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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /Oct /2009 21:12




Mon Papa, dont j'ai tenté hier de vous faire écouter une cassette qu'il nous a laissée avec bien d'autres pour raconter sa riche vie était en 1929 (au temps de Lyautey, je pense) au Maroc où il travaillait comme co-dirigeant d'une exploitation agricole. Vous le voyez ici, habillé en marocain à 25 ans.  Il m'a raconté que pour visiter un jour une ville interdite aux Européens, il s'était déguisé en "marocaine". CHUT ! Je ne sais pas s'il y a prescription !


Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
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Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /Oct /2009 10:05

Le dix-sept juillet, de bon matin, nous étions prêts, tout le monde était dans les voitures, nous n'attendions plus que celle de Claeys, garée dans le dessous du village, il arriva pour nous apprendre que les gendarmes s'opposaient à notre départ, menaçant de parquer les voitures si nous faisions un tour de roue. Nous eûmes beau parlementer, demander qu'on nous laisser courir notre chance, rien n'y fit,  et on avait soin d'ajouter que c'était dans notre intérêt, d'autant plus que la défense de passer étant plus rigoureuse que jamais, nous serions innévitablement parqués à Rochechouard, ou à Saint Julien.

En désespoir de cause, nous déchargeâmes les voitures et annonçâmes à Monsieur le Doyen, que nous étions encore ses hôtes obligés. Dès le lendemain matin,  bien que je fusse excessivement fatigué, je partis pour Limoges près de mes collègues et appris qu'à Limoges la route était libre, que les voitures belges passaient mais qu'on ne savait pas si on ne les parquait pas plus loin ; et à la préfecture, on continuait à m'affirmer que l'on pouvait partir librement.
J'eus beau dire que la gendarmerie me défendait de quitter Oradour, Monsieur And. , un des français dont j'ai gardé le plus mauvais souvenir, me congédia en continuant à me dire que j'étais libre et que je n'avais pas besoin de papiers alors qu'il savait bien qu'il n'en n'était rien. Rentrant à Oradour, et bien décidé à ne pas me laisser faire plus longtemps, j'abordai le commandant de gendarmerie qui me dit que les ordres restaient toujours les mêmes. Je lui fis observer que je ne pouvais plus rester plus longtemps à Oradlour où l'on ne pouvait plus continuer à m'héberger plus longtemps, et puisque la route vers Rochechouard était interdite, je lui demandai s'il me défendait aussi d'aller vers Limoges, où je pouvais trouver du logement.

Ce commandant était très convenable. Il me répondit qu'il ne savait plus ce qu'il devait me permettre ou me défendre, et qu'en tout cas, il fermerait les yeux sur mon départ pour Limoges. Un des gendarmes nous indiqua même un chemin par lequel je pourrais atteindre Limoges, sans me heurter à un piquet de gendarmerie. Je le remerciai, bien que je n'eus nullement l'intention ni de suivre ce conseil, ni d'aller à Limoges. J'avais constaté sur la carte, qu'en déviant de neuf kilomètres vers Limoges, je tombais sur des routes parallèles à celles que j'aurais du prendre pour arriver à Bellac et de là à la ligne de démarcation.

(à suivre)

Yvan Balchoy
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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /Oct /2009 10:42
2) La Liberté, affirmation de soi.

Dostoïevski parle souvent de cette seconde forme de liberté qu'il qualifié de "vraie", pleine et entière.
Alors que la liberté-choix fait partie inhérente de la personne humaine, dès que celle-ci accède au stade de la conscience, la liberté en tant qu'affirmation de soi dev
ient un but à atteindre, un état à réaliser au prix de bien des efforts.

Cette liberté s'accomplit en trois étapes ; l'homme doit d'abord se réaliser, être lui-même, sans quoi, aliéné intrinsèquement il reste esclave de la nécessité. Cette première phase  pourrait être qualifiée de nature plutôt "statique".
Mais l'homme est un être essentiellement dynamique
, il doit viser son propre auto-perfectionnement, car la personne se définit aussi par sa capacité de progrès indéfini.
Enfin ce perfectionnement débouche sur la relation aimante à autrui que caractérise le sacrifice, force suprême de liberté, parce que suprême réalisation de soi-même. (1)

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L'étude à ce stade sera purement descriptive. Nous réserverons au chapitre IV de cette étude une réflexion plus approfondie sur la nature de la liberté humaine.
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A) LA LIBERTE AUTONOMIE

Cette liberté a été authentifiée par Dostoïevski lui-même. Dans un article de polémique antibourgeoise, le romancier signale avec une certaine commisération que pour les bourgeois la liberté de conscience (svoboda sovest) et d'opinion est la première de toutes.

La vraie liberté, pense l'écrivain,  est tout autre chose. Il a souvent tenté de la définir  en son nom propre aussi positivement que possible en qualifiant sa  conception de liberté de "vraie" et entière".
D'une façon générale, ces textes ne présentent pas la liberté comme une propriété native, nécessaire et inséparable de la nature humaine. ils la présentent plutôt comme un perfectionnement à acquérir.
Un point de départ intéressant nous est fourni par l'"Adolescent" ; on y retrouve le caractère fougueux et quelque peu désordonné du jeune Arkadi. (2)

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(2) Il s'agit là de l'adolescent lui-même
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"Je n'ai pas besoin de l'argent, ou plutôt ce n'est pas de l'argent que j'ai  besoin ; ce n'est même pas de la puissance ; j'ai besoin seulement de ce qui s'acquiert par la puissance et ne peut s'acquérir sans elle : la conscience calme et solitaire de sa force ! Voilà la plus parfaite définition de la liberté sur laquelle se bat tant de monde. (3)

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(3) L'Adolescent, page 95
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S'il faut en croire le jeune garçon, la "SVOBODA" implique avant tout l'apaisement et la domination de soi au sein de la conscience ; idée que corrobore d'ailleurs une affirmation de l'écrivain consacrée au problème de l'art dans le périodique "LE TEMPS" en janvier 1861. Se faisant le porte-parole des partisans de l'art pour l'art, vis à vis desquels il éprouve une certaine sympathie, il note : "L'art exige une complète liberté, mais la "SVOBODA" n'existe pas en dehors du calme (toute agitation n'est déjà plus liberté) (4)
Cette conviction chez lui date de sa jeunesse puisqu'il écrivait déjà à son frère en 1839 :

     -"Mon seul but, c'est d'être libre...Mon âme est innaccessible aux anciens élans tumultueux. Tout y est calme comme au coeur d'un homme recélant un secret profond" (5)

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(4) Journal d'un Ecrivain, page 54
(5) Correspondance de Dostoïevski, tome I, lettre 13
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Cette liberté inclut tout d'abord la possibilité concrète de s'affirmer dans cette "indépendance" qui sert de joint entre la liberté première, initiale et sa forme finale.
C'est pourquoi Dostoïevski utilise plusieurs termes pour désigner tantôt négativement, tantôt positivement, cette autonomie de la personne présupposée par la liberté authentique.


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Yvan Balchoy
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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 10:43
Dans plusieurs de ces réunions, il fut aussi noté qu'il avait été possible jusque là d'établir un contact entre le gouvernement réfugié à Vichy et les Allemands et le roi lui-même. Aucune réponse ne parvenait, et l'on avait l'impression que c'était un silence voulu. Je n'avais pas été à Limoges à la réunion, et sans  vouloir désapprouver les sentiments de mes collègues parlementaires que je comprenais fort bien, je n'avais pas été sans regretter l'emploi dans la Déclaration de Limoges de certains termes que je trouvais excessifs.

