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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 22:43

 

 

 

Tu n'es jamais satisfaite,

 


Tu es parfois exigeante, voire cassante,

 


il t'arrive de faire la tête.

 


Si tu crois ainsi me décourager

 


de cheminer ma vie à tes côtés,

 


amie, tu perds ton temps

 


à me manifester cet entêtement.

 


Depuis belle lurette

 


j'ai appris à préférer le "plus être"

 


fruit fréquent de l'orage et de la tempête

 


au facile "bien-être",

 


fait de sourires et d'amabilités,

 


mais porteur le plus souvent de plaisirs frelatés.

 



 

Quand ton visage est fermé,

 


je m'accroche avec fermeté

 


à ton sourire ensorceleur

 


de tout à l'heure,

 


je scrute le silence,

 


ton porte-parole d'excellence,

 


je fais le dos rond

 


sans pour autant crier à l'abandon.

 


Oui, tu es bien et resteras insatisfaite,

 


tant que l'infini tournoira dans ta tête.

 



C'est vrai qu'à mes moments de cafard,

 


ou quand j'en ai marre,

 


je m'abandonne au rêve

 


d'une autre Eve,

 


sans cesse rieuse et amène,

 


soucieuse de me mettre la bague aux doigts

 


et à avoir un mari sous son toit,

 


ne pensant qu'à me conter fleurettes

 


en me préparant des coquillettes

 


et n'ayant d'autre humeur

 


que celle de la cuisine au beurre,

 


en un mot enfin satisfaite,

 


acceptant le monde tel qu'il est,

 


soucieuse de paraître

 


plutôt que d'être

 


et n'éprouvant plus le besoin de recréer

 


le monde de son coeur en son petit cahier

 


ou à nous reproduire de ses mains

 


ses états d'âme sur parchemin.

 



Je sais déjà,

 


au fond de moi,

 


que si tel était le cas

 


la désillusion serait brutale

 


et pour notre amitié fatale.

 

 











Certes j'ai besoin de ton sourire

 


et j'adore t'entendre rire,

 


j'ai besoin de ta tendresse

 


aux mille et une finesses,

 


j'adore découvrir à tes côtés

 


que le quotidien est porteur d'éternité.

 



 


Mais vivre avec toi,

 


c'est accepter aussi une souffrance

 


 qui à la joie donne tout son sens.

 


Je sais bien que jamais

 


je ne pourrai totalement te combler,

 


qu'il me faudra sans cesse m'adapter

 


et me dépasser,

 


en acceptant toutes ces amis

 


indispensables à ta vie

 


pour mériter de garder

 


la joie de vivre à tes côtés.

 



Ton insatisfaction n'est que la face cachée

 


de ton espérence et de ta faim de vérité

 


inséparable d'une beauté

 


que tu découvres aux quatre coins de tes amitiés.

 


 

Avec toi, ma vie ne sera pas un conte de fées.

 


Ton pessimisme apparent

 


n'est que le faux semblant

 


d'une espérence démesurée

 


et d'un optimisme foncier.

 


Loin  de vouloir te guérir

 


de ce singulier souffrir,

 


je voudrais par toi l'acquérir

 


et ainsi dans ton sillage grandir.

 



Avec toi vivre, c'est avancer

 


sans se préoccuper du passé.

 


Ton pain si fin

 


n'apaise pas nos faims.

 


En t'aimant telle que tu es,

 


toi, la souriante insatisfaite,

 


je sais qu'au dernier jour

 


de notre amour

 


la mort sera acceuillante

 


et l'espérence vivante.


 

 

 



Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 


 


 


 


 


 

         

 


 

                                                                                                

 


 


 


 


 


 


 


 

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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 22:40

 

 

 

 

Autour de moi


les femmes tout doucement se fanent


Leur beauté se réfugie peu à peu


dans le fond de leurs yeux


chaque jour plus merveilleux

 

(1975)

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 21:34

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Yvan Balchoy

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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 20:22

Ce fut une femme exceptionnelle, une amie pour la vie et même au-delà de sa vie trop courte abrégée par elle-même hélas. Fille d'un mineur Yougoslave qui était à sa manière un théologien orthodoxe, elle réussit, malgré la pauvreté de son milieu familial,  à devenir médecin, à obtenir un premier prix à un festival de la chanson (OBOURG). Elle m'a envoyé un jour ce témoignage sur sa foi confrontée au problème du mal à laquelle elle était très sensible, entre autre,  de par son expérience médicale ....


 

 

 

Je crois à la nuit dans laquelle on se débat pour trouver le jour.
Dans les ténèbres oppressantes du "non-savoir" il est une filière de recherche perpétuelle de la connaissance.

Qui suis-je ? Pourquoi vivre et mourir ?
Où retrouver dans le mal qui parfois submerge le principe du Bien ?
Comment se souvenir de l'Harmonie divine et de la rechercher chez un enfant dont le crâne est un cylindre et le regard une excroissance .

Je réfléchis et je ressens.

Je réfléchis et je ne comprends que bien peu de choses, je ressens et j'accepte mon ignorance sans cependant jamais renoncer au combat de vouloir savoir de plus en plus.
Il suffit de vouloir marcher pour avancer : peu importe le chemin parcouru.

Je ressens Dieu comme une plénitude, comme le Bonheur, l'Amour, l'Espoir total sans faille aucune.
Je ressens Dieu comme une mère sent l'enfant en son sein ; à la fois elle et lui.
Je ressens Dieu comme une clarté qui doit de mieux en mieux s'exprimer en moi comme ferait la lumière qui se frayerait un chemin dans les boyaux de la terre.

L'angoisse est présente, l'Espoir jamais absent.
Je sais que l'atome de lumière existe dans la montagne de ténèbres et qu'il l'embrasera.


Mila Ivanovitch


yvanbalchoy13@gmail.com
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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 19:05

  

 

 

 

 

 

 

 

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Evangile selon Saint Luc (2-1-18)  selon la traduction de l'école biblique de Jérusalem

 

"Or, en ces jours-là parut un édit de César Auguste ordonnant le recensement de toute la terre. Ce recensement, le premier, eut lieu pendant que Quirinus était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. Joseph, lui aussi, quittant la ville de Nazareth en Galilée, monta en Judée à la ville de David, appelée Bethléem – parce qu’il était de la maison de la lignée de David, afin de s’y faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter se trouva révolu. Elle mit au monde son fils premier-né, l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux à l’hôtellerie.

Il y avait dans la contrée des bergers qui vivaient aux champs et qui, la nuit, veillaient tour à tour à la garde de leur troupeau. L’Ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa clarté ; et ils furent saisis d’une grande frayeur. Mais l’ange leur dit : « Rassurez-vous car je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple ; aujourd’hui, dans la cité de David, un Sauveur vous est né, qui sera le Christ Seigneur. Et ceci vous servira de signe : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche ». Et soudain se joignit à l’ange une troupe nombreuse de l’armée céleste qui louait Dieu en disant :

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux

Et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. »

 Or, lorsque les anges les eurent quitté pour le ciel, les bergers se dirent entre eux : »Allons donc à Bethléem et voyons ce qui est arrivé et que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils vinrent donc en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le Nouveau-né couché dans la crèche. Et l’ayant vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit de cet enfant et tous ceux qui les entendirent furent émerveillés de ce que leur racontaient les bergers. Quant à Marie, elle conservait avec soin tous ces souvenirs et les méditait en son cœur."

 

 

Presque 2000 ans plus tard, Roger Garaudy a rappelé l'importance de cet évènement avec, certes,  des mots d'aujourd'hui n'hésitant pas à définir la naissance de l'Homme de Nazareth comme "une nouvelle naissance de l'homme"

 

"Environ sous le règne de Tibère, nul ne sait exactement où ni quand, un personnage dont on ignore le nom a ouvert une brèche à l'horizon des hommes. Ce n'était sans doute ni un philosophe ni un tribun, mais il a du vivre de telle manière que toute sa vie signifiait : chacun de nous peut, à chaque instant, commencer un nouvel avenir.

Des dizaines, des centaines peut-être de conteurs populaires ont chanté cette bonne nouvelle. Nous en connaissons trois ou quatre. Le choc qu'ils avaient reçu, ils l'ont exprimé avec les images des simples gens, des humiliés, des offensés, des meurtris, quand ils rêvent que tout est devenu possible : l'aveugle qui se met à voir, le paralytique à marcher, les affamés du désert qui reçoivent du pain, la prostituée en qui se réveille une femme, cet enfant mort qui recommence à vivre....

C'était comme une nouvelle naissance de l'homme."


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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 18:32







Ce Christ, ramené de Colombie,

pauvre paysan latino,

qui comme le Nazaréen paie de sa vie

sa volonté d'être au service de la justice et de ses frères.

 

Ils sont des milliers, là bas, à avoir donné leur vie

pour avoir pris au sérieux l'Evangile

face aux escadrons de la mort,

si proches parfois des plus hautes autorités de Colombie.

 

N'oublions pas que le Christ

continue à naître, à vivre, à mourir parmi nous

à travers les persécutions

venus des riches et puissants  voleurs

de la république de Bogota.

 

Maix leur sang comme celui de Jésus ressuscitera un jour

en Justice et Révolution fraternelle

en faveur des plus faibles

qui sont le vrai  "Royaume de Dieu".

