Balchoy
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Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /Sep /2009 11:40
Il nous paraît utile de confronter  à la pensée Dostoïevskienne les conceptions d'un slavophile, Khomiakov et d'un Hégélien russe, Redkine, concernant le "rassoudok".

Khomiakov  distingue deux types de connaissances, l'une vivante, directe, atteignant la réalité, l'autre abstraite, occupée de lois, de rapports, oeuvre de la  raison raisonnante (rassoudok) ayant comme objet propre, non l'être, mais le concept (A. Gratieux, ouv. cité, tome II, page 208).

Quant à Redkine, hégélien de droite, qui fut le contemporain de Dostoïevski, il distingue à la façon de son maître trois moments dans l'histoire de la pensée : 1) La pensée abstraite et entendement (razoudetchnaïa); 2) la pensée dialectique ; 3) enfin la pensée spéculative ou positivement raisonnable.
Sous le vocable de la première catégorie, il entend le "rassoudok" qui cherche la généralité, mais ne la trouve que sous une forme abstraite parce qu'elle n'est pas mise en particulier. Cette pensée abstraite n'est pas fausse. Elle est cependant insuffisante, parce qu'unilatérale ; plus exactement, elle ne devient fausse que lorsqu'elle ne cherche plus à la dépasser" A. Koyré, ouv. cité, page 119.


Dans le "Sous-sol", Dostoïevski a longuement opposé les deux termes. Critiquant certaines théories de son époque qui réduisaient la science de l'homme à la connaissance d'un certain nombre de déterminismes, il s'efforce de démontrer toute l'importance des facultés irrationnelles dans la personne humaine.
Aux esprits scientifiques, qui veulent tout ramener à des lois naturelles immuables et mettre le "vouloir" en formule (1)

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(1) "Vous dites que la science enseigne à l'homme qu'il n'y a ni volonté, ni caprice, que tout ce qu'il faut, il ne le fait pas selon sa volonté (Khotene) mais de soi-même, selon les lois de la nature" (Le Sous-sol", page 384. C'est sans doute encore aux opinions de Gradowski que Dostoïevski fait ici allusion. Cf cette étude, page.
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Fédor Mikhaïlovitch répond, non sans ironie : "Qu'est-ce qu'un homme sans désir (Jelane), sans volonté (volia) et sans "vouloir (Khotene), sinon un simple écrou (2)  Il s'en prend aussi énergiquement aux philosophes rationalistes

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(2) "Le Sous-sol", page 391 (l'édition russe)
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qui s'imaginent que "l'homme a sans aucun doute besoin d'un vouloir raisonnable et intéressé, alors que, selon lui, il lui faut seulement un vouloir "samostoïatelny" (autonome), quel prix que lui coûte cette indépendance." (3)

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(3) Le "Sous-sol", page 391
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D'autres s'imaginent, après Socrate, que le mal a pour seule cause l'ignorance du bien et préconisent en conséquence une éducation axée sur la  connaissance de son intérêt rationnel. (4)

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(4) "Qui a dit le premier que l'homme fait le mal uniquement parce qu'il ne connaît âs ses véritables intérêts et que si on l'éclairait en lui ouvrant les yeux sur ses intérêts réels, normaux,  l'homme cesserait aussitôt de faire le mal et deviendrait bon et sage... parce qu'étant instruit et comprenant ses intérêts réels, il verrait que ses propres intérêts sont dans le bien et il est clair qu'aucun homme ne peut agir consciemment contre ses vrais intérêts, qu'en conséquence, il sera placé dans la nécessité de faire le bien." (Le Sous-sol, page 385-386)
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Quelle utopie que de s'imaginer qu'un homme cessera volontairement de se tromper et ne voudra pas aliéner sa volonté dès qu'on lui révélera ses intérêts normaux ! (5) 
Dostoïevski s'en réfère aux leçons de l'histoire pour

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(5) Le "sous-sol", page 384
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démontrer que l'homme, par goût du risque et de l'aventure tourne souvent le dos à ce qu'il sait être son intérêt. (6)

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6)" Depuis quand après ces milliers d'années, l'homme a-t-il agi pour son seul intérêt ? Que faire des millions de faits qui témoignent de ce que les hommes exprès, c'est à dire en comprenant leur véritable intérêt, les laissent au second plan pour se précipiter sur la seconde voie, celle du risque et du "peut-être" sans aucun besoin sinon précisément, qu'ils ne veulent pas du chemin indiqué et opiniâtrement, de leur propre volonté, ils empruntent l'autre chemin, le difficile, le sale...." (Le sous-sol, page 391).
Son vouloir propre, volontaire et libre, son caprice personnel, même le plus sot, sa fantaisie poussée jusqu'à la sottise, voilà ... le plus haut intérêt, qui n'entrera jamais sous aucune classification." (Le "sous-sol", page 390)
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(à suivre)


Yvan Balchoy
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Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /Sep /2009 11:35



Au-delà de l’intelligence et de la conscience morale, Dostoïevski discerne deux facultés irréductibles, puisqu’elles représentent à l’état pur deux ordres rationnel et affectif. Nous les présentons également sous une forme synoptique :

 

 

ORDRE DE L’ETRE ET DE LA RAISON

RASSOUDOK (raison)

 

Le dictionnaire traduit ce terme par « raison », bon sens. Chez Dostoïevski il prend une signification originale. Le « rassoudok » est la faculté du rationnel et du nécessaire chez l’homme.