Je sus que le vote avait été enlevé comme toujours à la suite de certains discours enflammés et que si l'on avait dû voter à nouveau une demi heure plus tard, le vote n'eut pas été tout à fait le même. Malgré tout, je trouvais dans cette atmosphère de Limoges que certains de ces parlementaires les hauts, avaient bien soin de ne plus y venir et paraissaient peu corrects.

On avait été trop loin peut-être, mais il y en avaient qui auraient facilement dépassé les mesures, semblait-il en sens contraire. Quant à moi, dès ce moment,  j'avais fixé mon opinion et je ne pensais plus comme en Bretagne. Mieux averti, j'avais corrigé certaines parties de mes jugements mais pour le surplus, je pensais alors au sujet des évènements de Belgique, ce que je ne cessais de penser depuis lors.

Je veux croire que dans ces diverses entrevues entre le Roi et ses ministres, il y eut bonne foi de part et d'autre mais il n'en n'est pas moins certain qu'il y avait eu erreur de l'un des côtés ou de l'autre et à ce sujet, le doute à mon avis n'était point permis.

Beaucoup de parlementaires désiraient rentrer en Belgique. Ils étaient arrêtés comme moi par le défaut d'essence. Alors, à mon  dernier voyage à Limoges, j'appris que l'on avait fait par l'intermédiaire du maire de Limoges une demande à Vichy pour obtenir un bon collectif d'essence.

On m'inscrivit après coup, mais ceci se passait vers le seize juillet et je renonçai à aller voir ce qui en advint, car le dix-huit, quand je me rendis pour le dernière fois à Limoges, la réponse n'était pas encore parvenue. Notre désir était donc de partir au plus tôt. Péniblement nous avions grappille un peu d'essence par ci par là, et un certain monsieur Mo., gantois établi à Lille depuis l'autre guerre, réfugié comme nous à Ouradour, avait pu nous en procurer un peu, et dès le seize juillet nous décidions le départ pour le lendemain dis-sept, ayant, sauf accident,  assez d'essence pour atteindre la ligne de démarcation, voir même aller cinquante kilomètres au-delà.

(à suivre)

Yvan Balchoy
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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 12:11


Il se sentait homme de parole et n'entendait pas se dérober à l'engagement pris lors de sa sortie de la "FLEUR DE LOTUS". Mais il le ferait sans conviction et presqu'à regret.

Il fallait qu'il en discute avec Marthe. Elle devait avoir se petite idée sur le sujet aussi. De toute façon, il ne pouvait rien faire avant qu'on ne lui fasse signe. C'était à ceux de se manifester. S'ils oubliaient de le faire, tant mieux !

Au souper, il se rapprocha de Marthe et lui fit signe qu'il désirait manger à ses côtés. D'un sourire gracieux, elle acquiesça et il s'assit à sa doite.

Si on avait demandé  à Ghislain, au sortir de la table, le menu du repas, il aurait été bien incapable d'en dire quoi que ce soit, tant la joie d'être aux côtés de son amie et de converser avec elle, avait monopolisé toute son attention.

Tout joyeux, il lui proposa une promenade dans la forêt qui entourait la maison commune.

Bientôt, ils se retrouvèrent tous deux, bras dessus, bras dessous, sur un petit chemin forestier qui leur semblait n'aller nulle part sinon peut-être au bout de leur bonheur.

Peu à peu Ghislain sentit grandir en lui le besoin d'exprimer à cette femme, qui lui avait tant apporté déjà, la tendresse teintée d'admiration qu'il ressentait.

Il déposa avec respect un premier baiser sur son front, mais bien vite, ses lèvres cherchèrent les lèvres de son amie qui ne se déroba point.

Pourtant, à l'occasion de cette première rencontre, ils se contentèrent de ressentir à travers leurs vêtements la fièvre de leurs corps inassouvis.

Rentrés à la porte de la Communauté, ils eurent un moment d'hésitation. Mais Ghislain devinant l'émotion de son amie, s'arracha à ses bras un peu brusquement.

     -"Demain ou après-demain, nous pourrons nous donner l'un à l'autre  et non seulement nous accoupler après un si long sevrage? Ce sera tellement mieux, tu sais.

Marthe en lui rendant un sourire un peu humide, lui prit simplement la main en guise d'adhésion et disparut au fond du couloir, tandis que son compagnon,  tout pensif regagnait, un brin mélancolique, sa chambre.

Il lui fallut un temps fou avant de réussir à s'endormir. Il restait focalisé par son amour pour Marthe, ne pouvant s'empêcher de rêver à cette nuit qui serait bientôt leur nuit.

Tout à coup, cette harmonie à mi-chemin entre sentimentalisme et érotisme fut comme brisée désagréablement par une constatation qui vint le troubler.

Marthe et lui venaient de passer une soirée complète ensemble. Tous deux avaient à remplir ici une mission capitale et ils leur fallait se mettre d'accord sur la manière de procéder. Pourtant pas une seconde de cette soirée  ils n'avaient pensé à leur raison d'agir en cette nouvelle communauté.

C'est comme si en rentrant dans la Communauté du SALUT, ils étaient entrés dans une autre planète, une autre ère où tout redevenait neuf.

Dans ce nouvel univers, le passé, proche ou lointain semblait mort, englouti au regard de cet amour tout neuf qui les cimentait, car même leur tendresse d'hier semblait exilée dans une lointaine galaxie.

Certes Ghislain reconnaissait en la Marthe qu'il côtoyait ici dans le midi, l'artiste qui lui avait tant apporté à Liège ainsi que - c'était plus fort que lui - cette mystérieuse Solange, rencontrée à l'occasion de l'accident de chemin de fer de Huy, elle qui fut la première femme qui bouleversa sa jeunesse.

A vrai dire, il lui aurait été difficile d'expliquer rationnellement ses conviction relevant davantage de l'intuition de que la raison.

Une chose en tout cas lui paraissait sûre : sa vie demain était inimaginable sans Marthe. Encore fallait-il qu'il en discute sérieusement avec son amie. Ce serait chose faite pas plus tard que le lendemain. Il s'y employa sérieusement en la retrouvant après le déjeuner :

     -"Marthe, ne pensez-vous pas qu'il est temps pour nous deux d'envisager l'avenir ?"

     -"Oui, Ghislain, mais nous n'avons pas encore reçu signe du "LOTUS" Il nous faut attendre encore quelques jours sans doute."

Ghislain n'en croyait pas ses oreilles. Alors que lui pensait exclusivement sentiments, amour, Marthe,  restée encore imprégnée de l'influence néfaste de la "FLEUR DE LOTUS", envisageait encore d'exécuter leur sinistre mission sans état d'âme. Le garçon en était un peu déçu pour elle ou d'elle, sans doute un peu les deux à la fois.

Du coup, toute son envie de forger son destin avec Marthe,  s'émoussa quelque peu. Mais il avait encore moins envie de reparler de cette communauté qui, il s'en rendait compte de plus en plus, l'avait dupé sur toute la ligne. Il éluda donc la question de son amie comme elle-même, sans le vouloir, avait éludé la sienne.

     -"Ecoute, Marthe, tout compte fait, je me sens un peu fatigué ce matin. Nous en reparlerons plus tard, bonsoir.

(à suivre)

Yvan Balchoy
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /Oct /2009 09:54


J'avais beau dire à ce sous-préfet, And. que dans la sous-préfecture de Rochechouard, on nous défendait de nous en aller, il nous affirmait mensongèrement que toutes les routes étaient libres et que nous n'avions besoin d'aucun papier.

Bref on se payait notre tête, et le seul but de ces manoeuvres était de mettre des obstacles à notre rentrée en Belgique. J'en cherchai le pourquoi et je crus qu'il fallait le trouver dans l'attitude des Allemands qui laissaient passer les Belges à la ligne de démarcation et retenaient les Français.