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

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Mercredi 21 décembre 2011 3 21 /12 /Déc /2011 18:07

 

 

 

 

 

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Après le Manifeste de Marx, l'ouvrage de Lénine écrit dans le contexte de la première guerre mondiale applique le Marxisme à la situation d'un monde  de plus en plus capitaliste en guerre  mondiale et coloniale  et le grand leader bolchevique ne se contente pas de décrire la situation de son époque mais esquisse déjà l'évolution du monde telle que nous la connaissons aujourd'hui avec ce capitaliste centralisant l'ensemble de notre planète.

Bien sûr l'exemple des chemins de fer pourrait être réactualisé avec les nouvelles formes d'énergie

Cette concentration  (globalisation ?)qu'il ne peut maîtriser loin d'être le triomphe ultime du capitalisme est l'amorce de sa chute.( Y.B.)

  Vous ne trouverez ici qu'une petite partie d'un ouvrage que je vous conseille de lire dans son entièreté. Vous le trouverezà l'adresse :

www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp.htm - 4k

 

 

L'impérialisme, stade suprême du capitalisme

LENINE

Préface aux éditions française et allemande

 

Ce livre a été écrit, comme il est indiqué dans la préface à l'édition russe, en 1916, compte tenu de la censure tsariste. Il ne m'est pas possible actuellement de reprendre tout le texte, ce qui serait d'ailleurs sans utilité, car la tâche fondamentale de ce livre a été et reste encore de montrer, d'après les données d'ensemble des statistiques bourgeoises indiscutables et les aveux des savants bourgeois de tous les pays, quel était le tableau d'ensemble de l'économie capitaliste mondiale, dans ses rapports internationaux, au début du XXe siècle, à la veille de la première guerre impérialiste mondiale.

A certain égard, il ne sera du reste pas inutile, pour beaucoup de communistes des pays capitalistes avancés, de se rendre compte à travers l'exemple de ce livre, légal du point de vue de la censure tsariste, de la possibilité - et de la nécessité - d'utiliser même les faibles vestiges de légalité dont ils peuvent encore profiter, disons, dans l'Amérique contemporaine ou en France, après les récentes arrestations de la presque totalité d'entre eux, pour expliquer toute la fausseté des vues des social-pacifistes et de leurs espoirs en une "démocratie mondiale". Pour ce qui est des compléments les plus indispensables à ce livre censuré, je vais tenter de les donner dans cette préface.

 

Ce livre montre que la guerre de 1914-1918 a été de part et d'autre une guerre impérialiste (c'est-à-dire une guerre de conquête, de pillage, de brigandage), une guerre pour le partage du monde, pour la distribution et la redistribution des colonies, des "zones d'influence" du capital financier, etc.

Car la preuve du véritable caractère social ou, plus exactement, du véritable caractère de classe de la guerre, ne réside évidemment pas dans l'histoire diplomatique de celle-ci, mais dans l'analyse de la situation objective des classes dirigeantes de toutes les puissances belligérantes. Pour montrer cette situation objective, il faut prendre non pas des exemples, des données isolées (l'extrême complexité des phénomènes de la vie sociale permet toujours de trouver autant d'exemples ou de données isolées qu'on voudra à l'appui de n'importe quelle thèse), mais tout l'ensemble des données sur les fondements de la vie économique de toutes les puissances belligérantes et du monde entier.

Ce sont précisément ces données d'ensemble, tout à fait irréfutables, que j'ai produites dans le tableau du partage du monde en 1876 et 1914 (au chapitre VI) et du partage des chemins de fer du monde entier en 1890 et 1913 (au chapitre VII). Les chemins de fer constituent le bilan des branches maîtresses de l'industrie capitaliste, de l'industrie houillère et sidérurgique, le bilan et les indices les plus évidents du développement du commerce mondial et de la civilisation démocratique bourgeoise. Comment les chemins de fer sont liés avec la grande production, avec les monopoles, avec les syndicats patronaux, les cartels, les trusts, les banques, avec l'oligarchie financière, c'est ce que montrent les chapitres précédents du livre. La répartition inégale du réseau ferroviaire, l'inégalité de son développement, c'est le bilan du capitalisme moderne, monopoliste, à l'échelle mondiale. Et ce bilan montre que, sur cette base économique, les guerres impérialistes sont absolument inévitables, aussi longtemps qu'existera la propriété des moyens de production.

La construction des chemins de fer semble être une entreprise simple, naturelle, démocratique, culturelle, civilisatrice : elle apparaît ainsi aux yeux des professeurs bourgeois qui sont payés pour masquer la hideur de l'esclavage capitaliste, ainsi qu'aux yeux des philistins petits-bourgeois. En réalité, les liens capitalistes, qui rattachent par mille réseaux ces entreprises à la propriété privée des moyens de production en général, ont fait de cette construction un instrument d'oppression pour un milliard d'hommes (les colonies plus les semi-colonies), c'est-à-dire pour plus de la moitié de la population du globe dans les pays dépendants et pour les esclaves salariés du capital dans les pays "civilisés".

Propriété privée fondée sur le travail du petit patron, libre concurrence, démocratie : tous ces slogans dont les capitalistes et leur presse se servent pour tromper les ouvriers et les paysans, sont depuis longtemps dépassés. Le capitalisme s'est transformé en un système universel d'oppression coloniale et d'asphyxie financière de l'immense majorité de la population du globe par une poignée de pays "avancés". Et le partage de ce "butin" se fait entre deux ou trois rapaces de puissance mondiale, armés de pied en cap (Amérique, Angleterre, Japon) qui entraînent toute la terre dans leur guerre pour le partage de leur butin.

 

Ce n'est plus du tout l'ancienne libre concurrence des patrons dispersés, qui s'ignoraient réciproquement et produisaient pour un marché inconnu. La concentration en arrive au point qu'il devient possible de faire un inventaire approximatif de toutes les sources de matières premières (tels les gisements de minerai de fer) d'un pays et même, ainsi que nous le verrons, de plusieurs pays, voire du monde entier. Non seulement on procède à cet inventaire, mais toutes ces sources sont accaparées par de puissants groupements monopolistes. On évalue approximativement la capacité d'absorption des marchés que ces groupements "se partagent" par contrat. Le monopole accapare la main-d'oeuvre spécialisée, les meilleurs ingénieurs; il met la main sur les voies et moyens de communication, les chemins de fer en Amérique, les sociétés de navigation en Europe et en Amérique. Le capitalisme arrivé à son stade impérialiste conduit aux portes de la socialisation intégrale de la production; il entraîne en quelque sorte les capitalistes, en dépit de leur volonté et sans qu'ils en aient conscience, vers un nouvel ordre social, intermédiaire entre l'entière liberté de la concurrence et la socialisation intégrale.

La production devient sociale, mais l'appropriation reste privée. Les moyens de production sociaux restent la propriété privée d'un petit nombre d'individus. Le cadre général de la libre concurrence nominalement reconnue subsiste, et le joug exercé par une poignée de monopolistes sur le reste de la population devient cent fois plus lourd, plus tangible, plus intolérable.

L'économiste allemand Kestner a consacré tout un ouvrage à "la lutte entre les cartels et les outsiders", c'est-à-dire les industriels qui ne font point partie de ces derniers. Il est édifiant de jeter un simple coup d'oeil, ne serait-ce que sur la liste des moyens de cette lutte actuelle, moderne, civilisée, pour "l'organisation", auxquels ont recours les unions de monopolistes : 1) privation de matières premières (..."un des procédés essentiels pour imposer l'adhésion au cartel") ; 2) privation de main-d'oeuvre au moyen d'"alliance" (c'est-à-dire d'accords entre les capitalistes et les syndicats ouvriers, aux termes desquels ces derniers n'acceptent de travailler que dans les entreprises cartellisées) ; 3) privation de moyens de transport; 4) fermeture des débouchés; 5) accords avec les acheteurs, par lesquels ceux-ci s'engagent à n'entretenir de relations commerciales qu'avec les cartels; 6) baisse systématique des prix (pour ruiner les "outsiders", c'est-à-dire les entreprises indépendantes du monopole, on dépense des millions afin de vendre, pendant un certain temps, au-dessous du prix de revient : dans l'industrie de l'essence de pétrole, il y a eu des cas où les prix sont tombés de 40 à 22 marks, soit une baisse de près de moitié !) ; 7) privation de crédits; 8) boycottage.

Ce n'est plus la lutte concurrentielle entre les petites et les grandes usines, les entreprises techniquement arriérées et les entreprises techniquement avancées. C'est l'étouffement par les monopoles de ceux qui ne se soumettent pas à leur joug, à leur arbitraire. Voici comment ce processus se reflète dans l'esprit d'un économiste bourgeois :

"Même dans l'activité purement économique, écrit Kestner, un certain déplacement se produit de l'activité commerciale, au sens ancien du mot, vers la spéculation organisée. Le plus grand succès ne va pas au négociant que son expérience technique et commerciale met à même d'apprécier au mieux les besoins des clients et, pour ainsi dire, de "découvrir" la demande latente, mais au génie (?!) de la spéculation, qui sait calculer à l'avance ou du moins pressentir le développement organique et les possibilités de certaines liaisons entre les différentes entreprises et les banques..."