« Le rassoudok…. Est une chose excellente, mais le rassoudok n’est que le rassoudok et il ne peut contenter que la faculté raisonnante de l’homme. (1)

Le sous-sol, page 393

 

Il s’agit on le voit de cette raison raisonnante ou objective que ne voit de l’homme que le « tout fait » ou le « nécessaire ». C’est d’elle que dépend la perception purement passive du réel.

ORDRE DE L’AMOUR ET DU CŒUR

KHOTENE (volition)

 

Volition ou vouloir : ce terme n’est pas d’usage courant ; il appartient plutôt à la langue philosophique. Il est dérivé du verbe « KHOTET » vouloir. Dostoïevski l’oppose souvent au rassoudok dans le « Sous-sol »

Le khotene est l’expression de la vie humaine entière y compris la rassoudok et ses scrupules (2)

(2) Le sous-sol, page 393

Aussi Dostoïevski met-il un lien entre ce « khotene » et cette « natoura » humaine (3)qui agit toute entière par tout ce qui est en elle consciemment et inconsciemment.

La "natoura" exprime la condition plénière d'un être y compris sa "priroda"

»

 

Le rassoudok sait seulement ce qu’il a appris, autrement sans doute, il ne connaitrait rien. (Le Sous sol page 393)

Son objet premier est tout naturellement la raison (razoum). Il comprend également l’appréhension des « zakony prirody (lois de la nature), tout le domaine des « deux et deux font quatre », symbole type des nécessités mathématiques.

 

 

« Un monsieur vous prouvera qu’il faut agir selon les lois du « rassoudok » et de la vérité (istina) (Le sous-sol, page 387)

 

« On veut non pas vous priver, vous dira-t-il mais faire que votre volonté s’accorde volontairement avec vos intérêts normaux, avec les lois de la nature et de l’arithmétique (Le sous-sol, page 397)

 

 

 

 

 

 

La « volition » préside à tout le rationnel en l’homme. Il ne faut pas l’assimiler à l’absurde. Le « khotene » est irrationnel en ce sens qu’il est indépendant su « rassoudok ».

 

« Le khotene peut s’il le veut s’accorder avec le rassoudok…mais très souvent et même dans la plupart des cas, il s’y oppose (Le sous-sol, page 393)

 

 

Le khotene est responsable en dernière analyse du « moi » en tant que celui-ci agit et se fait par lui-même, c'est-à-dire que Dostoïevski y voit l’élément le plus personnel en l’homme. Le cœur est également au centre du « moi » personnel, mais en un sens c’est un donné, dynamique certes, mais lié à la personnalité humaine et doué de besoins inhérents à la « natoura ».

 

Le Khotene, c’est l’irrationnel pur, insaisissable donc, mais il est un « à priori » nécessaire de tout acte volontaire. 

Le "Khotene" se réalise en acte par la volonté. On distinguera avec soin la "svabodnaïa volia" (libre volonté), assimilée parfois, semble-t-il, à la "svabodnaïa sovesti" (liberté de conscience) et par ailleurs à la "svoïe volia" (vouloir propre) capricieux, s'érigeant en absolu qui prétend agir à sa guise, sans se référer à une quelconque donnée objective.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------- 

(3) Pour mieux saisir la différence entre ces deux mots russes qui correspondent à notre « nature » (natoura) et « (priroda), comparons quelques usages de ces deux termes dans les « Carnets de Macha »

 

PRIRODA

« Nous connaissons seulement un trait de la nature (priroda) future de l’être future (souschtchestvo) et de tout ce qui s’impose nécessairement : la priroda.

NATOURA

« Ce sera quand l’homme se régénèrera définitivement selon les lois de la nature (priroda) en une autre nature (natoura) qui ne prendra pas femme et ne convoitera pas. »

 

La natoura exprime la condition plénière d’un être y compris sa « priroda ».

 

En russe « priroda » est un terme courant. Il appartient en particulier au langage scientifique et s’emploie souvent avec « zakon » (loi).