Il y eut en effet, pendant des semaines, des milliers de pauvres français qui furent immobilisés sur les routes avec leurs autos dans des conditions les plus dures au point de vue ravitaillement et je pense que les français se vengeaient sur nous en nous empêchant de partir, en parquant les Belges avec plaisir ou en leur défendant de partir du lieu de résidence. Je note que dès le commencement de juillet, les Magnel et les Storrer (1) étaient passés à Oradour munis

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Jeanne storrer était la fille de Léon Legrand et donc ma tante.
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d'un laisser-passer leur délivré par les Allemands, et ceux-là, les français n'osaient pas les arrêter grâce à la crainte que leur imposait l'Allemand. Je leur conseillai de se diriger vers Saint-Aignan tout en me demandant s'il ne leur arriverait pas d'incident, et si les français entre Ouradour et Saint-Agnan se montreraient aussi têtus que ceux entre Bordeaux et Oradour.

J'appris que le passage s'était fait sans aucune difficultés, par des lettres que Jeanne réussit à m'écrire de Saint-Aignan et d'Orléan mais ces lettres eurent un certain retard, surtout celle de Saint-Aignan parce que sur celle-ci, Jeanne avait indiqué son adresse inexactement ainsi que son département. Je n'allai pas moins de huit à neuf fois à Limoges et y assistai à plusieurs réunions de parlementaires.

On était une trentaine car les autres s'étaient égaillés un peu partout. J'assistai notamment à une séance où vinrent s'expliquer Messieurs Gillon et Van Cauwelaert qui avaient disparu assez brusquement de la circulation.  Ils avaient fait un long circuit dans le midi de la France, et en Espagne même, et nous arrivaient de Vichy. On y parla de la fameuse déclaration de Limoges, tous reconnaissaient que les Belges avaient été trompés par Monsieur Reynaud quant aux circonstances dans lesquelles s'était faite la capitulation.

(à suivre)

Yvan Balchoy
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Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /Oct /2009 11:18
Monsieur le président de l'UMP, bonjour.

Vous étiez jusqu'à présent sans conteste le président des riches de France comme vous l'avez montré à tous en vous exhibant au Fouquet's le soir de votre élection et surtout en instituant ce scandaleux bouclier fiscal qu'on pourrait traduire par "non" à la liberté" (pour les plus faibles, comme ces malheureux accidentés du travail, blessés souvent par l'égoïsme des puissants, que vos osez agresser), "non" à l'égalité" (c'est la richesse plus souvent mal que bien méritée qui fait trop souvent élire face à des plus méritants , "non" à la fraternité" (nous l'avons vu à Calais ou avec l'aide d'une homme traître à lui-même et à ses écrits passés, vous renvoyez de pauvres gens dans un pays que vous contribuez à mettre à feu et à sang, quelle hypocrisie)

A l'aide de votre majorité servile, bêlante et courtisane vous désignez ou faites désigner comme le meilleur pour gérer les richesses souvent "faisandées" du quartier de la Défense votre fils de 23 ans qui en matière politique ou autre n'a pas toujours brillé par le courage. Je me rappelle une affirmation d'amitié à la TV "à la mort" à un de ses amis trahi presqu'aussitôt....

Comme une femme courageuse l'a dit, votre fils va occuper un poste et toucher un salaire prestigieux surtout parce qu'il porte votre nom. Un Mahomet, bardé des plus beaux diplomes du monde n'aurait aucune chance.

Oui comme le disait le poète il y a aujourd'hui quelque chose et même beaucoup de choses pourries dans le "royaume ?) de France. Je vous conseille de consulter n'importe quel dictionnaire pour prendre connaissance du sens du mot "NEPOTISME".

Monsieur, vous êtes riche, vous aimez les riches, les très très riches, dont Marx a justement démontré qu'ils n'étaient rien d'autre que les exploiteurs de l'humanité.

Vous ne rendez pas service à Jean en le mettant si jeune si haut dans cette jungle de l'égoïsme.

Certes vous êtes le Président élu légitime des français (comme un triste élu allemand l'a été autrefois, vous l'avez souligné vous mêmes), vous être très riche, pas tellement d'argent mais d'ambitions et de relations dont je préfère rester à distance, cela ne vous empêche pas dans ce monde de la générosité dont l'Abbé Pierre fut un géant, d'être un nain et un pauvre homme.

Je vous le dis humblement car je suis loin de réaliser l'idéal auquel j'aspire.

Je vous rappelle cette vivifiante phrase de Roger Garaudy (qui vaut bien plus ce que le communautariste CRIF en pense, même si comme vous je suis horrifié par la Shoa'h) à propos du Christ : "Chacun de nous peut à chaque instant commencer un nouvel avenir".

CHICHE !



Yvan Balchoy
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Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /Oct /2009 18:37


JEAN SARKOSY

Il a 23 ans, encore étudiant (?) en droit, il s'appelle Jean Sarkosy de Nagy-Bocsa.  Ceux qui croient que c'est seulement grâce à ses mérites que ce jeune homme, prêt à tout, je dis bien à TOUT,  pour réussir,  y compris trahir sa parole politique pourtant affirmée en public,  va obtenir à son âge de présider l'Etablissement public d'Aménagement du quartier d'affaires de la Défense et ne le cachons pas une belle rémunération, croient encore aux fées.
Je l'entends encore dire à la télé de son président de section  "je l'appuierai jusqu'à la mort". Mort, il y eut, politique certes, pas la sienne mais celle de son ami trahi. J'appelle cela une saloperie.

Ce jeune homme est connu par les heurts de son vélo-moteur.
Quand , un jour,  il lui fut dérobé, on mobilisa les forces policières de Paris comme s'il s'agissait du kidnapping d'une personnalité politique de premier choix. Croyez-vous que son nom n'est pas la clé de cette énigme ?

Quand un autre Parisien, anonyme,  vu sa voiture abîmé par un cyclomoteur qui prit la fuite et  dont il nota la plaque d'immatriculation, il n'eut pas de chance car cette plaque était, lui a-t-on dit,  celle du fils  soit du ministre de l'Intérieur, soit du Président de la République, selon  la date. Malheur à cet homme d'avoir cru à la justice de son pays et donc d'avoir porté plainte contre le propriétaire de cette plaque minéralogique. En France, la séparation entre l'exécutif et le judiciaire a des limites et une de ces limites pour moi s'appelle Sarkosy. L'automobiliste fut donc condamné pour défaut de preuve et x dut payer des dépens pour un délit qu'il avait subi.
S'il le vélomoteur avait été piloté par un"Mohamet" et l'automobiliste s'était appelé Sarkosy, je suis prêt à parier que le jugement aurait été  tout différent.

Monsieur Sarkosy, regardez dans n'importe quel dictionnaire ce qu'est le "NEPOTISME"; vous verrez,  c'est très instructif.
Je conclurai ce petit article concernant un jeune homme peu intéressant mais brillant comme un faux diadème par ce propos justifié de Madame Cécile Duflot, des Verts, "Tout le monde plia parce q'il a le nom qu'il A"




BARACK HUSSEIN OBAMA


Je vous avoue que je suis très heureux  en revanche que le prix Nobel de la Paix soit attribué au successeur du "boucher" Bush.
 Lui, le mulâtre  qui il y a quelques dizaines d'années, aurait pu être lynché par le Ku Klux Klan ou assassiné à Soweto par les "boer" racistes d'Afrique du Sud est aujourd'hui en un sens la première et plus importante personnalité de notre humanité.