Traduit en clair, cela veut dire que le développement du capitalisme en est arrivé à un point où la production marchande, bien que continuant de "régner" et d'être considérée comme la base de toute l'économie, se trouve en fait ébranlée, et où le gros des bénéfices va aux "génies" des machinations financières. A la base de ces machinations et de ces tripotages, il y a la socialisation de la production; mais l'immense progrès de l'humanité, qui s'est haussée jusqu'à cette socialisation, profite... aux spéculateurs. Nous verrons plus loin comment, "sur cette base", la critique petite-bourgeoise réactionnaire de l'impérialisme capitaliste rêve d'un retour en arrière, vers la concurrence "libre", "pacifique", "honnête".

Le monopole s'ouvre un chemin partout et par tous les moyens, depuis le paiement d'une "modeste" indemnité jusqu'au "recours", à la façon américaine, au dynamitage du concurrent.

Que les cartels suppriment les crises, c'est là une fable des économistes bourgeois qui s'attachent à farder le capitalisme. Au contraire, le monopole créé dans certaines industries augmente et aggrave le chaos inhérent à l'ensemble de la production capitaliste. La disproportion entre le développement de l'agriculture et celui de l'industrie, caractéristique du capitalisme en général, s'accentue encore davantage. La situation privilégiée de l'industrie la plus cartellisée, ce qu'on appelle l'industrie lourde, surtout celle du charbon et du fer, amène dans les autres branches industrielles une "absence de système encore plus sensible", comme le reconnaît Jeidels, auteur d'un des meilleurs ouvrages sur les "rapports des grosses banques allemandes et de l'industrie [18]".

"Plus une économie nationale est développée, écrit Liefmann, défenseur acharné du capitalisme, et plus elle se tourne vers les entreprises hasardeuses ou qui résident à l'étranger, vers celles qui, pour se développer, ont besoin d'un grand laps de temps, ou enfin vers celles qui n'ont qu'une importance locale [19]." L'augmentation du caractère hasardeux tient, en définitive, à l'augmentation prodigieuse du capital, qui déborde en quelque sorte, s'écoule à l'étranger, etc. En même temps, le progrès extrêmement rapide de la technique entraîne des éléments toujours plus nombreux de disproportion entre les divers aspects de l'économie nationale, de gâchis, de crise. Ce même Liefmann est obligé de faire l'aveu suivant : "Vraisemblablement, d'importantes révolutions dans le domaine technique attendent une fois de plus l'humanité dans un proche avenir; elles auront un effet aussi sur l'organisation de l'économie nationale"... électricité, aviation... "D'ordinaire et en règle générale, en ces périodes de profondes transformations économiques, on voit se développer une spéculation intensive [20] ..."

Et les crises (de toute espèce, le plus souvent économiques, mais pas exclusivement) accroissent à leur tour, dans de très fortes proportions, la tendance à la concentration et au monopole. Voici quelques réflexions extrêmement édifiantes de Jeidels sur l'importance de la crise de 1900, laquelle marqua, comme on le sait, un tournant dans l'histoire des monopoles modernes :

Le monopole, tel est le dernier mot de la "phase la plus récente du développement du capitalisme". Mais nous n'aurions de la puissance effective et du rôle des monopoles actuels qu'une notion extrêmement insuffisante, incomplète, étriquée, Si nous ne tenions pas compte du rôle des banques.

 

Les banques

 

La fonction essentielle et initiale des banques est de servir d'intermédiaire dans les paiements. Ce faisant, elles transforment le capital-argent inactif en capital actif, c'est-à-dire générateur de profit, et réunissant les divers revenus en espèces, elles les mettent à la disposition de la classe des capitalistes.

"Toute banque est une Bourse" : cet aphorisme moderne contient d'autant plus de vérité que la banque est plus importante et que la concentration fait de plus grands progrès dans les opérations bancaires

En d'autres termes, l'ancien capitalisme, le capitalisme de la libre concurrence, avec ce régulateur absolument indispensable qu'était pour lui la Bourse, disparaît à jamais. Un nouveau capitalisme lui succède, qui comporte des éléments manifestes de transition, une sorte de mélange entre la libre concurrence et le monopole. Une question se pose d'elle-même : vers quoi tend cette "transition" que constitue le capitalisme moderne ? Mais cette question, les savants bourgeois ont peur de la poser. "Il y a trente ans, les employeurs engagés dans la libre concurrence accomplissaient les 9/10 de l'effort économique qui ne fait pas partie du travail manuel des "ouvriers". A l'heure présente, ce sont des fonctionnaires qui accomplissent les 9/10 de cet effort intellectuel dans l'économie. La banque est à la tête de cette évolution [15]."Cet aveu de Schulze-Gaevernitz nous ramène une fois de plus à la question de savoir vers quoi tend ce phénomène transitoire que constitue le capitalisme moderne, parvenu à son stade impérialiste.

Les quelques banques qui, grâce au processus de concentration, restent à la tête de toute l'économie capitaliste, ont naturellement une tendance de plus en plus marquée à des accords de monopoles à un trust des banques. En Amérique, ce ne sont plus neuf, mais deux très grandes banques, celles des milliardaires Rockefeller et Morgan, qui règnent sur un capital de 11 milliards de marks [16].

On entend assez souvent les milieux industriels et commerciaux se plaindre du "terrorisme" des banques. Faut-il s'en étonner, quand les grandes banques "commandent" de la façon dont voici un exemple ? Le 19 novembre 1901, l'une des banques D berlinoises (on appelle ainsi les quatre grandes banques dont le nom commence par la lettre D) adressait au conseil d'administration du Syndicat des ciments du Centre-Nord-Ouest allemand la lettre suivante : "Selon la note que vous avez publiée le 18 de ce mois dans tel journal, il apparaît que nous devons envisager l'éventualité de voir la prochaine assemblée générale de votre syndicat, fixée au 30 courant, prendre des décisions susceptibles d'amener dans votre entreprise des changements que nous ne pouvons accepter. Aussi sommes-nous, à notre grand regret, dans la nécessité de vous refuser dorénavant le crédit qui vous était accordé... Toutefois, si cette assemblée générale ne prend pas de décisions inacceptables pour nous et si nous recevons les garanties désirables pour l'avenir, nous nous déclarons tout disposés à négocier avec vous l'ouverture d'un nouveau crédit [21]."

 

"Quiconque, écrit Jeidels, a observé, au cours des dernières années, les changements de personnes à la direction et aux conseils de surveillance des grandes banques, n'a pas pu ne pas remarquer que le pouvoir passait peu à peu aux mains d'hommes qui considèrent comme une tâche indispensable et de plus en plus pressante, pour les grandes banques, d'intervenir activement dans le développement général de l'industrie, et qu'entre ces hommes et les anciens directeurs des banques il se produit à ce propos des désaccords d'ordre professionnel et souvent aussi d'ordre personnel. Il s'agit, au fond, de savoir si, en tant qu'établissements de crédit, les banques ne subissent pas un préjudice du fait de leur intervention dans le processus de la production industrielle, si elles ne sacrifient pas leurs solides principes et un bénéfice assuré à une activité qui n'a rien à voir avec leur rôle d'intermédiaires du crédit et qui les amène sur un terrain où elles sont encore plus exposées que par le passé à l'action aveugle de la conjoncture industrielle.

 

Ainsi, le XXe siècle marque le tournant où l'ancien capitalisme fait place au nouveau, où la domination du capital financier se substitue à la domination du capital en général.

 

La libre concurrence est le trait essentiel du capitalisme et de la production marchande en général; le monopole est exactement le contraire de la libre concurrence; mais nous avons vu cette dernière se convertir sous nos yeux en monopole, en créant la grande production, en éliminant la petite, en remplaçant la grande par une plus grande encore, en poussant la concentration de la production et du capital à un point tel qu'elle a fait et qu'elle fait surgir le monopole : les cartels, les syndicats patronaux, les trusts et, fusionnant avec eux, les capitaux d'une dizaine de banques brassant des milliards. En même temps, les monopoles n'éliminent pas la libre concurrence dont ils sont issus; ils existent au-dessus et à côté d'elle, engendrant ainsi des contradictions, des frictions, des conflits particulièrement aigus et violents. Le monopole est le passage du capitalisme à un régime supérieur.

Si l'on devait définir l'impérialisme aussi brièvement que possible, il faudrait dire qu'il est le stade monopoliste du capitalisme. Cette définition embrasserait l'essentiel, car, d'une part, le capital financier est le résultat de la fusion du capital de quelques grandes banques monopolistes avec le capital de groupements monopolistes d'industriels; et, d'autre part, le partage du monde est la transition de la politique coloniale, s'étendant sans obstacle aux régions que ne s'est encore appropriée aucune puissance capitaliste, à la politique coloniale de la possession monopolisée de territoires d'un globe entièrement partagé.

L'impérialisme, stade suprême du capitalisme

 

. LA PLACE DE L'IMPERIALISME DANS L'HISTOIRE

Nous avons vu que, par son essence économique, l'impérialisme est le capitalisme monopoliste. Cela seul suffit à définir la place de l'impérialisme dans l'histoire, car le monopole, qui naît sur le terrain et à partir de la libre concurrence, marque la transition du régime capitaliste à un ordre économique et social supérieur. Il faut noter plus spécialement quatre espèces principales de monopoles ou manifestations essentielles du capitalisme monopoliste, caractéristiques de l'époque que nous étudions.