Natoura appartient plutôt à la philosophie et désigne la condition existentielle totale d’un être. La « priroda » ne s’identifie pas formellement à l’être qu’elle détermine. Elle en est un attribut ou bien encore la manifestation en lui d’une propriété qui le situe dans l’ordre cosmique. En revanche « natoura » est souvent synonyme d’être ou de personne, ainsi que le suggère bien la comparaison des deux textes ci-dessus. En chacun d’eux, le même trait eschatologique est évoqué. On remarque que dans le second, « natoura » ne remplace pas « priroda » d’ailleurs lié à « zakon » (loi), mais souchtchestvo, être futur. C’est si évident que Camille Wilczkowski n’a pas hésité à traduire « natoura » par « en un autre être ». Pour la portée religieuse de ce mot « natoura » cf. la troisième section de cette étude, page.

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(à suivre)


Yvan Balchoy
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Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /Sep /2009 10:32








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Mardi 1 septembre 2009 2 01 /09 /Sep /2009 15:55
A l'aube,soudain,

je dormais profondément

quand un rossignol charmant,

merveilleux réveil matin,

me libéra de l'hôtel des impots

et de tous ses maux.

Ouvrant alors les yeux,

quelle ne fut pas mon bonheur

de découvrir une fille tout en fleurs,

vêtue de sa seule nudité

me sourire aux pied du lit,

puis se glisser en catimini

sous mes draps tout étonnés

d'une si fascinante beauté !

Ne me demandez pas la suite de l'histoire,

plus belle qu'un grand soir

je laisse à votre imagination

le soin de compléter ma narration

car à présent ma vie lui appartient

et je ne vous ferai pas de dessin !

Qu'elle sache seulement

qu'en moi elle vit tout le temps,

comme le plus doux des présents


Yvan Balchoy
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Mardi 1 septembre 2009 2 01 /09 /Sep /2009 15:30


L'hôtel occupait un point culminant ce qui était désagréable, car on le découvrait de partout, mais nous avions la mer devant nous et deux plages à peu de distance.  A un hôtel voisin de quelques deux cent mètres, nous pouvions aller écouter la T.S.F.  J'appris à la Guimorais, par le Père Goy. que Jeanne se trouvait à Biarritz mais j'étais sans nouvelle de Camille et de Georges, et j'étais mortellement inquiet, comme je le suis resté, en ce qui concerne Georges, jusqu'à mon retour en Belgique.

Un jour que j'étais allé à Cancale, j'appris que Réné Sprin. venait de quitter Cancale et qu'il avait dit incidemment qu'il venait de rencontrer en route Jacques et sa famille. Cela me rassura un peu, et le jour même, je reçus à La Guimorais une nouvelle lettre du Père Goy. , me disant que Camille était à Saint Brévin et qu'après bien des péripéties et bien des dangers qu'Emile se trouvait à Mignaloux. Emile, prévenu par le Père Goy., nous écrivait qu'il viendrait nous voir en voiture.

Il vint le dimanche ou lundi qui précéda notre départ, et, bien qu'il fut très mal à Mignaloux, il fut convenu qu'il profiterait de sa voiture pour enlever sa famille en attendant qu'il nous eût trouvé une place pour loger.

Nous apprenons par une lettre, le lendemain,  qu'il s'était trouvé évincé du local qu'il occupait chez le religieux, et il avait du se réfugier dans un presbytère ultra-pauvre, où vraiment il n'était pas mal. Il nous demanda en même temps de patienter, car il ne trouvait rien pour nous. D'autre part, nous étions fort bien à la Guimorais, où la population était assez accueillante.

Paul et Léon avait aidé un fermier voisin à arracher ses pommes de terre hâtives, et avaient remis en ordre le jardin de fleurs de l'hôtel.  Nous nous décidâmes cependant à déguerpir le deux juin . Voici dans quelles conditions. Nous fûmes avertis qu'il fallait pour le samedi premier juin conduire nos voitures  à Saint Malo, où elles seraient parquées. Seule ma voiture parlementaire était immunisée.

(à suivre)


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Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /Août /2009 21:01
Vous vous rappelez à propos du travail du dimanche, il sera libre et volontaire, disait "le prince de l'esbroufe". et bien dans les zones touristique, plus de 600 en France, je crois, il n'en n'est rien.

MENTEUR SARKO A PROPOS DE LA SUPRESSION DU JUGE D'INSTRUCTION, LA CONTREPARTIE LOGIQUE DE CETTE SUPRESSION DEVRAIT ETRE QUE LE NOUVEAU JUGE SOIT RENDU INDEPENDANT DU PROCUREUR ET DONC DU GOUVERNEMENT. Il n'en n'est pas question, la séparation des pouvoirs n'est pas justifiée pour l'autocrate qui veut tout régenter en France, les médias, la justice, les élections en traficotant les circonscriptions électorales.

 A propos de la femme quelle scandale que celle qui a porté neuf mois un enfant et l'élève si souvent et si longtemps ait un avantage retraite justifié mille fois, je crois.
On risque de lui enlever ces années de prise en compte pour la retraite, c'est plus facile que d'accorder une égalité salariale ou une vraie parité au gouvernement.