Ceux qui reprochent au nouveau Prix Nobel de ne pas avoir encore mérité son prix ne comprennent pas que le miracle "Obama", c'est de voir un Noir (même s'il ne l'est pas à 100 %) américain  devenir Président des USA, ce qui semblait irréalisable il n'y a pas longtemps.

Bien entendu il n'a pas encore réalisé ses ambitions; ceux qui lui reprochent de vouloir un régime de santé acceptable et honorable pour tous les américains appartiennent à des lobby aussi injustes que puissants mais il est clair qu'il a raison que que demain lui rendra justice comme à Luther King.
Dans la lettre qu'il m'a écrit, il y a plus d'un an , répondant à mes question précises sur le Moyen Orient,  j'ai vu l'amorce d'un retournement   plus juste de la politique du plus riche des Etats du Monde vis à vis d'un autre état, allié certes des USA, mais à la politique internationale et humaniste  imbuvable. (1)


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"Dear Friend,
 
Thank you for contacting me about the Israeli-Palestinian conflict. I appreciate hearing from you on this important issue.
 
I traveled to the Middle East in January 2006, where I met with both Israeli and Palestinian leaders, as well as ordinary citizens in both communities. This visit increased my understanding of the challenges that confront the people who live in the region and our diplomatic efforts there, but also my resolve to make a difference.
 
The best solution to this difficult conflict is two states living side-by-side in peace and security. I believe the vast majority of Israelis and Palestinians support this outcome. What is needed is a far more vigorous U.S. diplomatic effort to help them achieve it. But the current administration has sat on the sidelines for far too long. As president, I would make a personal commitment to this effort.
 
Israel is our closest ally in the Middle East, and we are obligated to help ensure its security. A negotiated peace with the Palestinians would make Israel more secure and allow the Palestinians to achieve their goal of an independent state. We should be doing more to strengthen Palestinian leaders who support a two-state solution, isolate those who seek Israel's destruction, and help the two sides reach negotiated solutions to all outstanding issues.
 
An agreement that fulfills the legitimate aspirations of both the Israeli and the Palestinian peoples is the only path to peace, and I will continue to work toward this end.  Thank you again for contacting me on this issue.
 
                                                            Sincerely,
 
                                                            Barack Obama



Pour ceux qui ne comprennent pas l'anglais en résumé Barack Obama rappelle un voyage au Moyen Orient qui l'a persuadé que la solution réside dans la cohabitation de deux états. Il est donc persuadé que la politique des USA immobiliste sous la Présidence de Bush doit changer et s'y engage s'il est élu.
Il est persuadé que la majorité des Israéliens et des Palestiniens veulent la paix.
Il rappelle qu'Israël est le meilleur allié des USA dans la région  et donc que sa sécurité est un "must" pour son pays. Mais pense-t-il l'établissement de deux états pacifiques  en Terre Sainte est la meilleure sécurité pour Israël.
IL veut renforcer l'aide pour les Palestiniens partisans de la cohabitation de la Palestine et Israël en voulant "isoler"  ceux qui veulent la destruction d'Israël  (Le Hamas clairement visé)
La seule solution est donc de trouver une solution qui puisse satisfaire les aspiration des deux peuples et il veut con tinuer d'agir dans ce sens.


NOTE D'YVAN BALCHOY
A remarquer que Barack Obama est plus que discret sur les moyens de satisfaire les deux peuples et qu'il ne dit mot de ce qu'il avait préconisé devant un public Juif Américain: le maintien de Jérusalem comme seule capitale d'Israël !  INNACEPTABLE

Je vais répondre à ce message  du 12/7/2008 qui fait suite à un de mes envois du mois de juin. Si certains d'entre vous ont des suggestions à me faire à propos de cette réponse dans les trois jours qui viennent, je leur suis d'avance reconnaissant. Bien entendu je publierai cette réponse sur ce blog."

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Je trouve que l'élection d'Obama est déjà  en soi une révolution fondamentale dans l'histoire de l'humanité. Bien entendu  il n'a jusqu'ici présenté qu'un projet qui est vraiment l'antithèse de celui de son prédécesseur. J'ai bon espoir et plus encore qu'il réalisera peu à peu, si Dieu ... et les Américains lui prêtent vie, une grande partie de généreuses et justes ambitions.
La sages d'Oslo ont fait un bon choix non en récompensant un homme de ce qu'il a déjà fait mais en reconnaissant que sa nomination ouvre en quelque sorte une nouvelle ère dans les relations humaines.

Oui alors que Jean Sarkosy n'est, jusqu'ici, qu'un triste petit  fils à papa, que je souhaite vivement ne pas rencontrer sur mon chemin, Obama ne doit rien qu'à lui-même et sans doute aussi à son épouse  et à sa force de caractère qui lui a fait presque réaliser l'impossible



YES WE CAN !

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Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /Oct /2009 13:34
CE MATIN,  SUR FRANCE INFO,  IL EST QUESTION D'UNE ECHAFFOUREE ENTRE PIRATES ET UN BATEAU MARCHAND PROTEGE PAR DES MILITAIRES FRANCAIS.

 BIEN SÛR PIRATER CE N'EST PAS BIEN DU TOUT, CA DOIT ETRE PUNI MEME S'IL FAUT EN MEME TEMPS  ANALYSER LES CAUSES DE CETTE DEMARCHE DE DESESPOIR.

 LE JOURNALISTE DE FRANCE INFO A CONCLU  LE RECIT DE CET EVENEMENT EN DISANT : "ON NE DEPLORE PAS DE VICTIME FRANCAISE".

C'EST A MES YEUX LE DEBUT DU RACISME ORDINAIRE !


(écrit à  partir de mon mobile)

Yvan Balchoy
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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /Oct /2009 22:59
"Bertrand Delanoë, a remis, jeudi 8 octobre, à Noam Shalit le diplôme de citoyen d'honneur de la Ville de Paris décerné à son fils, le soldat israélien Gilad Shalit, retenu en otage dans la bande de Gaza depuis plus de trois ans"

Je trouve regrettable et même plus que le maire de Paris accorde à un soldat israélien, capturé de façon tout à fait légitime, même si c'est  cette capture a eu lieu sur le territoire d'Israël.

Si le seul fait d'être de nationalité française fait de lui un citoyen-prisonnier  d'honneur, il est probable que dans les tortionnaires du peuple Palestinien à Gaza il y a quelques hommes d'honneur selon le Maire de Paris que je ne suivrai pas sur un tel chemin de déshonneur et d'injustice.

Quand nos résistants capturaient en Belgique ou en Allemagne des soldats allemands ils faisaient tout simplement acte légitime de résistance contre un envahisseur et personne ne peut nier que les sionistes occupent contre les lois internationales la Palestine. (Cisjordanie et Jérusalem est)

Quand on sait que des milliers de Palestiniens, parfois des enfants sont enfermés dans des geôles sans doute autrement dures que celles du Hamas, l'attitude du Maire de Paris apparaît comme un geste de chauvinisme envers un jeune homme, dont bien sûr je souhaiterais la libération mais pas avec plus de hâte que celle des milliers de héros Palestiniens retenus en Israël. (je ne dis pas que tous ces prisonniers sont des héros mais beaucoup le sont !)

Je sais qu'en Belgique, en particulier à Antwerpen, des israélo-belges n'hésitent pas à aller faire des périodes militaires en Israël et qu'ils se vantent parfois d'y avoir abattu des Palestiniens. A les écouter, on croirait des chasseurs qui rentrent le soir avec de bonnes prises. C'est vrai qu'entre Palestiniens et Israéliens, la disproportion des armes n'est pas loin de celle du chasseur et du lapin.