2) les monopoles ont entraîné une mainmise accrue sur les principales sources de matières premières, surtout dans l'industrie fondamentale, et la plus cartellisée, de la société capitaliste : celle de la houille et du fer. Le monopole des principales sources de matières premières a énormément accru le pouvoir du grand capital et aggravé la contradiction entre l'industrie cartellisée et l'industrie non cartellisée.

3)le monopole est issu des banques. Autrefois modestes intermédiaires, elles détiennent aujourd'hui le monopole du capital financier. Trois à cinq grosses banques, dans n'importe lequel des pays capitalistes les plus avancés, ont réalisé l'"union personnelle" du capital industriel et du capital bancaire, et concentré entre leurs mains des milliards et des milliards représentant la plus grande partie des capitaux et des revenus en argent de tout le pays. Une oligarchie financière qui enveloppe d'un réseau serré de rapports de dépendance toutes les institutions économiques et politiques sans exception de la société bourgeoise d'aujourd'hui : telle est la manifestation la plus éclatante de ce monopole.

Quatrièmement, le monopole est issu de la politique coloniale. Aux nombreux "anciens" mobiles de la politique coloniale le capital financier a ajouté la lutte pour les sources de matières premières, pour l'exportation des capitaux, pour les "zones d'influence", - c'est-à-dire pour les zones de transactions avantageuses, de concessions, de profits de monopole, etc., - et, enfin, pour le territoire économique en général. Quand, par exemple, les colonies des puissances européennes ne représentaient que la dixième partie de l'Afrique, comme c'était encore le cas en 1876, la politique coloniale pouvait se développer d'une façon non monopoliste, les territoires étant occupés suivant le principe, pourrait-on dire, de la "libre conquête". Mais quand les 9/10 de l'Afrique furent accaparés (vers 1900) et que le monde entier se trouva partagé, alors commença forcément l'ère de la possession monopoliste des colonies et, partant, d'une lutte particulièrement acharnée pour le partage et le repartage du globe.

Tout le monde sait combien le capitalisme monopoliste a aggravé toutes les contradictions du capitalisme. Il suffit de rappeler la vie chère et le despotisme des cartels. Cette aggravation des contradictions est la plus puissante force motrice de la période historique de transition qui fut inaugurée par la victoire définitive du capital financier mondial.

 

 

L'Etat-rentier est un Etat du capitalisme parasitaire, pourrissant; et ce fait ne peut manquer d'influer sur les conditions sociales et politiques du pays en général, et sur les deux tendances essentielles du mouvement ouvrier en particulier..

La perspective du partage de la Chine provoque chez Hobson l'appréciation économique que voici : "Une grande partie de l'Europe occidentale pourrait alors prendre l'apparence et le caractère qu'ont maintenant certaines parties des pays qui la composent : le Sud de l'Angleterre, la Riviera, les régions d'Italie et de Suisse les plus fréquentées des touristes et peuplées de gens riches - à savoir : de petits groupes de riches aristocrates recevant des dividendes et des pensions du lointain Orient, avec un groupe un peu plus nombreux d'employés professionnels et de commerçants et un nombre plus important de domestiques et d'ouvriers occupés dans les transports et dans l'industrie travaillant à la finition des produits manufacturés. Quant aux principales branches d'industrie, elles disparaîtraient, et la grande masse des produits alimentaires et semi-ouvrés affluerait d'Asie et d'Afrique comme un tribut."

CE PROJET AURAIT PU PEUT ETRE REUSSIR SANS MAO, SANS LE COURAGEUX VIETNAM

 (note d’Y.B.)

L'auteur a parfaitement raison : si les forces de l'impérialisme ne rencontraient pas de résistance, elles aboutiraient précisément à ce résultat. La signification des "Etats-Unis d'Europe" dans la situation actuelle, impérialiste, a été ici très justement caractérisée. Il eût fallu seulement ajouter que, à l'intérieur du mouvement ouvrier également, les opportunistes momentanément vainqueurs dans la plupart des pays, "jouent" avec système et continuité, précisément dans ce sens. L'impérialisme, qui signifie le partage du monde et une exploitation ne s'étendant pas uniquement à la Chine, et qui procure des profits de monopole élevés à une poignée de pays très riches, crée la possibilité économique de corrompre les couches supérieures du prolétariat; par là même il alimente l'opportunisme, lui donne corps et le consolide.

 

De tout ce qui a été dit plus haut sur la nature économique de l'impérialisme, il ressort qu'on doit le caractériser comme un capitalisme de transition ou, plus exactement, comme un capitalisme agonisant

 

C'est le capitalisme lui-même qui procure peu a peu aux asservis les voies et moyens de s'émanciper. Et la création d'un Etat national unifié, en tant qu'instrument de la liberté économique et culturelle, autrefois but suprême des nations européennes, devient aussi le leur. Ce mouvement d'indépendance menace le capital européen dans ses domaines d'exploitation les plus précieux, ceux qui lui offrent les plus riches perspectives; et il ne peut maintenir sa domination qu'en multipliant sans cesse ses forces militaires. [10]"

 

LENINE





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Mercredi 21 décembre 2011 3 21 /12 /Déc /2011 18:04

Le lendemain, Ghislain en arrivant à la gare de Namur décida de se rendre à Liège pour retrouver Marthe chez son amie.  A vrai dire, il ne sentait pas à l’aise d’agir ainsi conscient que son attitude risquait de ne pas plaire à son amie qui lui avait donné un R/V à Liège à partir de 16 heures. 

A son collègue de bureau, il balbutia la première excuse qui lui vint à l’esprit : un entretien avec un policier à propos de ses pérégrinations françaises. L’autre avec une certaine froideur lui dit qu’il communiquerait son absence au directeur général.

 

Ghislain connaissait par cœur l’horaire des trains vers Liège. Il y en avait un dans vingt cinq minutes. Il acheta sa « Libre Belgique » puis s’assit à la buvette en feuilletant nerveusement la gazette.

 

Avant de monter dans le train, il hésita encore quelques instant, mécontent de lui mais incapable de résister à cette envie qui le taraudait depuis son petit déjeuner, quelles qu’en soient les risques.

 

Dans le train , au paysage, il reconnut l’endroit où s’était passée cette terrible collision qui avait bouleversé pour toujours sa vie. En fermant les yeux, il lui sembla qu’il ressentait encore l’horrible bruit mais surtout le choc violent de la jeune Cholenka projetée sur lui.

 

Qui était donc cette jeune slave qu’il avait suivie jusqu’en Angleterre, qu’il avait aimée, comme un fou, un amour apparemment partagé jusque la passion mais elle l’avait pourtant écartée de sa vie non sans tendresse mais avec fermeté.

 

Qu’y avait-il de commun entre cette jeune femme mystérieuse  et Marthe dont le physique lui rappelait sans conteste les traits de  la jeune femme qui posait pour des publicités murales.

 

L’accent russe, du moins il le croyait, de sa compagne de la fin de son adolescence avait disparu dans le parler de la jeune artiste Liégeoise, mais chaque fois qu’il avait tenté d’en savoir un peu sur son passé, elle avait détourné ses questions en lui disant que pour elle seul le présent comptait et qu’elle n’avait aucune envie de ressusciter des morts.

 

Ghislain bercé par le train finit par s’endormir.  Quand il rouvrit les yeux, Liège Guillemin était tout proche et l’appréhension qu’il avait sentie au moment du départ à Namur lui revint avec plus de force.

 

L’appartement où Marthe vivait avec son amie était à peu près à un kilomètre de la station.  Il s'y rendit à toute allure pressé de forcer en quelque sorte le destin en imposant sa présence à son amie.

 

Pourtant quand il arriva à proximité de la maison un peu vieillotte et surtout au loyer bon marché où vivait Marthe, il s’arrêta quelques instants, le cœur battant, avant d’oser pousser brièvement son doigt sur la sonnette.

 

Rien ne se produisit dans l’immédiat, après une minute d’attente fébrile, il osa un second coup un peu plus appuyé mais finalement il dut bien se rendre à l’évidence.  Aucun bruit ni mouvement n'était perceptible danss la maison. Sans doute, il n'y avait personne.

 

Il était un peu plus de dix heure trente, il commença par aller boire une bière à un petit café de quartier tout près et y termina la lecture de son journal d’une façon si dissipée qu’il aurait été incapable à la fin de la lecture d’un article d’en résumer clairement le contenu.

 

Retournant sur ses pas, il sonna à nouveau trois fois, de plus en plus fort, de plus en plus longtemps, au risque de paraître pour un malotru, mais manifestement il n’y avait personne.

 

Alors il se résigna à gagner le centre de Liège, décidé à se payer un bon steak-frites à un restaurant qu’il fréquentait déjà durant ses études.

 

Les frites lui parurent aussi excellentes qu’autrefois ; il finit  son repas en dégustant  à la suite deux cafés, tout en rêvant à cette rencontre de tout à l'heure, content finalement de ne rien avoir changé à la proposition de Marthe.