Non, le scandale numéro 1 aujourd'hui en France, c'est l'autosuffisance, l'injustice et la démagogie du petit gesticulateur


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 yvan balchoy
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Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /Août /2009 11:31




















































Yvan Balchoy
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Samedi 29 août 2009 6 29 /08 /Août /2009 20:51

Nous avons alors passé par de terribles transes ; tantôt Vil. dépassait Anne, et venait contre notre voiture sans précaution, et tantôt nous devançait à des allures vertigineuses. Les femmes de sa voiture pleuraient, mais il était comme hébété, et il ne répondait pas. Il dut s'arrêter à cause d'une des multiples pannes de la Ford, et il fut rejoint par nous. Je dois dire qu'il entendit de ma part, de la part de Paul et Léon, de dures vérités.

Nous n'étions plus très loin de Cancale, mais il fut encore fort marri, quand il vit que nous brûlions Cancale pour gagner Saint-Coulombs, beau petit village doté du plus aimable des maires. Là, nous trouvâmes assez facilement le docteur Mab. (1), qui, avec sa femme, sa belle-soeur et des petits enfants, tenaient dans deux petites places. Après quelques instants d'entretien, je me rendis à la mairie, puis chez le maire, qui me reçut cordialement et certifia que pour le lendemain, matin, il trouverait peut-être un hôtel à mettre à notre disposition, dans la commune, en direction de Saint Malo.

Seulement pour le soir, nous devions trouver à nous abriter, ce qui nous fut possible en nous éparpillant, et en étant fort mal nourris. Je note ici un incident pénible.

Peu après notre arrivée, et pendant que j'étais allé à la mairie, Pierre Vil., profitant de mon absence, déclara brusquement qu'il en avait assez, et jetant à la volée les bagages de sa voiture, il était filé avec la Ford, et son domestique, emportant par mégarde quelques menus objets des enfants de Marcelle et le petit sac d'Alberte (2), avec sa carte d'identité. Nous ne devions plus le revoir en France.

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(1) Mon docteur de famille à Dinant
(2) fille de tante Marcelle, élle était ma cousine germaine.
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Nous n'avions donc plus que deux voitures pour seize personnes et nous dûmes aller le lendemain à la Guimorais, en deux voyages. A la Guimorais, nous rencontrâmes le propriétaire de l'hôtel qui venait mettre son hôtel à notre disposition avec tout son contenu. Nous avions dix chambres bien garnies, et tout l'hôtel à notre disposition puisque nous étions les seuls occupants. Cette dame était très heureuse de nous avoir afin d'éviter une occupation plus désagréable, et souhaitait nous y voir rester le plus longtemps possible.

(à suivre)


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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 09:31
 Dans l'excellent  roman policier d'Alain Demouzon et Jean Pierre Croquet  : "Fromental et l'Androgyne", j'ai trouvé cette réflexion  à laquelle j'adhère totalement :
honnêteté
"Un peu long à t'expliquer. Mais nous savons bien que ces gens qui accumulent les richesses n'ont pas vraiment  mouillé leur chemise. Et leurs talents privés coïncident rarement avec nos vertus officielles... Les honnêtes travailleurs ne font jamais fortune."
(page 290-291 (Fayard))



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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 09:07

Le maire qui était docteur m'avait trouvé de la tension,  et j'étais complètement émotionné quand Léon vint annoncer qu'il avait rencontré le docteur Caus. et avait appris par celui-ci que le docteur Mab. était à Cancale, à une quarantaine de kilomètres de l'endroit où nous nous trouvions.

A ma demande, le docteur voulut bien téléphoner à Cancale d'où il fut répondu que Monsieur Mab. avait quitté Cancale pour Saint Coulombe.

Vers les quatre heures, Monsieur Mab. me téléphone lui-même, me dit qu'il était difficile de se caser, mais enfin que je vienne quand même.

Nous étions les vingt cinq mai et il fut conclu que nous partirions le lendemain vingt six dans la matinée, mais nous avions compter sans Pierre Vil. , qui s'était mis à boire et qui nous notifia qu'il ne partirait pas le vingt six parce qu'il allait ce jour-là à Caucale avec le mastroquet, chez lequel il prenait logement et moult consommations, (naturellement dans la voiture de son logeur)

Il nous dit d'ailleurs que la courroie de transmission de ventilateur avait sauté et qu'il était immobilisé. Sur ma représentation, il accepta d'aller à Avranches pour chercher, ou plutôt faire semblant de chercher une nouvelle courroie. Mais à midi, il n'était pas encore rentré. Pendant ce temps, j'avais cherché moi-même et avais déniché une courroie dans un garage de l'endroit.

Je fus surpris du mensonge de Pierre Vil. , qui décidément ne voulait pas démarrer. En fin de compte, il se décida pourtant au moment du départ, il avait consommé tellement de Picon et même après cela du champagne qu'il était dans un état d'hébétement. Il devait marcher en troisième ligne, Léon tenant la tête et Anne, venant entre les deux (1), car Anne depuis le début conduisait la petite voiture et ne s'en tirait pas trop mal, aidé par Paul, qui s'occupait du changement de vitesse.