Si un arabe veut combattre les envahisseurs occidentaux en Afghanistan, on va l'arrêter  en Belgique ou en France comme terroriste, mais quand un israélo-belge va combattre en Israël on ferme les yeux. C'est injuste et honteux.

Non Monsieur Delanoë, le soldat Shalit est un membre d'une armée souvent  criminelle. C'est sans doute à cause de sa captivité qu'il n'a pu participer aux massacres de Gaza.  Ce n'est pas une raison pour en faire un citoyen d'honneur ou alors qu'on accorde ce même honneur à un franco-arabe  prisonnier parfois des nations occidentales par exemple à Guantanamo qui s'est battu en Irak ou en Afghanistan pour défendre  ces peuples injustement envahis.



Yvan Balchoy
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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /Oct /2009 19:11

Heureusement, continua le docteur S., je n'ai plus rien à dire pour Limoges où vient d'être nommé comme commissaire royal Monsieur Verwilghen, gouverneur du Limbourg.

Emile et Mabille reprirent le chemin pour Limoges où ils se perdirent dans l'obscurité et pour venir échouer de nouveau dans un porche d'hôtel, où ils purent enfin, dans des fauteuils d'osier, attendre l'arrivée du jour, et ils nous revinrent le lendemain absolument écoeurés de l'acceuil qu'ils avaient reçu à Cahors.

Passant à Limoges, Emile avait pu cependant prendre contact avec le Baron Verwilghen par téléphone et rendez-vous avec lui pour le lendemain. Nous retournâmes de nouveau à Limoges où je renonce à décrire les démarches chez le Préfet, ou plutôt chez son secrétaire en vue d'obtenir un peu d'essence afin de vaincre la résistance du maire d'Ouradour. C'est là que j'ai pu saisir sur le vif ce qu'il en était de la discipline en France.

Ayant dit au secrétaire que le maire devait certainement s'incliner devant un ordre du préfet, il me dit que c'était précisément le contraire, et que s'il insistait, le maire pourrait lui répondre comme il l'avait fait un jour en lui faisant savoir par téléphone, qu'il l'em.....

Le Secrétaire me conseilla d'aller tenter ma chance près du Sous-préfet de Rochechouard qui était en meilleurs termes avec le maire. Hélas pour aller à Rochechouard il fallait encore dépenser de deux à trois litres d'essence et nous en avions déjà trop peu. Le maire, à qui je demandai deux litres me les refusa catégoriquement alors qu'il en avait des milliers de litres dans les pompes et qu'il en usait largement pour lui-même.

Mais j'en reviens à notre voyage à Limoges, où nous parvînmes à toucher le Baron Verwilghen. Il se trouvait au Consulat de Belgique où il venait de s'installer, et fut pour nous l'amabilité même. Il nous donna tous les ordres de rejoindre que nous demandions, moi-même y étant compris avec ma famille. Le malheureux n'avait pas encore de cachet et le secrétaire du consulat ne voulait pas apposer le cachet du consulat sans la permission du consul qui était absent.

L'après-midi, le baron Verwilghen m'accompagna lui-même à l'hôtel de ville où nous devions toucher le consul. Il obtint la signature de celui-ci, et je pus alors, en courant, aller faire apposer le cachet du consulat de façon à ne pas rater le dernier tram pour Oradour. Inutile de dire que je n'ai jamais pu obtenir de la préfecture le moindre visa pour ces ordres de rejoindre.

Manifestement même le secrétaire du Préfet
  ne voulait plus me recevoir et chaque fois, l'on me dirigeait vers un certain sous-préfet du nom d'And. qui nous éconduisait et nous trompait sciemment.



(à suivre)

Yvan Balchoy
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 14:52



Ces gens étaient prêts à toutes les défections, et comme j'eus l'occasion de le dire plus tard à un officier allemand, si Hitler avait en cette question fait preuve de modération envers la France, l'Alsace Lorraine, les Français, dans l'état d'esprit du moment, et sous le réveil de leurs sentiments anglophobes, seraient passés sans coup férir dans le camp allemand. La paix de la France eût été assurée pour cent ans et les français depuis des mois se battraient contre les Anglais. Cela ne tarderait point avec les Allemands mais il a voulu précisément cette occupation pour ramener en France la réaction actuelle, qui d'après les on-dit est sérieuse et assez explicable. Donc, dès la première semaine de mon arrivée à Oradour, je me rendis à Limoges avec le docteur Mab. mais nous n'y séjournâmes ce jour que quelques heures car les journaux du matin annonçaient que le retour en Belgique était libre et nous avions hâte de rentrer à Oradour pour prendre nos dispositions.(1)

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(1) J'avoue être étonné et même un peu peiné par cette opinion de mon grand père qui se trompe, je pense,  surl'état majoritaire  de l'opinion française et surtout sur la personnalité de ce "fou dangereux" que fut Hitler incapable d'assurer une paix durable pas plus  à son peuple qu'aux peuples conquis souvent très cruellement par ses armées.
--------------------------------------------------------------
Hélas, pendant vingt-cinq jours, nous devions marcher de déception en déception, car, vu l'hostilité du maire,  nous ne pouvions décrocher d'essence directement. Mes fils auraient pu s'en procurer car les soldats en liquidaient beaucoup pour leur propre compte, mais étant Sénateur Belge,  je ne voulais pas m'exposer à  me trouver en mauvais cas, ce qui aurait pu rejaillir sur toutes les colonies Belges qui séjournaient en France. (2)

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(2) Après ce que j'ai dit à regret plus haut, je tiens à dire ma fierté d'avoir pour Grand Père une parlementaire qui refusa sa pension politique en affirmant que son mandat de sénateur n'était pas un métier. Certain hommes "politiques"  qui ont quitté récemment  leurs fonctions en exigeant ou même en acceptant des prébendes innacceptables surtout en période de crise devraient avoir honte de leur manière d'agir. Mon Grand Père, à son honneur,  avait une toute autre conception du mandat politique.
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On décrocha tant bien que mal quelques litres d'essence par ci, par là au cours de ces vingt-huit jours que nous passâmes à Oradour. Les ordres et contrôles se succédaient à jets continues. On publia un bon jour, que les fonctionnaires, magistrats, etc... devaient rentrer les premiers et pour cela devaient s'adresser aux commissaires royaux Belges à Cahors, compétents pour la région de Limoges. C'était un voyage impossible (quarante-trois kilomètres en tram). Nous y allâmes avec Emile, Mabille et Gilsoul. Le soir, tandis que nous retournions avec Gilsoul à Limoges, Emile et Mab. partaient de la nuit pour Cahors où ils arrivèrent dans la nuit opaque. Ils furent obligés de passer le reste de la nuit dans les fauteuils d'un hôtel où ils furent réfugiés.

Le lendemain, ils furent reçus grossièrement et les derniers par le famaux commissaire royal qui n'était autre que le doctaue S.  Il leur reprocha d'être bien pressés de retourner en Belgique, alors qu'ils avaient été si pressés d'en sortir. Emile et Mab. demandaient un ordre de rejoindre pour eux-mêmes, l'un comme fonctionnaire, l'autre comme médecin et essayaient d'en obtenir de même pour moi comme conseiller municipal. Il leur fut répondu qu'en ce qui me concernait, je n'avais pas à y compter, bien qu'on invoquât mon état de santé et la nécessité de voyager avec un médecin.

(à suivre)

Yvan Balchoy
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 10:19


CHAPITRE II  LA LIBERTE


Un examen attentif du terme "SVOBODA" (liberté) chez Dostoïevski révèle deux orientations distinctes. Voyons-les d'abord à part avant de tenter  si possible de les unifier.