 


 

Yvan Balchoy

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Mercredi 21 décembre 2011 3 21 /12 /Déc /2011 12:14

 

 

J'ai beau me tourner, me retourner dans mon lit, ils sont là tous les quatre aperçus dans le tube cet après-midi ,humanités estropiées, amputées, en voie de perdition et moi, et moi et moi qui n'ai fais qu'enregistrer à la va-vite leur misère ,

 

Toi la femme ni jeune ni vieille, trop lointaine pour être belle,assise hagard, les yeux sans horizon j'ai pensé t'offrir un verre pour t'arracher un éclair de ta féminité aux abonnés absents mais je me suis hâté de t'oubler en vain,

 

Toi,homme encore jeune, mal fagoté, tes lacet flottants sur le sol, marchant de guiguois en traînant une jambe qui elle avait septente ans, le billet que j'ai pensé te donner est restée si lourd, si vain au fond de ma poche,

 

Et toi, au QI peut-etre défaillant, qui bravement essayait en vain de vendre un billet de loterie à des passants s'en foutant pourquoi n'ai-je pas tenté ma chance en te donnant la tienne,

 

Enfin toi, joli mome, un peu voyou peut-etre, voleur à tes heures de faim d'humanité,tu m'as bousculé pour un peu exister, plus que mon gsm tentant tu cherchais peut-etre sans trop le savoir une ombre, un substitut de paternel mais je t'ai lachement laissé orphelin de ta solitude en ce métro où par quatre fois j'ai loupé ma sœur, mon frère d'humanité !

 


 

Yva, Balchoy

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Mercredi 21 décembre 2011 3 21 /12 /Déc /2011 11:40

 

 

 

Ainsi donc le Christ, dont parle Dostoïevski est bien le Dieu fait homme au plus précisément le Verbe fait chair de la Foi. En Lui, Dieu nous parle et nous révèle sa volonté. L’Homme Dieu élève jusqu’à son Père l’humanité pécheresse. En la synthétisant en sa personne, il entraîne à sa suite l’univers qui lui est assujetti.

 

Pour chaque individu, il est l’idéal à suivre afin de se réaliser en plénitude. Jésus Christ, la personne la plus individualisée est pourtant celle qui a la portée la plus universelle. Il est le frère le plus proche de chacun, puisque « son idéal concret et vivant » est devenu chair.

 

Personne parfaite, il est le maître le plus compétent pour mener chaque personnalité à son épanouissement.

 

La Loi et les exigences morales révélées par Lui ne sont pas l’expression d’une volonté arbitraire de Dieu. Fruit d’une liberté aimante, elles sont liées à notre bon heur et à notre perfection.

 

La gloire de Dieu, c’est L’HOMME VIVANT. En s’incarnant, Dieu ne tendait pas à détruire ni à diminuer l’homme mais à le restaurer dans sa splendeur originelle.

 

L’idéal, la perfection et la sainteté qu’il lui apporte ne sont pas quelconques, ni même seulement divins , mais ils s’identifient à son propre idéal ; sa propre perfection et sa propre sainteté.

 

Sans l’Homme-Dieu, l’homme ne peut rien et se disloque, faute d’idéal et de but valable.

 

Ce n’est que par le Christ que l’homme peut « devenir pleinement homme »   (1)

 

(1)   Dostoïevski : Literarische Schriften, éd. Piper, XII, Munchen, page 304. Cf. TH. KAMPMANN « Licht aus Osten ? » Breslau 1931, page 219 et Yvan Kologrivov : « Le Verbe de Dieu », page 219.

 

La mission de Jésus, Sauveur et Libérateur des hommes n’est pas séparable de sa personne. Sa liberté ne le concerne pas seulement ; elle est révélation de ce que serait la notre sous sa forme idéale. Partout et toujours, là où sera Jésus, il y aura liberté pour les hommes ; c’est Lui qui permet à chacun d’être lui-même dans le don total à autrui, en réalisant ainsi sa vocation personnelle et communautaire. (2)

 

(2)   « Par le Christ, l’homme est à même de « perdre son âme », de donner son « moi » à ses frères, d’aimer son prochain comme lui-même. Dans la communion avec lui, qui est la tête de tout, l’homme reconnaît et apprécie sa qualité de membre, se comprend et se prouve comme organe vivant d’un corps vivant, il s’introduit et se subordonne aux autres membres et organes qui sont irrigués par le même sang. Sans Lui, l’homme est une simple pièce d’orgue, une partie morte d’une machine inerte… » TH. Kampmann, ouv. cité, page 220.

 

 

 

 

 

 

Yvan Balchoy

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Mercredi 21 décembre 2011 3 21 /12 /Déc /2011 09:46

 

 

 

 

 

Je suis venu ceuillir ton sourire

 


tu m'as demandé de te fuir.

 


 

 


Je suis venu pour avec toi échanger

 


Tu m'as supplié de changer.

 


 

 


Je suis venu implorer ta tendresse

 


Tu m'as réclamé un peu de rudesse.

 


 

 


Je suis venu pour t'écouter

 


pardonne-moi si cela t'a coûté

 


 

 


Je suis venu t'amuser

 


mais j'ai peur de t'avoir quelque peu usée.

 


 

 


Je suis venu pour me remplir de ta présence

 


Tu m'as dit de te chercher dans l'absence.

 


 

 


Pourtant, tu as beau parlé de distance,

 


j'y reconnais la richesse de nos différences

 


j'y vois la Vie qui entre nous s'avance.

 

 

 

 






Yvan Balchoy

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Mercredi 21 décembre 2011 3 21 /12 /Déc /2011 08:45

 

 

 

L’expiation qui suit la violation d’un tabou prouve que c’est bien une renonciation à un désir qui est à la base du tabou. Remarquons que l’homme qui a enfreint un tabou, devient lui-même tabou, car il possède la faculté dangereuse d’inciter les autres à suivre son exemple. Il est impossible de démontrer que les tabous des primitifs proviennent de prohibitions imposées de l’extérieur par des générations archaïques. De toute façon, ils constituent une législation maintenant les tendances sociales. Freud donne quelques exemples :

 

a)      attitude envers les ennemis

 

Le meurtre d’un ennemi s’accompagne souvent de cérémonies de réconciliation avec le tué et d’actes d’expiation. En Océanie, les guerriers qui ont versé le sang, renaissent à la vie civile en passant entre les jambes des femmes.

 

b)      La tabous des Seigneurs.

 

La force des chefs a besoin de protection et on s’en protège. Ainsi un attouchement voulu par le roi pour avoir une force curative. (Cf. vocation d’Isaïe, Jésus et la femme hémorroïsse), tandis qu’un attouchement même involontaire avec la personne du roi peut être coupable. Dans la Bible, voir Dieu, c’est mourir. Aussi on isole d’un mur « cérémonial » chefs et prêtres à cause

du danger (pour eux et pour les autres) qu’ils représentent. Ambivalence des sentiments : amour- hostilité (ce qui est constaté en psychanalyse : forte agressivité refoulée peut s’exprimer par une tendresse exagérée).

 

Tabou et obsession satisfont à la fois la tendance réprimée et la tendance réprimante, d’où résulte une contradiction apparente des actes des obsessionnels (scrupuleux)

 

La situation de la femme dans un certain monde illustre bien cette ambivalence ; elle est mise en vedette, mais limitée par le fait même dans sa liberté.

 

c)      Tabou des morts.

 

Le contact avec des défunts rend impure en beaucoup de peuple, sans parler du deuil à porter. Selon la psychanalyse, cette mort représente peut-être une satisfaction refoulée et on en a peur. Par un mécanisme de projection, on rejette sur le mort l’agressivité et l’impureté qui sont en réalité en soi. C’est ainsi que les morts deviennent dangereux.

 

Freud se demande alors le pourquoi de la conscience humaine morale. A ses yeux, c’est la perspective interne du rejet de certains désirs que nous éprouvons, étant bien entendu que ce rejet n’a pas besoin d’invoquer des raisons quelconques car il est sûr de lui-même. Le tabou est un commandement de la conscience morale du primitif. Il commence toujours par des choses qu’on désire faire.

 

Freud fait un parallèle entre la névrose et le tabou. Dans le tabou, il y a prédominance des tendances sociales sur les tendances sexuelles ; dans la névrose, c’est le contraire. Ceci montre, écrit Freud, que le désir sexuel est impuissant à unir les hommes. A son point de vue, la névrose est nécessairement asociale (évasion de la société) :

 

-         L’hystérie = déformation du sens esthétique.

-         La névrose obsessionnelle = déviation du sens religieux.

-         La manie paranoïaque = système philosophique déformé.

 

Dans ces trois cas, l’individu névrosé veut réaliser avec des moyens particuliers, individuels ce que la société réalise par le travail collectif.

 

 

 

 

 

 

Yvan Balchoy

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Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 17:55

 

A la poste une lettre de toi


Quelle joie,

 quel présent

Pourtant, je ne l'ouvre point sur le champ,

mais la glisse avec grand soin tout contre mon coeur

 en prémice de bonheur

 C'est qu'une lettre close

 peut contenir une rose,

une poignée de baisers doux

 et mille serments fous,

 tandis qu'une lettre ouverte

 comme une jolie fille,

ne peut donner que ce qu'elle a

si riche qu'elle soit

Pourtant quand, après un certain temps

 je me décide à ouvrir le coeur battant

 ton envoi pour enfin te lire,

c'en est fini des divagations

 de mon imagination,

j'y trouve un poème à thème,

 une attention touchante

 un dessin qui m'enchante,

 des corrections de majuscules

 ou de virgules

pour ton dernier écrit,

 une recette à base de riz.

 Que tu me dises des mots gentils

 ou qu'entre nous "tout est fini",

c'est toi d'abord que je retrouve heureuse ou amoureuse,

 nerveuse ou anxieuse,

décidée ou perplexe,

 avec ou sans complexe.