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(1) Anne, maman de mon cousine Brigitte et éponde de mon oncle Léon.
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(à suivre)


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Jeudi 27 août 2009 4 27 /08 /Août /2009 07:31


Ayant trouvé notre architecte, il nous fut dit par celui-ci, qu'il était impossible de trouver quoi que ce soit à Avranches et qu'il fallait aller plus loin. Sur mon insistance, car j'étais horriblement fatigué, il se décida à m'accompagner chez le sous-préfet, assez distant de l'endroit où nous nous trouvions. Nous rencontrâmes le Sous-Préfet en chemin, qui se montra fort aimable et dit à mon compagnon qu'il fallait aller au centre d'accueil, que l'on veuille nous trouver un gîte pour la nuit.

Redescendant cette très longue avenue, nous allâmes au centre d'accueil où l'on se mit en mesure de trouver quelques adresses, puis l'on mit à notre disposition un boy-scout chargé de nous indiquer les cinq maisons qui allaient nous recevoir.

La vue de certains logement me faisait reculer, épouvanté,  et je n'étais pas fier en retournant près de mes compagnons, mais nous n'avions pas le choix. Le sous-préfet avait d'ailleurs téléphoné à un de ses amis, maire d'une commune voisine, en lui demandant de nous recevoir.

J'appris que le maire s'en occupait, et viendrait le lendemain à Avranches vers midi. Dans la nuit, le petit Jean-Marie fut malade (1)
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, mon cousin germain, fils de Tante Marcelle,
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et Marcelle dut appeler le médecin. Quand le maire d'Avranches vint au rendez-vous, il ne fit aucune objection à notre venue, mais nous dit qu'il aimerait mieux que nous ne venions que le lendemain. Nous étions tellement désemparés que nous n'avions pu passer une seconde nuit à Avranches, et que l'après-midi, après avoir roulé dans une couverture le petit Jean-Marie, qui avait de la fièvre, nous partîmes pour ...

A notre arrivée, je désespérais. Dans le château que le maire avait en quelque sorte réquisitionné pour nous, il ne nous fut accordé que deux chambres. Le propriétaire, aussi désagréable que possible, fermait en même temps toutes les autres portes à cléf y compris la cuisine. J'appris que cette dame qui avait momentanément déjà laissé sa propriété pour vivre avec son père, était en désaccord politique avec le maire. Ce qui fait que celui-ci n'avait pas cru devoir insister, et il avait chargé le garde-champêtre de nous trouver un logement.
C'est ainsi que j'ai du loger chez un charron et Loulou avec sa famille
chez deux dames qui habitaient à proximité. Quant à nos repas nous déjeunions avec nos famille chez le charron et prenions le dîner dans un petit hôtel où l'on n'était pas trop mal mais où il fallait manger à tour de rôle, à cause des enfants qui restaient au logis. C'est là que je connus le plus grand affaissement, et vraiment nous étions tous à bout.
(à suivre)


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Mercredi 26 août 2009 3 26 /08 /Août /2009 21:35
Lisant dans le regard de Ghislain son étonnement, tel un prophète, un ange ou un homme d’autorité, l’inconnu prit brusquement la parole.
Citant Pascal, fréquenté autrefois mais bien oublié par Ghislain depuis:

     -"L'univers est un immense cercle dont la circonférence est nulle part et le centre partout."

Partout, commenta-t-il, vous vous situez au centre de l'univers et n'importe où donc, si vous avez les yeux assez purs, assez profonds, assez centrés, vous retrouvez ceux que vous aimez, qu'ils soient à vos côtés, à l'autre bout du monde ou même de l'autre monde. Vivants ou défunts, ils vous cotoient aux aussi au centre, à vous de les y reconnaître."

Il n'eut pas besoin d'en dire davantage. En l'écoutant, Ghislain comprit  qu'il vivait d'expérience et d'instinct ce propos de Pascal. Alors c'est lui qui osa prendre la parole :

     -"Ami, dis-moi la force qui te fait vivre."

Le bel inconnu lui répondit, un sourire un peu amusé au creux des lèvres :

     -"Oh, vous savez, je travaille comme tout le monde, je fais quelque chose qui me plaît, je travaille la pierre, je reconstruits des murs anciens. Oh, je ne suis pas occupé à cela tous les jours. Avant j'habitais Paris, ce n'était pas comme ici."

Comme si cette sorte de lecture de sa "carte d'identité morale" était le maximum qu'il pouvait lui donner de lui, il changea de sujet :

     -"Vous savez, dit-il, cette nuit, j'ai eu très peur, très peur, j'ai vécu une expérience extraordinaire."

