Ghislain s'en retourna à sa cellule, il frappa à la porte de son amie, mais elle ne répondit pas. Rendu prudent par ce qui lui était arrivé la veille, il n'insista pas et retourna chez lui où il commença par faire descendre de dessus l'armoire la vieille valise qu'on lui avait donné à Lozère.
Au moment où il souleva son couvercle, un bruit épouvantable se fit entendre, tandis que les vitres de sa cellule volaient en éclat.
Légèrement blessé à la main droite et au front, il courut à la fenêtre. Une épaisse fumée noire s'élevait du petit bois derrière laquelle se situait la remise où on avait entreposé la statuette. La charge déposée par les bandits devait être assez forte, puisque, malgré les sacs de sable, elle avait réussi à détruire des vitres à plus de cent mètres.
Brusquement, en regardant le sang qui lui maculait les mains, il pensa à Marthe, et oubliant sa réserve de tout à l'heure, il fit tourner le loquet de la porte pour y entrer. Cette fois, la porte résista, elle était fermée à clef. Marthe était-elle dedans et dans quel état ? Il se mit à crier de toutes ses forces.
-"Marthe, Marthe, ouvre-moi, je t'en prie, tu n'es pas blessée au moins, réponds-moi."
Affolé par son silence, ne pensant même plus qu'elle pouvait être absente, il l'imaginait inanimée, ensanglantée au milieu de la chambre ; il tenta en vain d'ouvrir la porte avec sa propre clé, puis, prenant un mètre de recul, il tenta de faire sauter la porte.
Plusieurs frères, qui étaient sortis de leur chambre, le regardaient avec une méfiance à la limite de l'hostilité.
Un peu partout dans les couloirs, on entendait des gens courir, d'autres discuter à voix haute ; de même des
voix un peu assourdies provenaient du parc où des flammes de plus en plus hautes s'élevaient vers le ciel.
(à suivre)
Yvan Balchoy
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