Plus inquiet que jamais, Ghislain s'en retourna à la cellule de Marthe, frappa violemment deux ou trois fois la porte, puis, n'obtenant aucune réponse, se résolut, un peu malgré lui à tenter de la forcer. Mais ce ne fut pas nécessaire, elle n'était pas fermée à clef : Marthe était couchée sur son lit, très pâle.
Craignant le pire, il se précipita vers elle et posa son oreille contre sa bouche, pour capter sa respiration. Immédiatement, la jeune femme ouvrit les yeux, poussa une sorte de gémissement plaintif, comme su Ghislain le surprenait en plein milieu d'un cauchemar.
-"Ah, Ghislain, c'est toi ! Que fais-tu ? Je dormais, tu sais, j'en ai tant besoin, tout ce que nous vivons des jours-ci est tellement fou."
-"Pardonne-moi, chérie, mais, moi aussi, je suis bouleversé intérieurement par tous ces évènements. Tu sais, j'ai bien frappé à ta porte, et cela par deux reprises avant de me hasarder à voir si tu y étais.
J'étais inquiet d'un mauvais coup possible de ces gredins du LOTUS, juste avant leur départ, pour nous forcer à mener leur dessein jusqu'au bout."
Marthe l'interrompit avec une certaine nervosité.
-"Je te comprends, mais pour ce qui est sans doute notre dernière journée ici, il nous faut absolument rester calmes et sereins, éviter toute erreur autant envers nos ennemis que vis à vis de nos hôtes. Alors, tu vois, pour être en pleine forme demain, j'ai préféré passer une bonne nuit."
Il sembla à Ghislain que son amie s'exprimait avec un certain agacement et il ne put s'empêcher de
rapprocher ce que Marthe venait de lui dire avec leur conversation de la veille dont il gardait un mauvais souvenir.
(à suivre)
Yvan Balchoy
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