Certains de mes rèves se sont envolés,

 Je leur préfère ta vérité

et en classant mon courrier,

je ne pense plus qu'à t'embrasser.

 


 

 YVAN BALCHOY

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Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 16:33

Manifestement les mendiants, les laissés pour compte de la société de la consommation ne font pas bonne figure dans l’empire des paillettes et des  néons qui cette fin d’année célèbre  Noël souvent en trahissant son esprit de partage. Voici quelques articles qui sur internet critiquent ou justifient ce que, pour ma part, je considère comme une ignominie.

 

 

"Communiqué de Jacques Bravo,
Maire du 9e arrondissement de Paris

Le Préfet de police vient de prendre un arrêté interdisant la mendicité dans mon arrondissement, sur le secteur des Grands magasins et qui vise à l'évidence les populations d'origine roumaine. En total accord avec le Maire de Paris, j'avais formulé au préalable ma désapprobation sur cette décision qui n'apporte pas de réponse efficace aux problèmes

http://www.mairie9.paris.fr/mairie09/jsp/site/Portal.jsp?document_id=15859&portlet_id=133

 

  Dans cet arrêté de la municipalité de Genève, on retrouve beaucoup de l'hypocrisie d'une société grande ouverte aux riches et pétrie de racisme comme on le découvre au détours de certains de ses référendums populaires.

 

5.3 Le fait de mendier consiste à demander l'aumône, à faire appel à la générosité d'autrui pour en obtenir une aide, très généralement sous la forme d'une somme d'argent. Ses causes et ses butsBGE 134 I 214 (216) BGE 134 I 214 (217)peuvent être divers. Le plus souvent, il a toutefois son origine dans l'indigence de la personne qui mendie, parfois aussi de ses proches, et vise à remédier à une situation de dénuement. Ainsi défini, le fait de mendier, comme forme du droit de s'adresser à autrui pour en obtenir de l'aide, doit manifestement être considéré comme une liberté élémentaire, faisant partie de la liberté personnelle garantie par l'art. 10 al. 2 Cst.

10   

5.4 A l'instar de tout autre droit fondamental, la liberté personnelle n'a pas une valeur absolue. Une restriction de cette garantie est admissible, si elle repose sur une base légale, qui, en cas d'atteinte grave, doit être prévue dans une loi au sens formel (ATF 132 I 229 consid. 10.1 p. 242), si elle est justifiée par un intérêt public ou par la protection d'un droit fondamental d'autrui et si elle respecte le principe de la proportionnalité (art. 36 al. 1-3 Cst.; ATF 133 I 27 consid. 3.1 p. 28/29; ATF 130 I 65 consid. 3.1 p. 67 et les arrêts cités).

11   

5.5 Il est à juste titre incontesté que l'interdiction de mendier découlant de la disposition litigieuse, qui figure dans une loi, repose sur une base légale suffisante.

12

5.6 L'autorité intimée expose que l'interdiction de la mendicité a été voulue en vue de sauvegarder l'ordre public ainsi que d'assurer la sécurité et la tranquillité publiques, mais aussi dans un but préventif. En substance, elle explique que la libéralisation récente de la mendicité dans le canton de Genève a eu pour effet que celle-ci, qui est interdite dans de nombreux autres cantons, s'y est développée dans des proportions préoccupantes et que la disposition litigieuse vise à éviter les conséquences négatives de cette situation, notamment la sollicitation et le harcèlement systématiques de la population.

 

http://www.servat.unibe.ch/dfr/c1134214.html

 

Inutile de faire remarquer que  cette décision de la Mairie de Marseille résume bien la mentalité du parti des riches, j'ai dit, l'U.M.P

 


Sous peine d'une amende, la mendicité est à présent interdite. Un arrêté a été entériné lundi  par la municipalité de Marseille, destiné à lutter « contre les comportements portant atteinte à l'ordre public », et notamment les actes de mendicité.

Le texte vise en particulier les actes de « sollicitation et quête », la « tranquillité et la commodité de passage ». Cet arrêté est le premier pris dans la ville dans un cadre permanent et aussi large, puisqu'il concerne tout le périmètre du centre, du Stade Vélodrome à la gare Saint-Charles en passant par le Vieux-Port.

Signé par l'adjointe à la Sécurité Caroline Pozmentier, ce texte, qui réprime également la consommation d'alcool sur la voie publique, est destiné à fournir un cadre légal aux forces de l'ordre, qui pourront désormais verbaliser les contrevenants à hauteur de 38 euros par infraction relevée.

"Renforcer la lutte contre le sentiment d'insécurité"

David-Olivier Reverdy, secrétaire régional du syndicat de police Alliance, s'est félicité lundi d'une telle disposition, estimant qu'elle « facilite la tâche des patrouilles de gardiens de la paix et ne peut que renforcer la lutte contre le sentiment d'insécurité qui gagne l'opinion publique ».

Plusieurs villes de France ont déjà pris ce type de décisions, comme Nice, Montpellier ou Chartres.

J.R.

http://www.francesoir.fr/actualite/societe/marseille-interdiction-mendicite-148020.html"

 

 

 


Certains arrondissements très commerciaux de Paris comme le           8 ème, la ville de Marseille, le canton de Genève qui n’est bien entendu pas le seul en Suisse ont décidé non seulement d’unterdire la mendicité mais de punir ceux qui la pratiquent le plus souvent par nécessité de peine d’amende pour eux démesurée.

 

Et cette interdiction se lait à un moment où on commémore la naissance d’un petit enfant juif rejeté au point qu’il est né en une grotte ou pourtant des grands et riches du monde sont venus partager avec lui une part de leur richesses.

 

 

J’ai le plus profond mépris pour ces hommes et femmes politiques qui osent mettre en parenthèse un droit imprescriptible de la personne humaine.  Que la droite immonde qui gouverne pour le malheur des pauvres en France agisse ainsi, cela ne m’étonne peu car la Droite a pour raison d’être et d’existence la protection des nantis, du droit de propriété (surtout des grosses propriétés) un peu comme la parabole de JOB dans la bible où les riches festoient à une riche table permettant seulement aux plus pauvres de manger les mies qui tombent de la table.

 

Que certaines municipalités de gauche les imite, prouve simplement qu'ils ont trahi sans doute depuis longtemps l'esprit de Marx et des premiers socialistes.

 


A ce propos, je voudrais rappeler un souvenir. Si ma mémoire est bonne, elle m’a été raconté par un frère mineur de Saint François le frère Hervé Chaigne qui dans l’Eglise un peu comme le Père Cardonnel chez les Dominicains fut un vrai disciple du Poverello.


Il était curé à Agadir quand le terrible tremblement de terre détruisit une grande partie de la ville.  Curé d’une paroisse aisée des « européens », il avait remarqué combien ses paroissiens en entrant dans l’église, enjambaient parfois des mendiants couchés sur le seuil ou en tout cas passaient au plus vite comme s’ils n’existaient pas.

 

Ce jour-là, dans son sermon, il demanda à l’assistance de l’aide pour des gens très malheureux qu’il connaissait personnellement et son éloquence fut entendue, il reçut beaucoup d’argent.

 

C’est la suite de cette histoire qui est intéressante. A la fin de l’office, au lieu de se tenir à la sortir de l’église pour saluer ses paroissiens, il se tourna vers les dizaines de malheureux qui mendiaient tout autour de l’édifice religieux et leur distribua de l’argent de la quête, obligeant ainsi ces chrétiens en terre musulmane à VOIR, à RECONNAITRE, celles et ceux qu’ils fuyaient du regard et surtout du cœur parce que leur malheur  risquait de bouleverser leur bonne conscience. Ils avaient certes en eux une certaine générosité mais conditionnée par le fait qu’elle ne les gêne pas dans leur vie de tous les jours en un temps où, suite au tremblement de terre, les mendiants étaient légions au point d’avoir peur de les voir.

 

Les hommes politiques, approuvés à Marseille par une police qui, comme eux, manifestement combat plus les pauvres que la pauvreté et courbe souvent l’échine devant les puissants qui interdisent en même temps que la mendicité publique la générosité publique sont, réellement pauvres en humanité et leur attachement supposé aux droits de l’homme n'est pas sincère.

S'il y a des sales types dans les villes de Marseille de Genève, de Chartres, de Paris, de Montpellier (!) et de Nice, ce sont des gens parfois  bien habillés, bien parfumés et surtout bien et sans doute trop payés et je pense alors que l'esprit de Noël subsiste davantage dans beaucoup de ces malheureux venus de France ou d'ailleurs qui souvent en plein hiver vivent et meurent  de froid dans les rues.

 

L'arrêté de l'interdiction de mendicité est simplement un arrêté impie et inhumain !

 

 

 

Yvan Balchoy

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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 23:20

Cet après-midi, sous une pluie fine mais douce, je me suis baladé tout au long du marché de Noël de Bruxelles.








MERVEILLEUX HÔTEL DE VILLE BARIOLE  DE LA JOIE DE NOËL






VUE DU SAPIN ET DES ILLUMINATIONS A PARTIR DE LA TAVERNE DU "ROI D'ESPAGNE"





LA CRECHE DEJA PRETE POUR L'EPIPHANIE





Yvan Balchoy
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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 22:54

 

 

 

A Liège, un malfaiteur récidiviste, amateur de surcroît d’armes, pris d’une folie meurtrière a tiré dans la foule pour tuer un maximum de ses semblables et, comme s’est souvent le cas pour les « tueurs de masse » a fini par se suicider.