1)  La liberté-choix ou la libre volonté

Assez fréquemment le mot "SVOBODA" équivaut à cette "svobodnaïa volia" dont nous avons déjà parlé (2)  L'accent est mis ici sur le choix ou plus précisément sur la possibilité réelle qu'a un sujet d'agir ou de ne pas agir, de dire "oui" ou "non" à une réalité à laquelle il est confronté.

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(2) libre-volonté : c'est le correspondant russe le plus proche de notre "libre arbitre" dans son usage courant.
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Ainsi dans "La Légende du Grand Inquisiteur", lorsque le Christ se voit critiqué par le vieux cardinal de Séville pour avoir axé sa religion sur la "SVOBODA" (3). L'Inquisiteur entend par là cette "svoboda sovesti"  qui recouvre à peu près le contenu de notre "liberté de conscience."

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(3) Pour l'interprétation de la Légende, cf. cette étude page, ... ; cf. également le commentaire de la tentation du Christ, page ...
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Le vieillard s'efforce de prouver à Jésus tout le mal qu'a fait à l'humanité la possibilité d'agir contre ses intérêts. Une expression très caractéristique, mise par Dosoïevski sur les lèvres de l'Inquisiteur, illustre bien l'importance du libre choix dans ce contexte.

Il oppose en effet la "VERA CHOUDESNAÏA" (foi inspirée par le miracle ou le merveilleux) à la foi libre "SVOBODNAÏA".

Satan et les juifs incrédules, groupés autour de la Croix, se sont fait les défenseurs de la première, tandis que Jésus,  affamé au désert, restait inflexiblement attaché à la seconde.
En cédant aux conseils de l'Esprit du mal et de ses disciples, le Christ aurait en effet acculé l'homme à le reconnaître pour Messie et Fils de Dieu en lui mettant sous les yeux une certitude contraignante au plan terrestre. Mais il aurait du même coup fait de ses fidèles de pauvres esclaves en les privant de cette liberté qu'il avait pour mission de leur faire connaître. (4)

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(4) Cf. "Les Frères Karamazov", éd. russe, tome I, page 334. On peut adjoindre à la "SVOBODNAÏA VOLIA" des expressions telles que 'GRAJDANSKAÏA" (liberté citoyenne) et "POLITICHESKAÏA" (liberté politique) svoboda, chères toutes deux au bourgeois occidental. 'Notes d'hiver sur des impressions d'été, page 141, ainsi que cette "POLNAÏA VOLIA" (liberté plénière) que revendique l'Adolescent, page 211
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Dostoïevski attache énormément d'importance à cette forme de liberté, conçue moins en son exercice que comme une potentialité. Il condamne surtout son absence, parce qu'elle est un préalable nécessaire à une autre forme de liberté, positive et réelle.
La liberté est, pourrait-on dire, la forme ou l'enveloppe, le "QUE" de cette liberté positive qui est le "QUID" que nous avons à préciser.

 

(à suivre)

Yvan Balchoy
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 10:14
 Au niveau proprement psychologique, Dostoïevski distingue la SOZNANE (conscience de soi et du monde) et le JELANE (désir) qui aiguillonne le coeur dans sa poursuite des valeurs morales et esthétiques.

De ces deux facteurs essentiels découlent les deux ordres où vont se ranger en s'écartant toujours davantage leurs homologues subordonnés.

Le plan de la conscience est dominé par la faculté qui perçoit et organise le réel terrestre : l'intelligence (oum). Elle scrute la vérité de l'être statique (ISTINA) pour vivre dan la vérité morale (PRAVDA).
En revanche, grâce à la conscience morale (SOVEST), les facultés affectives sont aptes à percevoir les valeurs morales et à s'y attacher.

Au-delà de ces centres "récepteurs" du réel et des valeurs, se nichent les deux facultés les plus irréductibles, le RASSOUDOK(raison raisonnante) et le KHOTENE (vouloir) qui représentent à l'état pur, pourrait-on dire, les ordres distingués plus haut.

Le RASSOUDOK évoque la raison objectivante, qui risque de traiter l'être humain comme un objet en en faisant un faisceau de déterminismes qu'on pourrait soumettre tout entier à l'emprise de la nature physique (PRIRODA).

 A une telle réduction s'oppose précisément le KHOTENE (vouloir) et la VOLIA (volonté) désireux de s'affirmer, au besoin à n'importe quel prix.

Envisagé à partir du RASSOUDOK, l'homme est un être purement "donné", tout fait ; son intelligence (OUM) est simple appréhension de la réalité extérieure ou de celle qui le conditionne intrinsèquement, ainsi que des liens nécessaires qui y existent.
Considéré sous l'angle du KHOTENE, il apparaît au contraire comme éminemment actif, "à faire", créateur en quelque sorte de soi, indépendant du réel, du rationnel et de ses lois, avec l'avantage, mais aussi les risques que nous avons vus lors de l'analyse de la "descente en enfer".

Le premier correspond plus spécialement à la nature abstraite (PRIRODA) ; il est inamissible et nécessaire.

 Le second (vouloir) est responsable en dernier ressort de la personnalité et en assure l'originalité. Nul doute qu'il soit un facteur anthropologique essentiel pour Fédor Mikhaïlovitch.

     -"Peu importe, si le palais de cristal existe dans les désirs ou pour mieux dire s'il existe tant qu'existent mes désirs" (1)

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(1) Le Sous-sol, éd. russe, page 399-400
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Il s'exprime d'une façon plus nette encore dans ses "Notes d'Hiver sur des impressions d'été" :

     -"A quoi sert l'intelligence (OUM) sinon pour obtenir ce qu'on veut" (2)

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(2) "Notes d'hiver sur des impression d'été", éd. russe, page 319 ; dans "LES DEMONS", l'écrivain signale que l'incroyance est généralement due à un manque de volonté bien plus qu'à une absence de foi. "On a la foi (au succès) et ce qui manque c'est le KHOTENE. (Les démons, éd. russe, tome I, page 409, ed. franc. page 408
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En prônant résolument le primat de la volonté sur l'intelligence, de la liberté sur la nature (priroda) qu'il ne nie pas, Dostoïevski prend rang parmi les existentialistes personnalistes (3) Toutefois il ne faudrait pas

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(3) Ici encore, il se montre en accord profond avec les slavophiles. "Selon Khomiakov, c'est dans le principe spirituel, la volonté qu'il faut chercher le dernier mot des choses." A Gratieux, ouv. cité, tome II page 232.
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opposer trop brutalement ces différentes facultés.

La personne est un tout organique et dans le concret de la vie tous ces différents plans agissent de concert. Pour mieux saisir la convergence des différents éléments de base du "moi" réfléchi, on pourrait dire en schématisant quelque peu que l'intelligence, en relation directe avec la raison raisonnante diffère de celle-ci par sa soumission à l'influence des facteurs affectifs (volonté, conscience morale, coeur) tandis que la conscience morale se nourrit du réel que lui fournissent les facultés intellectuelles (OUM) pour en appréhender les valeurs.
 
La conscience morale perçoit en effet au travers des données que lui fournit le "RASSOUDOK" et le "OUM", l'aspect valorisable de l'être total (statique et dynamique) (1)

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(1) Dostoïevski prend ainsi rang parmi les partisans de la primauté de l'affectif sur l'intellectuel. Il serait intéressant de rapprocher ici sa pensée de celle d'un Max Sheler. Comme le penseur allemand en effet, l'écrivain russe ne cesse de scruter le réel et de proclamer sa fidélité à le "vie vivante" non pour en déduire une connaissance pratique mais plutôt pour spiritualiser ou valoriser cette réalité qui ne cesse de l'interpeller.
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Concluons en signalant que l'ensemble des processus vitaux dépend de la "NATOURA", c'est à dire de notre condition humaine intégrale tout à la fois nature (priroda) et volonté (volia, khotene).