Ghislain brûlait d'en savoir plus, il hésita cependant avant de lui jeter à brûle pourpoint :

     -"Si je ne suis pas indiscret, pouvez-vous m'expliquer ce que vous avez vécu cette nuit."

En peu de mots le jeune homme, sans hésitation, lui expliqua que de la même façon que cela arrive à certains derviches d'orient, il avait voulu dompter par la seule force de sa volonté son rythme cardiaque et respiratoire. Manifestement cette lutte avait été âpre et pénible. Sa victoire n'avait pas été celle d'un cycle biologique mais d'une conquête existentielle, d'un approfondissement du sens de sa vie humaine.

Leurs silence, une fois de plus, se faisaient plus parlants que les mots rares et parcimonieux qu'ils s'offraient.

Quand Ghislain lui demanda s'il connaissait quelqu'un dans ce pays qui n'était pas le sien, il lui parla d'un village tout proche Soudorgue :

     -"Oui, il y a quelqu'un à Soudorgue."

Sans hésiter, Ghislain compléta cette réponse :

     -"Vous la rencontrez souvent ?"

     -"Jusqu'à présent, je n'ai pu lui bredouiller maladroitement que deux ou trois paroles, mais il y a eu entre nous un regard et, à ce niveau,  je crois qu'il s'est passé quelque chose."

Ghislain voulut alors lui parler aussi de ses amours d'antan et d'aujourd'hui, lui parler de l'importance de certains regards qui peuvent bouleverser une vie.

Soudain, le jeune homme le saisit à l'épaule en s'écriant :

     -"Vous l'avez entendu, vous l'avez entendu !"

Ghislain n'avait rien  entendu, préoccupé sans doute qu'il était par les paroles de son interlocuteur.

Celui-ci reprit :

     -"Le rossignol, oui, le rossignol, il vient de vous répondre."

Effectivement, à deux pas d'eux, plus près que les cigales, plus près que le chant de la rivière, un rossignol chantait gaiement ses amours comme en écho des amours de Ghislain et de son nouvel ami.

     -"Vous voyez, dit ce dernier, il faut être à l'écoute ;  le plus important, ce n'est pas ce qui s'est passé hier, il y a deux minutes ou demain, mais ce qui se passe précisément maintenant. Le "centre" est au coeur du présent et c'est là, là seul, que vous trouverez la Vérité et la Beauté totale."

Ghislain eut alors l'impression que jamais personne ne lui avait parlé avec cette force qui d'un coup avait balayé tous ses doutes.
Un reste d'esprit critique lui murmurait pourtant les dangers d'une telle rencontre.

     -"Peut-être, se dit-il, mais comment résister à un tel merveilleux ?"

(à suivre)



Ce récit dans le roman reprend l'histoire bien réelle de ma rencontre avec Jonathan que vous pouvez écouter dans un article antérieur : "Jonathan ...", le 7 août 2009.


Yvan Balchoy
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 10:26
Le directeur actuel de la CIA, le général Michael Hayden, selon une radio dite périphérique, a protesté contre la libération de l'accusé principal de l'attentat de Lockerbie pour raisons humanitaires (il souffre d'un cancer de la prostate à un stade terminal).
Bien entendu les auteurs d'un crime si odieux méritent la prison à vie. Je signale cependant que l'accusé condamné par un tribunal écossais a toujours protesté de son innocence ?
La plainte de ce directeur est d'autant plus mal venue que des rumeurs sérieuses impliquent la CIA dans certaines phases de préparation de cet acte criminel.  


http://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_de_Lockerbie

De plus ce matin, il nous est rapporte dans la presse que la  même CIA  n'a pas hésité à utiliser un chantage éhonté contre un des accusés de Guantanamo en menaçant de faire exécuter des membres de sa famille s'il ne coopérait pas avec les agents américains. Et des exemple comme celui-ci ne sont pas rares !



La réaction de ce général de la CIA qui n'est pas sans connaître les soupçons qui pèsent sur son organisation est celle d'un hypocrite:  point barre.



Yvan Balchoy
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Lundi 24 août 2009 1 24 /08 /Août /2009 22:29


A un moment donné, on traversait un village appelé Saint-Julien-le-Faucon, Léon ayant une panne à son auto, nous étions arrêtés en face d'une maison de belle apparence et Léon me donna l'idée d'aller sonner. Nous nous vîmes néanmoins reçus, et il nous fut dit que nous pouvions héberger une partie de notre monde pour un jour au moins car nous étions très fatigués.

Une démarche chez le curé de l'endroit et chez une vieille dame assura le logement du reste de la bande. C'était un village très agréable le, et nous pouvions prendre les repas dans un hôtel de l'endroit où il n'y avait nul réfugié mais où le tenancier était très amusant et nos repas bien préparés.

Il y avait aussi là, un notaire très aimable, qui nous donna l'adresse d'un de ses amis, architecte à Avranches, qui, d'après lui,  avait construit toutes les villas des environs et qui nous renseignerait bien sur ce qui serait libre ?