 

Des jeunes sortant d’examens, un bambin dans les bras de sa maman, une vieille dame et une femme de ménage ont perdu cruellement la vie sans autre raison que la méchanceté ou la folie d’un homme en rupture totale avec la société.

 

 

Dimanche, lors des émissions à ce sujet sur le RTBF et RTL, les échanges ont été vifs à propos de la libération conditionnelle de cette personne multirécidiviste, déjà condamnée pour des raisons de mœurs et pour détentions de nombreuses armes de guerre

 

Le plus paradoxale à ce propos c’est que si on lui a confisqué à juste titre ces armes, le tribunal finalement l’a acquitté de ce délit, pour des raisons assez obscures, si bien que finalement on lui en a remboursé la valeur ce qui lui a peut-être permis d’en racheter d’autres qui ont été utilisées dans le carnage.

 

Bien entendu certains, partisans d’une justice implacable n’ont pas accepté que cet homme soit libéré avant d’avoir fini sa peine, ce qui est le cas de la majorité des condamnés en Belgique tandis que d’autres, avec raison, je pense, ont fait remarqué que puisque pratiquement chaque criminel sort un jour de prison, il vaut mieux le libérer anticipativement avec un sérieux contrôle et de bonne conditions pour l'aider à  repartir d’un meilleur pied pour le reste de sa vie, ce qui est souvent constaté.

 

Hélas seule une politique de prévention et de correction peut prévenir la plupart des cas de crimes de ce genre, il ne sera jamais possible sans doute de l’annihiler totalement de nos sociétés.

De la même manière, on peut améliorer très sensiblement la sécurité des chemins de fer mais croire qu’il n’y aura plus jamais d’accident relève hélas de l’utopie.

 

En tout cas, ce triste épisode de la Cité ardente monte qu’on doit être encore plus sévère pour empêcher la détention et le commerce illicite des armes.

 

 

J'ai été frappé à la Télé  par l'affolement des foules suscités certes par la peur mais aussi par des policiers parfois un peu perdus à travers, des instructions pas toujours très cohérentes.

 

Bien sûr, c’est facile, une fois l’agression totalement terminée de découvrir qu’il n’y avait qu’un seul assassin et je ne suis pas sûr du tout  que j’aurais aussi bien fait que ces policiers courageux de Liège.

 

N’empêche qu’à travers les commentaires à la Radio, j’ai remarqué combien les rumeurs ont été nombreuses, contradictoires et parfois absurdes à propos de ce fait divers. Je pense que les journalistes devraient exercer  davantage leur esprit critique avant de propager des nouvelles qui pourraient accentuer le caractère dramatique des faits.

 

J’ai entendu à la radio, parler d’attentat, d’une multitude de criminels, des passants ont été interpellés à tort comme mêlés à cet assassinat etc.…

 

 

Je suis d’autant plus sensible au risque des rumeurs qui accentuent le caractère dramatique de faits que récemment, un incident à la SNCB, ayant entraîné de nombreux retards voire annulations de trains à Bruxelles avait attiré mon attention à ce sujet.

 

Un soir à Bruxelles, je dois prendre le train qui va à Mouscron de 8h02.  Je m’aperçois sur le grand tableau des horaires que des retards nombreux et même des annulations ont lieu un peu dans toutes les directions. Je remarque même à 7H55 que le train de 7H02 pour Mouscron est toujours inscrit sans indication de voie ni de retard.  Bientôt il est même annulé ainsi d’ailleurs que celui de 8h02.  J’apprends que l’incident est lié à la présence d’un ou de plusieurs individus sur les voies.  Mais j’entends aussi qu’une personne a été écrasée à Bruxelles.

 

Je vais me renseigner au guichet et très gentiment le responsable SNCB, me confirme d’abord qu’il n’y aura pas de train avant 9h02. Comme je lui demande la raison il me parle lui aussi d’un accident et m’explique les nombreux retards en me disant : « Vous comprenez quand quelqu’un est écrasé, il faut beaucoup de temps pour ramasser les morceaux dispersés du cadavre ».

 

Or, en fait, je l’ai su le lendemain, toute cette avalanche de retard et d’annulation est due au fait qu’on a vu ou cru croire quelqu’un marcher sur les voies ce qui est très dangereux bien sûr. On a fait les recherches nécessaires qui n’ont rien donné et finalement on s’est résigné à laisser repartir les trains.

 

 

Ainsi, j’ai quitté Bruxelles à 9h02,  persuadé, par la SNCB elle-même, de la mort d’un homme sur les voies et j’en ai parlé à tort à d’autres voyageurs propageant ainsi une fausse nouvelle.

 

Je me rappelle que durant mes études j’avais suivi un cours sur les fausses rumeurs et leurs dangers. Aujourd’hui, plus que jamais je pense que même dans une situation difficile, il faut tout faire pour démêler le vrai du faux à travers les nouvelles fondées ou non qui parfois peuvent aggraver la situation.

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 21:39

 

 

 

 

 

 

 

Quand tu m'as souri,

toutes les herbes folles de ma vie ont fleuri.

 

Quand tu m'as ouvert ton jardin secret,

ma vie a basculé sans regret.

 

Quand tu m'as dit: "Vas-y",

j'ai découvert les mille et une nuit.

 

Quand parfois tu me rejettes,

je retire tes poèmes de leur tendre cachette.

 

Quand Bruges nous a tendu ses trésors,

je t'ai sentie mienne si fort.

 

Quand tu ne me dis rien,

tes paroles me font tant de bien.

 

Quand tes mots sont couleurs,

je voudrais que les miens te soient fleurs.




Yvan Balchoy
yvanbalchoyt13@gmail.com
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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 21:29

Parmi les documents gênants sur les crimes des USA en Irak et en Afghanistan, publiés par WikiLeaks,  plusieurs qui ont ému le monde entier en révélant la brutalité, la cruauté et l’imbécillité parfois des troupes US en Irak ainsi qu’en Afghanistan.

 

 

http://news.fr.msn.com/m6-actualite/media/bradley-manning-taupe-pr%C3%A9sum%C3%A9e-de-wikileaks-devant-la-justice-am%C3%A9ricaine-52

 

 

« Bradley Manning, "taupe présumée" de WikiLeaks, devant la justice américaine

Le jeune soldat américain Bradley Manning, "taupe" présumée de WikiLeaks, a comparu vendredi pour la première fois devant la justice militaire depuis les fuites qui ont ébranlé la diplomatie mondiale, sa défense accusant d'emblée le tribunal de partialité.

L'audience préliminaire qui doit durer quelques jours a été suspendue vendredi en milieu d'après-midi et reprendra samedi.

Après 18 mois de détention, le jeune homme, qui aura 24 ans samedi et dont on ne connaissait que le sourire figé sur des photos publiées dans le monde entier, a fait sa première apparition publique, les yeux cachés par d'épaisses lunettes noires, sur la base de Fort Meade, près de Washington.

Vêtu d'un uniforme vert de camouflage, cet ancien analyste de renseignements en Irak a calmement répondu au magistrat instructeur, le lieutenant-colonel Paul Almanza, qu'il comprenait les charges qui pèsent contre lui.

Il est accusé d'avoir transmis au site internet WikiLeaks, entre novembre 2009 et mai 2010, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan, ainsi que 260.000 dépêches diplomatiques du département d'Etat.

Accusé notamment de "collusion avec l'ennemi" et "diffusion de renseignements militaires", il risque la prison à vie. »

 


 

Je rappellerai ici ce document horrible où on voit un hélicoptère américain assassiner sans état d’âme des civils Irakiens qu’ils prenaient à tort pour des militaires rebelles.

Bien entendu l’état-major américain avait tout fait pour dissimuler ce  crime de guerre caractérisé. 

Le sergent Bradley Manning que je considère comme un HEROS n’a pas accepté cette vilenie et grâce à lui nous connaissons un peu des atrocités commises par les troupes Américaines durant cette guerre illégale.

 

Je considère que les membres de ce tribunal d’exception déshonorent leur pays. Au lieu de se tourner vers ce jeune héros qui a voulu que la Vérité éclate au grand jour, ils feraient mieux de condamner à la détention à vie le criminel Bush et ses principaux collaborateurs pour être responsables probablement de la mort de plusieurs centaines de milliers d’innocents.

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

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Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 19:27

 

CARDONNEL.jpg



En mettant de l'ordre en vue de la réfection d'une chambre, je l'ai retrouvé ce livre précieux pour moi qui n'a jamais quitté mon esprit depuis que je l'ai lu, il y a près de quarante ans.

Le Père Jean Cardonnel est dominicain. Dans toute son oeuvre, comme le dit la préface du livre que je vous présente il entend briser l'idole du "Bon Dieu" pour découvrir le "Dieu vivant".
Je ne sais s'il vous sera possible de retrouver cet ouvrage qui en ce temps du matérialisme sarkosiste, prend tout son sens.

Tout d'abord ce texte qui nous révèle un peu quel homme est le Père Cardonnel.

"Quand je serre la main d'un homme, d'une femme inconnus de moi quelques instants auparavant, je traduits ma surprise, ma joie de rencontrer un nouveau visage humain ; j'exprime ma volonté de me lier avec un autre, d'entrer en sympathie, de chercher à former une nouvelle communauté d'amitié."



