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Publié par YVAN BALCHOY

LES FONDS VAUTOURS DEPECEURS DE PEUPLES (ALEXANDRE PENASSE-RENAUD VIVIEN) -INVESTIG'ACTION- MICHEL COLLON

 

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Si le FMI parle de créanciers procéduriers, les banquiers de créanciers irréductibles, nous préférons les termes des Nations unies de fonds rapace, ou celui du CADTM (Comité pour l’abolition des dettes illégitimes), de fonds vautour. Car ils expriment parfaitement ce qu’ils sont : des entreprises financières qui se nourrissent d’États en déliquescence, tuant progressivement leur population, sauf ceux qui en profitent. Mais comment agit un fonds vautour, qui est derrière et, plus largement, à qui profite le système dette ?

 

Rencontre avec Renaud Vivien, co-secrétaire général du CADTM Belgique.

Cette interview est extraite du journal Kairos, numéro 28, composé d’un dossier spécial intitulé « Du nord au sud, les peuples enchaînés par la dette » qui a été coordonné par le CADTM.

Retrouvez ci-dessous la retranscription ainsi que l’interview au format audio.

Interview au format audio de Renaud Vivien

 

KAIROS : « fonds vautour » est un terme courant dans certains milieux : milieu de la finance, des ONG actives dans le domaine…, mais qui est peut-être peu connu de la population. Pourtant, les pratiques des Fonds vautours ont un impact direct sur les finances publiques, donc sur la répartition des richesses et la vie en société ? Peux-tu nous expliquer simplement ce que sont les fonds vautours (FV).

Renaud Vivien : Un FV est une entreprise financière, le plus souvent basée dans les paradis fiscaux, dont la stratégie, immorale, consiste à racheter des créances sur des États en difficulté financière, très endettés, et qui sont au bord du défaut de paiement ou déjà en défaut de paiement. Du coup, la stratégie des FV est ciblée vers ces États-là, puisque leur cote sur le marché d’occasion des dettes – le marché secondaire, où les prix sont fixés –, là où les fonds vautours agissent, baisse. Le FV rachète donc la créance pour une bouchée de pain, mais il va attendre que le pays qui est en détresse financière aille mieux, entre guillemets, soit solvable, pour l’attaquer, en lui réclamant le montant de départ plus les intérêts de retard, les frais de justice et autres pénalités. Un rapport de l’ONU, sorti l’année dernière, le rapport « Ziegler » |1|, a étudié toutes les activités des FV et les profits qu’ils ont engrangés en moyenne : cela allait de 300% à 2 000% de plusvalue. En Argentine, ça a été plus : le fonds vautour NML, qui fait partie d’un « super fonds vautour » possédé par la même personne, le milliardaire étasunien Paul Singer, a fait un profit multiplié par 25 ! Il a racheté des dettes à 80 millions de dollars et a obtenu de la justice étasunienne 2 milliards de dollars.

Pour faire cela, les FV utilisent les tribunaux, sans limite, c’est-à-dire qu’ils utilisent n’importe quel tribunal du moment qu’il y a un lien de rattachement avec le pays qui est attaqué. Par exemple, en Belgique, les tribunaux belges, bruxellois, ont été saisis de requêtes, d’actions de FV. La procédure en justice est donc une stratégie, mais souvent les FV font de l’intimidation directe : ils font pression sur l’État (lobbying, campagnes d’intimidation, etc…) en disant : « Si vous ne nous payez pas maintenant, on va directement en justice et là ça va faire mal ».

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