C'est à ce niveau qu'intervient cette fameuse "SVOBODA" (liberté) sujet essentiel de notre étude.

Elle transcende, comme nous allons le voir, la distinction entre intelligence et volonté. Sans elle, tout ce qui précède serait amputé de sa dynamique.



(à suivre)

Yvan Balchoy
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 09:58


 


 

Votre voix cristalline

 

à la consonance latine

 

et tellement féminine

 


 

Votre voix si disserte pour partager

 

si déserte quand vous écoutez

 


 

Votre voix si encourageante

 

à qui peine à se faire entendre

 

mais qui flamboie

 

devant la mauvais foi

 


 

Votre voix à la douceur

 

si accordée à tous vos intérieurs

 


 

Votre voix et ses bouleversantes onomatopées

 

quand votre corps chante nos voluptés

 


 

Votre voix qui m’a réveillé

 

là où je me croyais endormi à jamais

 


 

Votre voix,

 

j’y crois !

 

 

 

 

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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /Oct /2009 11:28
Telle quelle existe aujourd'hui sous le mou, invertébré mais libéralissime Barroso, et certains de ses serviles conseillers comme notre Louis National, népotiste patenté, l'Europe unie est surtout un grand marché où ce qui pourrait unir par le haut, le social, est  trop souvent évité, abhorré ou interdit et tout ce qui permet à la loi de jungle commerciale est protégé.
Des exemples, il en pleut:

La concurrence dans le domaine de l'énergie n'a servi qu'à engraisser des milliardaires, voleurs du bien public et à augmenter drastiquement nos factures de gaz et  d'électricité.

La poste suit. Ainsi , sous la coupe d'un autocrate indifférent aux petites gens, en  Belgique, elle  a été dynamitée. Mon bureau de poste, autrefois contigu à ma maison, est à plus de cinq kilomètres de chez moi ; nous n'avons que 2 vrais bureaux pour 60 000 habitants.
Herseaux, Luingne anciennes communes n'en ont plus  et les fameux points postes privatifs ne rendent pas les mêmes services.
Le petit peuple de chez nous,  il s'en moque lui, l'administrateur délégué,  qui a réussi à nous faire pomper par les vikings danois, dignes de leurs ancêtres, plusieurs milliards qui auraient pu servir l'institution et le pays.

  Louvain-la-neuve est privée de vrai bureau contrairement à  Leuven qui est, semble-t-il la ville de ce Président massacreur d'un service public digne de ce nom.

 Une bonne votation, comme celle organisée en France, contre bien sûr l'avis d'une majorité socialement rétrograde,  devrait être créée  chez nous et je propose que le salaire extravaguant que ce monsieur reçoit pour détruire une poste publique soit distribué aux facteurs qui eux travaillent et sont utiles au pays contrairement à ce monsieur qui mérite un bon coup de pied au derrière.

Enfin nous l'avons vu, en Europe, quand un vote populaire, qu'on évite toujours au maximum, ne correspond pas à ce qu'on en attend on le recommence en soupoudrant l'ancienne proposition de très légères modifications ou en faisant des cadeaux extravagants au peuple qui doit revoter (ainsi pour l'Irlande, entre autres  le refus du droit à l'avortement et le droit de conserver un commissaire contrairement aux autres pays).
Hier, Monsieur Mélanchton, à propos de la décision  d'interdire au peuple français de se prononcer à nouveau en le remplaçant par  une majorité parlementaire  "marionnette" a justement parlé de forfaiture. Ce n'est sûrement pas la première ni la dernière de ce faux démocrate qu'est Sarkosy.

Pour un enjeu d'une telle importance, tous les 27 états de l'Union auraient du demander à leur peuple de se prononcer. Mais, c'est vrai, donner la parole au peuple, c'est être "populiste", terme méprisé, et laisser agir des professionnels  surpayés et surprotégés et parfois élus par des lois électorales suspectes comme en France,  c'est être "démocrates". !!!   Sûrement pas !
Ne voilà-t-il pas qu'on nous propose paraît-il comme président de l'Europe, Blair et comme "Ministre des Affaires étrangères" Solana, deux hommes qui ont contribué à  faire couler un sang innocent en Yougoslavie et en Irak et que je considère pour ma part comme suspects d'assassinats politiques  (avec bien sûr présomption d'innocence jusqu'à ce qu'un juge en décide après un procès loyal) qui devraient plutôt être jugés comme Bush et ses comparses  pour leurs actes que récompensés de leurs crimes.

Non cette Europe, qui méprise par exemple les producteurs de lait ce qu'ils ont encore montré hier, y compris Monsieur Sarkosy qui hypocritement semble les défendre, je ne la reconnais pas comme la  mienne.
Je voudrais une Europe qui assure à chaque pays un salaire minimum, une éducation essentielle gratuite, une sécurité sociale digne de ce nom, qui  protège les faibles des forts au lieu de celle, que Barroso nous impose, qui fait taire les petits pour laisser la main libre aux "criminels" du capitalisme sauvage.


Yvan Balchoy
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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /Oct /2009 10:35

Ghislain se tourna d'un air interrogatif vers Marthe qui acquiesça d'une ombre de sourire. Une jeune Coréenne se joignit à eux et ils décidèrent d'aller faire leur petite échange sur un banc du parc.

En route, il se rapprocha tout naturellement de son amie, l'embrassa et, la main dans la main, accompagnée de la jeune asiatique, ils gagnèrent la gloriette.

Bien vite l'échange tourna autour de la manière dont les trois participants vivaient leur vie communautaire.

Ghislain, bien entendu, se contenta d'affirmer une première impression plutôt positive, tout en reconnaissant son incapacité totale de porter un jugement de valeur sur une institution qu'il ne connaissait que depuis quelques heures.

Marthe, pour sa part, se déclara enchantée du climat "amical et spirituel" - ce sont deux mots sur lesquels elle insista beaucoup - de ce groupe même si elle n'en faisait partie elle-même aussi que depuis un temps limité.

Bien entendu, Marthe et Ghislain, tout en reconnnaissant qu'ils se connaîssaient depuis longtemps, ne firent aucune mention directe ou indirecte à leur passage à la "FLEUR DE LOTUS".

C'est donc la jeune femme Coréenne, sur place depuis près de trois ans,  qui parla le plus de tout ce que lui avait apporté ce groupe d'hommes et de femmes qui "luttaient par des moyens pacifiques à l'édification d'un monde plus humain sans racisme ni domination des plus faibles par les plus forts."

Marthe et Ghislain l'écoutèrent avec grande attention. De temps en temps il jetait un regard sur sa compagne comme s'il voulait surprendre dans son regard une complicité secrète.

Même s'ils ne connaissaient pas le contenu exact ni les conséquences de leur mission, ils étaient l'un et l'autre suffisamment avertis pour y voir une menace directe et importante pour la vie de ceux qui les hébergeaient.

Si la communauté méridionale leur était apparue conforme à l'image franchement négative qu'on leur avait inculquée lors des nombreuses scéances de formation ou plutôt d'endoctrinement, ils auraient sans doute affronté avec plus de détermination ce qu'ils avaient à faire.

Mais à leur première impression, somme toute positive, la Coréenne ajoutait une chaleur et un enthousiasme qui les laissait mal à l'aise à la limite de la culpabilité.

Au bout d'une demi-heure, surtout remplie du témoignage  de la femme asiatique, ils retournèrent pour assister à la mise en commun qui eut lieu au même endroit que le début de la rencontre.