"Nous évoluons dans un monde dont la préoccupation de soi constitue l'armature. Notre monde est celui de l'égoïsme; des choses, de la quantité; il s'épanouit en règne des privilèges, des affaires, de l'argent. Nous sommes dans la société compétitive... Les premiers entendent toujours demeurer les premiers. Ils veulent même de plus en plus distancer tous les autres considérés comme des concurrents... Si les premiers seuls comptent, où seront les derniers. Les autres, les derniers ne seront jamais traités comme des personnes...ravalés au rang de choses...ils demeurent en marge.
Quand viendra le tour des autres ? Jamais ?"  (page 24)


Ce livre reprend des sermons adressés à un public sud-américain. Ils restent combien vrais dans cette Amérique latine criante d'injustices mais ils sont de plus en plus vraie en notre Europe soumise à la loi matérialiste du marché, écrasée sous le poids d'un capitalisme qui, déboussolé, entraîne notre société peu à peu dans l'abîme.


Réfléchissant au rapport entre Dieu et la pauvreté et partant le richesse, Jean Cardonnel écrit très justement :

C'est uniquement lorsque je n'ai plus rien que je peux me donner à plein.
Il détaille ce processus en trois attitudes :

- A partir de tout, je ne donne rien.
- A partir de beaucoup, je donne peu.
- A partir de rien, je donne tout.

(page 35)

Il faut vivre en pauvre pour être humain. Parce qu'il est incapable de donner autre chose que lui-même, le pauvre seul a pouvoir d'accomplir le geste créateur...Le Créateur, selon la définition la plus classique, réalise de rien. Il prend tout de lui-même pour le donner à sa création.(page 36)

"Il est plus facile à un chameau de passer par le trou de l'aiguille, qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu." 
(Certains ont voulu adoucir cette parole de Jésus en parlant d'une porte basse à l'entrée d'une ville : pitoyable !)
La parole terrible doit s'entendre dans toute sa rigueur : il est littéralement impossible au riche de pénétrer dans le Royaume de Dieu (Luc 18,25)  Si nous ne sommes pas des pauvres, entrons en contact avec des pauvres ; il ne s'agit pas d'une rencontre épisodique mais d'un lien permanent qui implique à long terme l'abandon... de notre pouvoir. (page 38)


Que pout-on donner en échange d'un seul homme ? Rien ? Si, le sang de Dieu.
On n'a pas le droit d'estimer, d'apprécier un seul homme à un prix moindre que le Sang du Pauvre. (page 45)

Entre amis, il n'est jamais question de s'imposer, de se commander. L'Amitié élimine les rapports de force qui ne peuvent conduire qu'aux catastrophes.... S'il est impossible de contraindre à aimer, il faut obliger, même par la force, à renoncer aux moyens d'exploiter, d'humilier, de dominer, ceci pour...la libération des oppresseurs.


(Je me rappelle un article du même Père Cardonnel où il n'hésitait pas à dire que pour aimer un riche il fallait  d'une certaine façon le dépouiller de sa richesse en tant qu'elle l'empêchait de vivre la communion avec les autres hommes et tout particulièrement les pauvres. En cela  Jean Cardonnel était très proche de la théologie de la Libération si combattue par Jean Paul II et le pape actuel Benoit XVI.)

Parce que Marx et Engels ont toujours rencontré la religion sous cet aspect, parce qju'une foule d'hommes la découvrent effectivement ainsi, ils la dénoncent avec raison comme la source des aliénations. Elle vide l'homme de sa substance, de sa dignité, elle le force de se retirer de lui, de son humanité, elle le rend étranger à lui-même.
Le reproche légitimement adressé par Marx et Engels aux religions et au Christianisme ... n'atteint pas l'Evangile, la Révélation. Les fondateurs du communisme ont remarquablement analysé l'aliénation humaine forcée mais ce qui leur a échappé c'est aliénation volontaire, dont l'Amour d'amitié seul livre l'énigme. Il s'agit du mouvement de celui qui abdique tous ses privilèges, qui sort à plein de lui-même pour vivre la condition de ceux qu'il aime. (page 91-95)

Dieu détruit d'un seul coup toutes les frontières. La moindre frontière doit nous apparaître insupportable, blasphématoire pour Dieu qui lie désormais son sort à celui de l'humanité, fait cause commune avec tous et chacun des hommes. Le Dieu qui dévalorise les frontières est en lui-même un Appel permanent, exigeant au combat toujours plus efficacement mis au point contre les distances, les séparations entre les hommes. Si Dieu a supprimé, aboli les frontières, comment pourrions-nous en nous réclamant de Lui, tolérer à plus forte raison renforcer, un seul système de ségrégation ?  (page 99)

Je dis à mes amis qui nient Dieu des lèvres mais dont le coeur est plein de Lui, aux mécréants évangélique : pourquoi cette Amitié que vous cherchez ne serait-elle qu'un mot, une idée ? Si elle était quelqu'un, un vivant, la réalité même,  la racine de toutes choses  !...
 A propos des guerres qu'il faut bien appeler coloniales, on parle volontiers de négocier à partir d'une position de force. Dieu, lui, ne négocie jamais à partir d'une position de force. Dieu n'inaugure pas un dialogue amical à partir d'une reconnaissance de sa puissance. dominatrice...
C'est dans l'histoire, la faiblesse des chrétiens nominaux, leur complicité honteuse avec le monde que de vouloir faire appel à la puissance pour imposer la Bonne Nouvelle de l'Amitié.


Yvan Balchoy
yvanbalchoy13@gmail.com
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Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 19:06

Je suis très heureux de vous communiquer une partie de l'article de Pierre Castaner que j'ai trouvé sur le blogue ami et libre  d'Alaindependant.  Je publie ce même jour un article consacré au Père Cardonnel sur ce blog.

 

 

 
Au moment où nombre de catholiques contestataires de leur Eglise commencent à ne plus rien attendre de leur Eglise et à comprendre, enfin, que Jésus est parmi eux et non dans les hiérarchies ou dans les administrations ecclésiales, Jean Cardonnel, le dominicain “ rouge ” ressurgit à point nommé....
Vous vous souvenez de “ l’affaire Cardonnel ” ?
Pour faire pendant aux prêches prononcés sous la belle voûte de Notre-Dame de Paris à l’occasion du Carême, le journal Témoignage chrétien avait demandé au dominicain de prêcher hors église, à la Mutualité de Paris, là où se faisaient la plupart des grands mettings parisiens. Nous sommes en mars 1968. Il prêche un carême sur le thème "Évangile et Révolution". Le journal Le Monde titrera : "Un prêtre rouge !". Il fut, pour toute une génération, le grand relais de la théologie de la libération. La crosse tombe. Il est interdit de parole et d'écriture hors des revues très spécialisées en théologie. Pour parler il lui faut l'accord de l'évêque du diocèse. Il s’en passera et son livre, Dieu est mort en Jésus Christ, est publié aux éditions Ducros, la même année, sans imprimatur de son Ordre. Jean Cardonnel est devenu un écrivain comme un autre …libre d’expression.
Pierre Castaner, l’un des organisateurs du week-end de Parvis, se souvient bien :
« Cardonnel ? Première conférence : une centaine de personnes, 2ème : 300, 3ème : 1.000,  etc. , et pas mal d'étudiants gauchistes à l’écouter ! A la dernière conférence, les intégristes catholiques veulent le lyncher en l'accusant de trahir l'Église. Ils entonnent le credo et l'ave maria ! Ses frères marxistes, comme il aime à le dire, le sauvent de justesse. Il est vrai qu'il venait de commenter Isaïe en proclamant le jeûne de cette consommation matérialiste et du travail des exploités : le plus beau jeûne moderne, s’était-il écrié, c'est la grève générale !  J'étais émerveillé de le voir en personne car il symbolisait à mes yeux deux actes de foi qui s'opposaient historiquement, à savoir la foi chrétienne et l'idéal communiste. J'ai toujours vu et entendu des catholiques de droite, et ils furent nombreux, condamner les communistes, et ces derniers, dénoncer l'Église. Mais n’y avait t-il pas une part de vérité dans les deux camps ? Cardonnel reliait ces deux idéaux. Le disciple de Jésus se reliait aux résistants au capitalisme. Il est prêtre et marxiste ! ça fait beaucoup n’est-ce pas ?».

 

 

On n’arrête pas Pierre Castaner lorsqu’il parle de son maître à penser :
 
 

En 2002, le Dominicain qui a alors 81 ans est exclu de son couvent de Montpellier par une nouvelle génération de jeunes dominicains moins enclins à jouer les trublions.
« Jean Cardonnel nous a initiés à une culture de la transgression. Oser faire ce que l'on pense, ne plus être prisonnier d'habitudes confessionnelles qui, demain, nous paraîtront bien dérisoires. Cette transgression,  des chrétiens qui se veulent libres s'apprêtent aujourd'hui à la franchir. Ce sera une transgression, lucide et volontaire, sans colère mais avec détermination. Et beaucoup de chrétiens libres nous suivront. Jésus n’a-t-il pas été un transgresseur ? Du temple ! du shabat ! de la famille ! des rites ! d'Israël ! Et voilà qu’à partir de cette transgression, on a bâti une Eglise conformiste, hiérarchique, dogmatique !».
Jean-Claude Barbier, 15 décembre 2003 

 

 

Pierre Castaner

 

 

http://alainindependant.canalblog.com/archives/2011/12/14/22968200.html

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