Je rencontrai à Avranches le père Arendt qui était fort mal logé dans les environs, mais je ne pus échanger que quelques mots avec lui. Sans doute la suspicion subsistait-elle encore dans son esprit ? Le curé me dit, après coup,  qu'il avait causé de moi au Père Arendt et que celui-ci avait simplement répondu qu'il me connaissait. Peut-être le curé ne m'a-t-il pas tout dit ?

Le séjour, à Saint-Julien-le Faucon, où Léon avait pu rendre service à la dame qui l'hébergeait, en conduisant celle-ci à sa banque à Lisieux (Léon put échanger ainsi quelques milliers de francs), nous a laissé un assez bon souvenir, mais ce ne pouvait être que du provisoire, et au matin, nous nous dirigions vers Avranches non point par la ville de Caen, mais par une autre route pittoresque mais très sinueuse, et qui nous parut terriblement longue.

Cette route passait par Condé, et nous arrivâmes ainsi à  ....à quarante kilomètres de Avranches? Nous étant arrêtés à cause d'une des multiples pannes de la Ford, qui chauffait à tout casser, nous fûmes bientôt entourés d'une petite colonie nouvelle : Adelin Gauthier et sa famille, les Guillaume du coin de la rue du Palais, etc... Le temps menaçait d'être orageux, et nous étions très inquiets. Apprenant que la route était en pente presque continuelle vers Avranches, nous décidâmes d'aller de l'avant et le soir notre faisions notre entrée à Avranches où un gendarme belge faisait le service à un carrefour.


(à suivre)


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Dimanche 23 août 2009 7 23 /08 /Août /2009 12:22




Hier, j'ai participé au cursus de l'université d'été du Parti du Travail de Belgique (P.T.B.) à l'Institut de Berlaymont à Waterloo, comme l'an passé. J'y ai retrouvé dans un cadre très accueillant un public très bigarré, jeunes et retraités en forme, un mélange très sympa de nationalités et surtout d'expériences  et d'engagements divers.





  L'attrait du marxisme est en hausse aujourd'hui dans notre société aux prises avec la crise concoctée par le capitalisme et ses pontifes dogmatiques qui continuent à nous tromper  à travers des journaux comme   Le Figaro, le Monde, le Soir etc....
etc...

Dans le thème choisi cette année "Pistes rouges pour sortie de crise", j'ai choisi  : "L'Amérique latine bascule à gauche" présenté par Michel Collon dont la compétence et l'engagement en faveur d'une plus grande justice internationale n'est plus à démontrer. 
En fait le cours s'est centré sur l'action de Chavez au Vénézuela et Michel nous a mis plus d'une fois à contribution.  Nous étions une soixiantaine d'auditeurs venus d'un peu partout Afrique, Europe, Amérique latine et sans doute j'en oublie.





Je voudrais vous présenter de manière succincte  l'analyse détaillée, critique et exigeante que nous a confié Michel.

Je vous invite pour commencer à vous procurer l'ouvrage que Michel Collon a consacré à l'expérience de Chavez et de ses amis : "Les 7 péchés d'Hugo Chavez" (Investig'Action - Couleurs livres)






Pour expliquer la situation tragique du Vénézuela aujourd'hui, Michel nous a rappelé les 7 fléaux de l'Amérique latine depuis l'arrivée des conquistadors.

Pillage des matières premières dès Cortes (or des Incas par exemple, puis toutes les mines d'or et d'argent exploitées sans égard bien sûr pour les populations indigènes.)

Pillage de la main d'oeuvre, quand les indiens n'ont plus suffi on a fait venir d'Afrique une autre main d'oeuvre sous forme d'esclavage.

Assassinat de l'agriculture. Nous sommes à notre époque. Les Mexicains consomment du maïs  cher venu, par exemple des USA,  tandis que leur maïs commercialisé par des multinationale est exporté à bas prix. En subventionnant leurs productions, (comme la Belgique et la France le font)  les multinationales ruinent les paysans du tiers monde.

Trahison des élites qui vendent leurs pays. Ainsi au Vénézuela les bourgeois dit "COMPRADORES" qui vivent souvent mieux que nos riches d'ici ramassent les richesses du pays et les mettent dans le circuits des pays industrialisés comme les USA et l'Europe dont ils font  économiquement plus partie que de leur pays.

A travers la Dette, des organismes comme le FMI ... paralysent complètement les possibilités de redressement économique de beaucoup de pays du Tiers-monde et en autres du Vénézuela.Tout est arrangé pour que cette dette soit remboursée des quantités de fois via des intérets énormes et un vrai chantage est exercé sur l'économie du pays pour concéder au pays une diminution  relative de sa dette.