Chacun des trois groupes constitués se fit représenter par un porte-parole qui fut Marthe pour leur groupe.

Ce qui frappa Ghislain, c'est que les avis critiques - il y en eut pas mal - vinrent surtout des nouveaux arrivés, confrontés sans doute au conflit entre leur rêve et la réalité vécue, tandis que les plus âgés se sentaient tout simplement bien et "utiles" en ce milieu qui était devenu pour eux une vraie famille.

A la fin de la mise en commun, un homme d'une trentaine d'années, vétu d'une toge jaune, fit son entrée accompagné de deux assistants grisonnants,  vêtus eux d'une longue robe blanche.

Celui qui jusqu'alors avait présidé la rencontre s'inclina légèrement vers les nouveaux venus :

     -"Je suis heureux, frères et soeurs, mesdames, mesdemoiselles, messieurs,  de vous présenter son excellence l'archimandrite de notre communauté : il vient vous souhaiter la bienvenue autant que pour receuillir vos premières impressions."

Tout souriant, l'archimandrite prit sa place à la tribune et d'un air aussi déterminé que souriant, il prit la parole :

     -"Mes amis, que vous soyez ici depuis quelques jours ou quelques semaines, je crois que c'est la première fois que j'ai le plaisir de vous souhaiter officiellement la bienvenue au nom de la famille du SALUT que j'ai pour mission de servir.
Tout d'abord, sachez que nous voulons former tous ensemble une communauté ouverte et sans frontières. Nous souhaitons devenir comme une sorte de microcosme reflétant notre humanité si diversifiée avec toutes ses richesses et ses contrastes, devenir aussi une sorte de petit laboratoire d'apprentissage à la paix et à la fraternité universelle.

C'est dire que nous ne vous demandons pas de renier votre personnalité, votre culture, vos origines en nous rejoignant, mais de les fondre dans le creuset humanitaire et fraternel qui est la raison d'être de notre fraternité.
J'aimerais à présent entendre vos premières impressions sur notre mode de vie. Je vous en prie, n'hésitez pas à vous exprimer en toute franchise autant pour nous dire ce qui vous plaît que ce qui vous rebute de notre vie."

En écoutant attentivement l'archimandrite du SALUT, Ghislain ne pouvait s'empêcher de penser à sa mission dont il savait au moins qu'elle avait pour raison essentielle de nuire à cet homme en le ridiculisant ou pire encore.

(à suivre)

Yvan Balchoy
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Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /Oct /2009 22:18

Déjà avant l'armistice, on voyait des autos d'officier se succéder avec bagages et familles, et souvent pilotant des autos belges, ayant donc abandonné leurs troupes ; puis ce furent des convois et des convois qui continuèrent à se succéder après l'armistice. Je m'attendais à lire le désespoir dans les yeux de ces soldats, s'enfuyant en désordre ; nous-mêmes, Belges, nous souffrions de ce fait nouveau, et si bien que pour notre pays, l'occupation fut déjà un fait accompli depuis un mois, et que nous éprouvions un soulagement à ne plus devoir fuir sous les bombes avec nos petits enfants, je ne voyais sur tous les visages que sourires et airs de fête.

J'assistais aussi à un incident émouvant ; un soldat juché sur un véhicule, fut interpellé par d'autres soldats qui se reposaient sur les marches des maisons et sous les arbres de la place ; avec rage, il leur répondit cette phrase que je n'oublierai jamais : "Espèces d'imbéciles, trouvez-vous qu'il y a de quoi rire en ce moment !"
Le malheur, c'est que l'un des chevaux de son attelage fut la victime de cet incident, le soldat hors de lui-même le frappa à coups redoublés du gros bâton qui lui servait de fouet.

Ces convois d'attelage à chevaux laissaient d'ailleurs rêveurs les passants qui les contemplaient. Chevaux maltraités, efflanqués, blessés, ayant manifestement été traités sans soins ni ménagements, voitures désuètes sur lesquelles on pouvait lire modèle 67 et modèle 87. Spectacle désolant et misérable.

Vraiment, ce que je vis alors me fit désespérer de la France. Léon et Paul, s'étaient rendus le soir de l'armistice dans ce que là-bas on appelle hôtel (à part la cuisine qui était bonne, le reste était infect comme propreté et aménagement), virent dans la place où ils se trouvaient d'un côté cinq officiers supérieurs rigolant et sablant le champagne, et de l'autre côté trois poilus cassant la croûte en buvant du pinard, et ne cachant pas leur mépris pour les cinq officiers d'à côté.

Non la France n'était pas préparée à la guerre, ni mécaniquement ni surtout moralement. On nous avait fait croire que depuis septembre 1939, un relèvement miraculeux s'était produit en France. C'était un pur mensonge. Ces gens étaient prêts à toutes les défections, et comme j'eus l'occasion de le dire plus tard à un officier allemand, si Hitler avait en cette question fait preuve de modération envers la France, l'Alsace Lorraine, les Français, dans l'état d'esprit du moment, et sous le réveil de leurs sentiments anglophobes, seraient passés sans coup férir dans le camp allemand.

(à suivre)


Yvan Balchoy
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /Oct /2009 19:40

Ce week-end où il a tant plu,

C'est fou ce que tu m'as plu.

Avec toi, trépassé, mon passé,

De bonne augure, mon futur,

et dans tes bras, chaque instant

Devient le plus doux des présents.




Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com
Par BALCHOY - Publié dans : poesie-action
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /Oct /2009 19:12


Claeys, son fils et Gilsoul ne furent hébergés que quelques jours chez le notaire, et durent se réinstaller chez l'agent des Ponts et Chaussées; quant à nous, pendant les vingt huit jours que dura ce séjour forcé, nous continuâmes à loger dans la même chambre, et j'eus la bonne fortune de pouvoir coucher sur un ressort, dans l'un des deux lits.

Ce séjour fut pénible, car nous savions combien cela devait ennuyer le Doyen qui ne disposait plus dans son presbytère, que d'une chambre à coucher, la grande salle à manger ayant été prêtée pour les repas.

Nous mangions tous en trois tournées, les Mab. d'abord vers onze heures, onze heures et quart, les Claeys ensuite, et enfin nous vers une heure. Même répétition pour le déjeuner et le souper, bien entendu nous avions à pourvoir à notre subsistance.

Nous étions à quarante trois kilomètres de Limoges, où nous pouvions parvenir à l'aide d'un tram électrique indigne d'un pays civilisé. Nous étions arrivés un samedi soir, et dès le commencement de la semaine suivante, les Claeys et les Mab. allèrent à Limoges. J'y allai moi-même deux jours après avec le docteur Mab. et j'y retournai par la suite huit ou neuf fois pendant notre séjour.

C'est dans la nuit de mardi que nous parvint la nouvelle de l'armistice. J'en avais beaucoup discuté avec le Doyen d'Ouradour, et ne lui cachai pas mon étonnement de voir la tournure des affaires. Je lui disais en effet que les pourparlers de l'armistice allaient susciter des questions insalubres au point de vue honneur français. La question de la flotte et de l'aviation, toutes choses que l'on aurait pu éviter si le gouvernement avait purement et simplement quitté la France.

Je fus surpris à la lecture des clauses de l'armistice, car elles étaient dures, à d'autres points de vue, semblaient donner des garanties pour la flotte et pour l'aviation. Nous nous éveillâmes le lendemain avec la sensation que tout au moins le cauchemar des bombardements avait disparu, mais pour laisser place à quels spectacles. Pendant des jours et des jours, nous vîmes se continuer cette retraite française, si différente de la retraite allemande de 1918.


(à suivre)


Yvan Balchoy
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