Les Privatisations qui sont souvent forcées (officiellement pour diminuer le poids de la dette) font que des biens naturels et essentiels comme l'eau, la nourriture ne sont plus fournis aux habitants de plus en plus pauvres qu'à un prix de plus en plus élevé ce qui produit une misère sans nom pour la très grande majorité de la population qui vit sous le règne de la pauvreté (moins de 2 dollars par jour) ou de l'extrême misère (moins de 1 dollar par jour)


Enfin ce que Sarkosy appelle avec cynisme  "l'immigration choisie":  le  pillage  des cerveaux. Les intellectuels formés par le pays d'origine sont recrutés à pont d'or (par rapport à ce que leur pays peut leur offrir) et viennent se mettre au service des  pays  les plus riches pour les enrichir encore au détriment des pays pauvres.

Tels sont les 7 pillages ou fléaux  qui expliquent pour l'Afrique par exemple, pour l'Amérique Latine une situation économique que nos politiciens attribuent  cyniquement à l'indolence ou à la paresse  des populations.




Dans le cas du Vénézuela, l'exploitation du pétrole offre à ce pays une porte de sortie qui n'a jamais été vraiment utilisée avant Chavez.

Tout d'abord, ce sont des compagnies étrangères qui se sont fait attribuer cette exploitation et tous les bénéficesont servi à  enrichir les pays capitalistes dont elles émanaient. On a bien décidé,à la fin du siècle dernier,  une sorte de "nationalisation" du pétrole mais en fait, par toutes sortes d'artifices,  aucun bénéfice ne revenait au pays et seule une toute petite frange des Vénézuéliens en profitaient et cet argent était souvent dépensé à Miami et aux "paradis" du Capitalisme.


Quand Chavez vient au pouvoir démocratiquement,  il va changer cela et en peu de temps le pétrole rapporte plus de 26 milliards de dollars au pays. Cette manne va lui permettre d'abord timidement puis maintenant plus audacieusement d'améliorer le sort des plus fragiles en alphabétisant les plus pauvres, en pratiquant par exemple avec Cuba un troc pétrole-médecins qui va permettre à beaucoup de vénézuéliens d'accéder à une médecine de qualité.

Il ne faut pas s'étonner que Bush ait tout tenter pour chasser du pouvoir Chavez à travers les bourgeois c"ompradores" qui trahissent économiquement leur pays. Ils ont failli réussir une fois mais le peuple a fait revenir Chavez après quelques heures seulement. S'ils ont battu, plus tard,  Chavez de justesse dans une consultation populaire, le Président s'est incliné  alors démocratiquement. 

Bien entendu tout ce que fait Chavez, appelé avec mépris "populiste" par notre presse asservie à ces multinationale qui exploitaient le pays, est dénigré par nos médias qui en font un quasi dictateur.

S'il a demandé de pouvoir se représenter aux élections, s'il a modifié la constitution avec l'aval du peuple, il a introduit pour le peuple  la possibilité inouie  de révoquer les mandataires publics du maire, au  gouverneur jusqu'au président à mi- mandat.  Je voudrais bien qu'il en soit ainsi dans nos pseudo-démocraties où quand un pays refuse un traité comme la France, Sarko le lui impose d'une façon honteuse et détournée.

Si vous voulez approfondir ce qu'ici je résume à gros traits, je ne puis, une fois encore,  que vous conseiller d'acheter l'excellent ouvrage de Michel Collon,  de commander aussi, par exemple,  une excellent dvd  "Bruxelles- Caracas de Vanessa Stojilkovic dans lequel aux interrogations et questions des Européens,  des Vénézuéliens pro ou contre Chavez répondent à des questions comme celles-ci

Comment nous informe-t-on sur le Vénézuéla ?
Pourquoi Bush voulait-il abattre Chavez ?
L'argent du pétrole doit-il servir les Multinationales ou permettre au pays des programmes sociaux audacieux ?
Où va le Vénézuéla ?
 Vous pouvez demander ce dvd en français ou en espagnol ...à l'adresse  (10 euros)
nessa.kovic@skynet.be.


En fin de journée,  les auditeurs de ce cours, divisés en autant de groupes que de composants socio-économiques dans la société vénézuélienne (paysans, compradores, secteur informel etc...),  ont tenté de se mettre à la place de chacune pour choisir une stratégie de combat politique. J'ai eu la chance de faire partie de celle qui "représentait Chavez" et la mise en commun fut passionnante.
J'espère vous en donner bientôt un écho plus détaillé dans ce blog.

En conclusion, nous avons mieux compris combien les dés sont pipés dans la confrontation économique entre les pays riches, pilleurs  et "voleurs" et les pays pillés et endettés.

La richesse du pétrole, la volonté de libérer son pays des traités qui l'ont vendu à l'étranger font  de l'expérience de Chavez un test décisif sur la possibilité de changer  notre monde dominé par un impérialisme sauvage en le remplaçant par un dialogue respectueux et gagnant gagnant entre tous les peuples de notre humanité. 




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